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Ce que je venais de dire à la vieille Marquise Guy de Ruy était l’exacte vérité. Nous devions nous quitter, selon les volontés de mon père. A partir de ce jour, je ne devrai plus jamais lui adresser la parole. C’est mon père qui me l’avait ordonné. Il en allait de sa réputation, m’avait-il lancé sèchement.
La Marquise partit dignement, sans me faire aucun reproche.

Tout avait commencé une semaine auparavant.
La marquise et moi étions assis l’un à coté de l’autre dans le RER, à commenter les gros titres. Une femme enceinte, peinant à trouver une place assise, s’était carrément assise sur les genoux de la Marquise, comme si elle n’avait pas remarqué que le siège était déjà occupé, et par une vieille dame, en plus!
J’ai protesté vivement, pour sauver la Marquise, qui a manqué de périr étouffée.
Les gens autour m’ont alors violemment pris à partie, ne voyant pas eux non plus que la marquise était à deux doigts d’étouffer, et un agent de sécurité me conduisit au commissariat.

Quelques heures plus tard, mon père dû venir me sortir de Sainte-Anne. Il était furieux. Pourtant, j’avais cru bien faire en courtisant une Marquise mature et respectable! Je pensais qu’un tel mariage le satisferait.

Mon père, je ne le comprends pas. Il me présente régulièrement des femmes, qu’il sort je ne sais comment de sa bibliothèque. J’imagine que c’est pour me marier… Malgré mes réticences, je fais l’effort à chaque fois d’apprendre à les connaître, pour lui faire plaisir. Par contre, dés que nos relations deviennent plus intimes, que nous nous voyons régulièrement et que nous nous apprécions, il me prend pour un fou, m’ordonne d’arrêter et me menace d’internement !
Bon, qu’il n’ait pas apprécié ma précédente conquête, la perfide Manon, c’est compréhensible.
Bon, qu’il n’ait pas souhaité que je continue à voir Emma, admettons… cette femme m’aurait probablement fait mourir de chagrin!

Mais la Marquise?