1er billet anti-daté...

ATTENTION... âmes sensibles et lecteurs masculins... fuyez !

Hier, j’ai eu mal toute la journée. Une douleur vive qui s’en va et qui revient, et que je connais, et que je reconnais. J’ai eu mal mais je n’ai rien fait. Je sens qu’il faut prendre son mal en patience et attendre. Alors j’ai attendu… toute la journée !


Hier soir, ça a empiré ! J’avais vraiment très mal, et toute les dix minutes ! Tant pis. J’ai traîné sur le PC car m’allonger me faisait souffrir.

J’ai passé la nuit à prendre des bain, à boire de l’eau, à errer de pièce en pièce en attendant le matin… ou autre chose que le matin.

Ce matin c’est pire. 

Ça se précise.

Ça se rapproche.

Ça arrive.

Il n’est plus l’heure d’attendre.

Il est dix heures, et nous partons ! Nous partons avec Gaby. J’ai du bol, là ou je vais on le tolère jusqu’à ce que ça présence devienne intolérable…

J’arrive là bas vers dix heures. La dame est douce et souriante, et nature, et bienveillante. Chouette !

Elle me confirme que je ne vais pas rentrer chez moi tout de suite .
Une petite heure d’écoute de battements de cœurs et de mesure des vilaines causes de la douleur.

Puis je marche… je marche, et je marche.

J’ai du bien marché, car je dois maintenant passer dans la salle fatidique. Je vais bien, je tiens debout, je ne souhaite pas m’allonger, ni être perfusée, ni…

Gaby peut venir. J’ai mal, mais j’ai mal pour moi toute seule. C’est imperceptible.

On joue ensemble, lui est moi, c’est pour dire !


Un peu plus tard, ils doivent partir déjeuner, mes hommes… Tant mieux, car j’avoue que je commence à blêmir, et j’ai du mal à jouer le jeu du « même pas mal ».


La douce dame en profite pour me parler. Elle me parle de chose qui fâchent. Comment ça pas d’anesthésiste ? Comment ça on va percer ? Et qu’est ce qu’on va percer ? Nada ! Elle est conciliante… on ne fera rien du tout …pour l’instant !
Je lis des revues féminines en marchant. Je m’en tape, des revues féminines. J’ai mal, et Manu est pas là, et l’anesthésiste encore moins ! J’ai chaud et j’ai mal… et je marche et je marche !


Manu revient avec Gaby, qui ne restera pas longtemps. Il doit partir, cette fois, c’est une question de minutes ! Vaut mieux, car là j’vais mourir ! Un proche est sur la route pour venir chercher le lutin. En attendant, faut qu’il sorte car c’est insupportable. J’vais pas me contenir des heures.

Gaby part jouer dans le couloir avec une infirmière.

Ouf !


J’aime pas les perfusions, sauf une dans le dos qui me soulagerai… mais il est pas là, l’autre…

En revanche, j’ai un masque … de l’oxygène. C’est drôle, les vertus de l’oxygène…

Il est quatorze heures, et je dérouille. Mon cousin est venu chercher Gaby, qui veut me faire un dernier bisou. J’aurai voulu dire non, mais j’ai pas eu le temps… Gaby est là, et je dois faire celle-qui-a-pas-mal.

Un bisou, et hop.. a tout à l’heure, bonhomme !


Il est parti. Manu est resté.

Certitude cruelle : il n’y aura pas d’anesthésiste !

On peut percer… ça sera plus rapide ! Tant qu’à souffrir, autant que ce soit vif mais que ça ne dure pas des heures et des heures.

On me promet que ce sera rapide.


Je mœurs , là, c’est sur ! Je me demande si elle a cette douleur là, la vie ??? On dirait la mort, plutôt. Je mœurs et j’ai plus de forces !


Et puis j'entend qu'un anesthésiste arrive… L’équipe est sympa, car j’entend qu’elles vont omettre de lui préciser que c’est imminent « autrement il la fera pas ».

A 15h15 on me transperce enfin le bas du dos. C’est horrible de ne pas bouger quand on a mal !!!

J’ai toujours mal, n’empêche. Il est parti le doc., mais sa piqûre n’a rien résolu…

Tant pis, il me reste le masque. « Il m’a mis un placebo l’autre ». J’ai du le penser un peu trop fort, car ça a fait rire les deux femmes qui m’entourent. 

J’ai mal malgré le masque et malgré la super piqûre qui m’avait tant secourue la première fois…

J’ai mal et j’ai chaud.

J’ai peur tout à coup. Il n’y a plus personne. Ou sont elles parties, toutes les deux, qui étaient il y a encore cinq minutes à mes petits soins ? C’était bien sympa de me filer à boire, et tout, mais la, j’vais vraiment avoir besoin de vous…

Manu sent ma panique. Il les appelle. Elle reviennent, incrédules.

« Ben si, la tête est là. Ne poussez plus.. »

Heu.. j’ai pas poussé du tout !

15h52
Un petit être que j’attrape à bout de bras.

J’ai plus mal. Même que j’ai une fille !

Bon premier anniversaire, Poupée-Jolie !

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