Val ...

Que c'est dur de trouver une description à la fois courte, attractive et de qualité. J'sais pas faire...

30 avril 2008

Vous m’en voudrez pas, hein ?

Je veux dire… vous m’en voudrez pas, de la médiocrité du billet d’aujourd’hui ? En fait, je l’écris d’un trait… j’écris comme je pense , sans chercher à organiser quoi que ce soit ni à rendre quoi que ce soit un tant soit peu joli. J’ai pas le temps… mais ça me gênait de vous quitter sans vous donner un dernier billet frais à lire.

On part demain matin pour Le Perche. Whoua… depuis les fêtes de fin d’année, on y est pas retourné ! Je sais, ça fait pas si longtemps que ça, mais nous on aime pas ! Ah, c’ets qu’on aime bien, être là bas…

Ben pourquoi vous l’avez quitté, Le Perche ? Bonne question !

En fait, y vivre au quotidien nous pesait un petit peu. Le Perche, c’est mignon, c’est beau, c’est tout ce que vous voudrez, mais il n’empêche que c’est la campagne !

Et alors ?

Et bien, c’est joli, la campagne, mais parfois c’est un peu incommode… Vous savez combien de temps il fallait rouler pour aller faire les soldes ?

Non, ça c’est un détail ! Alors… la maternité la plus proche était à une heure de route ! C’est pas pratique. Manu me faisait de la peine, quand il venait chaque jour nous voir au Mans…Après cinq jour d’allers et retours, il était en manque de sommeil évident.

Bon, ici, nous vivons dans une  petite ville, c’est vrai… mais à équidistance de La Rochelle, de Saintes, de Royan… L’été il y a du monde. Et puis les Iles… et puis le climat…

Mais… ce ne sont pas les vraies raisons de notre départ. En vrai, nous avons quitté le Perche à l’heure d’un tournant professionnel pour Manu. Il n’aurait pas trouvé là bas, je pense, ni le même poste, ni les mêmes perspectives d’avenir (et aussi le même salaire...). Ben oui, parfois il faut faire des choix tactiques…

Et puis, la mer, c’est tentant… Deux ans et demi, et nous ne sommes pas blasés de la mer…

Malgré tout, et si d’autres le vivent très bien, l’éloignement avec notre région d’origine est parfois un peu frustrante. C’est qu’on l’aime, le Perche… D’aussi loin qu’on peut remonter, les arrières grands parents de Manu étaient des agriculteurs percherons. Les miens aussi…Et ça, ça joue beaucoup. Je pense que si j'etais partie vivre avec quelqu'un d'ailleurs, j'y penserais moins. Là, à deux, on est unis par la même nostalgie. 

Notre vie est ici, et là bas.  D’ailleurs, nous n’excluons pas la possibilité de retourner y vivre un jour. A défaut, nous pensons que peut-être, dans quelques années, nous pourrions nous y trouver un petit nid abordable, modeste et forcement incommode, pour les vacances…

Autrement, j’ai programmé des billets pour les quatre prochains jours. Je l’ai fait à la hâte ! ça va pas être bien terrible. Vous ne m’en voudrez pas, n’est ce pas ? Et puis, pour compenser, j’y ai inséré quelques petites surprises.

Enfin, j’ai remis ma copie pour le défi de ce samedi. Là encore, je ne suis pas satisfaite de ma production… J’ai dû pondre un texte précipitamment. Mais l’important est de participer, n’est ce pas ? Kloelle ? Lecteurs ? Vous ne m’en voudrez pas, hein ?

Bon, c’est pas le tout, mais j’ai des valises à remplir. Et puis, comme à chaque veille de départ, ce soir nous allons chercher Papounet au travail (il travaille à La Rochelle)…

Si je suis encore sur les blogs ce soir, je ne vous promets rien pour les quatre prochains jours. Je dispose d’une connexion là bas, mais peut-être que je n’aurais pas le temps de passer chez tout le monde. Vous ne m’en voudrez pas ?

Posté par pitchval à 13:11 - une Laura Ingalls - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

Miracle.. on n’y croyait plus…

Devinez…Vous n’allez pas y croire, vous non plus !

J’ai assisté à un miracle aujourd’hui. Attention ! Pas un petit miracle qui guérit des malades incurables. Non ! Un vrai gros miracle !

Quel genre ?

Le genre de phénomène qui nous laisse sur le cul ! Allez, j’vous le dis :

A midi, Manu m’appelle… (Non, le miracle c’est pas qu’il m’avait écrit un poème, non !). Il venait de recevoir un coup de fil de… (accrochez-vous bien…) …. L’entreprise qui nous a posé nos fenêtres et portes (et nos volets !). Le gars se proposait de passer… ce soir même !

J’ai failli perdre connaissance quand j’ai appris la nouvelle. J’en aurais presque pleuré…

Le monsieur est donc passé en fin d’après midi (waouh, non seulement ils disent qu’ils passent, mais en plus ils le font ! Chapeau !). Il a repéré le problème : un problème de pose … je ne rentrerai pas dans le détails…

Des ouvriers doivent passer les remonter avant la fin du mois de mai… incroyable !

Pour ceux qui n’avaient pas connaissance du problème :

Nous avons fait changer toutes les huisseries de la maison début juillet l’année dernière. Si pour les ouvertures il n’y a eu aucun soucis, ce n’était pas le cas pour les volets. Les persiennes ne se sont jamais fermées correctement. Il y a des jours énormes entre chaque lamelle, et l’ouverture et la fermeture se font difficilement.

Depuis fin juillet, nous nous battions avec l’entreprise pour qu’ils remédient au problème. Ils nous ont changé les volets une fois : le résultat a été le même. Ils ont émis des tas d’hypothèses mais sans jamais rien faire de concret… Et là nous étions sans nouvelles depuis plusieurs semaines.

En fait, l’entreprise, qui était en difficulté a été revendue, et le repreneurs semblent motivés pour régler les différents problèmes. Cool…

Bon, évidemment, nous ne crierons victoire que lorsque nous aurons des volets qui ferment !

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, nous aurons nos alliances demain en fin d’après midi !

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28 avril 2008

Décodages et traductions

Observer un enfant apprendre le langage, c’est fascinant ! Et alors on réalise l'importance de chaque mot...

« Maman, moi je suis fâché ». Jusque là on comprend.

C’est très clair, il est fâché ! C’est son droit.

-          Pourquoi es-tu fâché ? Tu es fâché contre moi ?

-          Non, Maman, moi je suis fâché avec la peinture.

Je suis fâché avec la peinture, qu’il me dit. Apparemment, il est fâché contre la peinture. Tout paraît clair et en ne changeant qu’un seul de ses mots le sens apparaît nettement. Oui, mais voilà : il n’y a pas de peinture à l’horizon, et il n’est pas du tout en train de peindre. Bizarre…

« Tu as fait de la peinture à l’école ? Et ça ne t’a pas plu ? »

« C’est pas ça! »

Bon, tant pis. On pourrait laisser tomber. Il s’agace parce que je comprends rien…

Oui, mais voilà : bien souvent, quand il est fâché, il récidive. « Moi j’en ai mare, je suis fâché avec la peinture ».

Alors ? Devinez ce que ça veut dire, être fâché avec la peinture… dans sa petite tête…

Je vous aide :

Il y a déjà quelques mois de ça, un soir, Gaby est allé voir son papa dans le cellier , surpris de l’entendre jurer comme un charretier.

-  Papa, t’es fâché ?

- Oui, bonhomme, Papa est énervé.

- C’est pas de ma faute. Moi j’ai rien fait.

-  Non, ce n’est pas du tout de ta faute, Papa est fâché à cause de la peinture.

Son papa était en train de peindre un truc, et la peinture ne couvrait toujours pas l’objet après maintes couches. Gaby n’a pas compris ça.

Depuis ce jour, il croit dur comme fer qu’être fâché contre la peinture, ça veut dire qu’on est fâché mais que c’est pas de la faute aux autres. Qui dit mieux ?

Une autre !

-Maman, moi je veux regarder ça . (il ne montre rien du doigt)

- Tu veux regarder quoi ?

- Ben ça !(ne montrant toujours rien)

- Bon… ben montre moi ce que tu veux regarder.

Il se dirige avec la télévision.

Gaby ne dit jamais qu’il a envie de regarder la télé. Il dit qu’il voudrait regarder ça.

Je crois qu’un soir, alors qu’il voulait regarder un DVD (de oui-oui), excédée, je lui avait dit : Non, tu ne regardes pas ça ce soir ! C’est l’heure ! Tu vas au lit !

Vrai de vrai, depuis, pour lui, ça, c’est la télé !

Un dernier … bien plus simple à décoder, et tout le monde devinera la cause de la confusion.

Pour Gabriel, un livre, ce n’est pas un livre. Pour Gaby, un livre, ça s’appelle une histoire.

-          Maman, tu m’achètes une histoire ?

-          Tu veux dire un livre ?

-          Non ! Moi je veux une histoire !

-          Maman, elle est ou mon histoire de petit ours brun ?

Posté par pitchval à 13:20 - Une mère indigne - Commentaires [46] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2008

Soupe au lait

En voiture, souvent, je le regarde… Je l’observe pendant qu’il conduit calmement, tout en douceur, tout en souplesse (je le trouve beau, quand il conduit).

Je l’écoute répondre gentiment aux enfants, et regarder le paysage, un peu, sur les routes de campagne. Il m’écoute toujours distraitement, mais simule un grand intérêt pour mes tartines de mots qui n’en finissent pas.

On dirait qu’il a toujours été comme ça. On dirait qu’il est né pour être papa. On dirait qu’il est né Manu-chéri.

Il y a quelques années, pourtant, ses accès (ou  excès) de colère et d’emportement me faisaient du soucis (pour lui, pour l’instant, pour nous, pour l’avenir).

Mon collègue Michel, à qui je confiais mes inquiétudes chaque lundi, me disait : « Il changera ! ». Même s’il avait l’air de savoir de quoi il parlait, je ne le croyais qu’à moitié.

Fort heureusement il avait raison…

Posté par pitchval à 20:06 - Une épouse résignée - Commentaires [46] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 avril 2008

Liste des choses à faire

Samedi

-          Aller chercher (et tenter de trouver) une paire de chaussures blanches ou beiges pointure 39 . Rajout de Manu : Sans talon ! à cause des photos…

-          Regarder également si par hasard on trouverait pas la même paire (ou presque) en pointure 21.

-          Comme on pense qu’on trouvera plus aisément à La Rochelle, en profiter pour faire un tour au port, sous le soleil…

-          Penser à dire merci à Manu d’avoir gardé les petits et puis surtout à le féliciter pour le carrelage de la chambre de la puce. Ne surtout pas lui demande si les chaussures qu’on a trouvé, il les trouve belles, car on sait qu’il s’en moque : « on les verra même pas ! ».

Dimanche

-          Repasser toute une montagne de linge, et choisir les vêtements (forcement chauds et de pluie) qu’on emmènera dans Le Perche.

-          Commencer à penser à la façon dont on va pouvoir caser les bagages + les enfants+ quelques bricoles qu’on emmène dans la souris.

Lundi

-          Réfléchir à la façon dont on va informer belle-maman que la magnifique chainette en or et le pendentif assorti qu’elle avait offert à sa petite fille avaient été soigneusement rangés dans… la boite à gants de la laguna… hum !

Mardi

-          Se préparer psychologiquement à n’entendre parler que du mariage ou presque pendant quatre jours. Oh, pas de l’engagement, mais de toutes ces choses techniques pour que tout soit organisé à la perfection.

Mercredi

-          Faire les valises, et préparer les vêtements des enfants (en espérant qu’ils vomissent pas en voiture, ça serait fâcheux). Pression de pneus, plein de la voiture (pleine !).

-          Ne pas oublier de mettre la gourmette au bras de Gaby pour faire passer la pilule de la chainette…

-          Ménager Elisa et lui foutre une paix royale avant le grand jour. Elisa est en général très sollicitée et elle a horreur de ça ! En plus, il faudra qu’elle essaye sa belle robe et son beau chapeau, cette belle poupée… « HOINNNNN ! »

-          Ne pas oublier quelques livres pour la route (si il reste assez de place pour un ou deux bouquin dans l’auto !).

Jeudi

-          Se lever tôt (arg ! Heureusement que c’est pour la bonne cause !).

-          Penser à dire à Gaby (en route) que Volcan est au ciel.

-          Arriver tôt (« On a préféré vous attendre pour déjeuner » ).

-          Passer chez mon papy pour qu’il nous remette ces fameux faux papiers qui disent que sa petite fille habite chez lui, à l’occasion…

-          Essayer le nouveau portable de belle-maman (mouarf, et profiter de sa connexion, surtout !) .

Vendredi

-          Passer à la mairie et ne surtout pas oublier (elle n’est ouverte que le vendredi de 15h15 à 15h18 et le mardi de 10h à 10h03).

-          Commencer à dire aux gens que Elisa a envie d’être un peu tranquille (« Qu’est ce qu’elle a, elle est fatiguée ? Ou c’est les dents ? ». Non, non, elle est saoulée, c’est tout…).

-     Mettre à la disposition de Belle maman une valise entière d'invitations au vin d'honneur pour éviter qu'elle nous appelle pour nous demander d'en envoyer une à Trucmuche et à sa famille car leur grand-père avait connu son aieul à Verdun, et aussi au boucher charcutier parce qu'elle se rappelle avoir ete invitée à la messe de mariage de sa fille il y a huit ans, et enfin aux fermiers d'à coté parce qu'ils font jamais payer la douzaines d'oeufs quand elle leur achete un poulet de dix kilo à mille euros le kilo.

Samedi

-          Il paraît qu’il faudrait qu’on voit le traiteur…

-          Penser à dire qu’on aurait aimé aussi faire autre chose (ben, j’sais pas moi.. voir quelques amis, aller s’promener…).

-     Trouver un créneau d'une heure à peine pour rendre visite à ma grand-mère chérie dans sa chambre aseptisée qu'elle aime tellement qu'elle a peur d'en sortir quelques heures cet été pour marier sa petite fille préférée.

Dimanche

-          Penser à repartir même si on aurait envie de rester un peu.

-          Ne pas oublier de tirer Gabriel par les habits pour qu’il lâche sa grand-mère.

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25 avril 2008

Jalousies

La jalousie est une émotion empreinte d'agressivité envers une personne dont on se figure, à tort ou à raison, qu'elle possède quelque chose que l'on n'a pas et que l'on désire.

Elle m’énerve ! A tel point que ça me fatigue ! Elle m’agace tellement que je la hais !

Je lis ce qu’elle écrit et ça m’énerve. Non, je n’avouerai pas qu’elle écrit bien. Ça me coute. Elle reçoit déjà bien trop d’éloges à mon gout. Je suis tellement influencée par ma rancœur que celle-ci arrive à me persuader que j’aime pas ! Force de l’auto persuasion !

Elle écrit peut-être pas mal, c’est vrai… mais c’est trop pur pour être sincère. C’est trop net, trop parfait pour être BEAU. Alors, oui, je veux bien avouer qu’elle s’applique, mais elle n’a aucun style à elle. Elle est bonne élève, à la limite, mais n’a aucun talent. C’est trop terne ! Elle écrit avec sa tête, pas avec son âme ni ses tripes !

Si elle est lue et appréciée ? C’est parce qu’elle écrit avec sa tête, justement ! Elle sait ce qui marche ! Elle a tout compris ! Ah, ça, elle est futée. J’peux pas lui enlever ça… Plus futée que ses lecteurs, en tous cas, parce que eux, ils marchent pas, ils courent !

Si elle mérite toutes ces éloges ? Bof … Tu sais, ses lecteurs, j’en voudrais même pas ! Des moutons qui suivent le troupeau tête baissée.

Je la regarde et ça m’énerve. Elle n’a pas encore parlé qu’elle m’énerve déjà. C’est simple ! Non, je n’avouerai pas qu’elle a un beau sourire. Ça me coute. Elle l’entend déjà assez comme ça, qu’elle est belle ! Je suis tellement influencée par mon aigreur que je la trouve moche ! Force de l’auto bourrage de crâne !

Elle est peut-être pas mal, c’est vrai… mais elle est trop maquillée pour être belle. C’est trop tape-à-l’œil, trop clinquant pour être élégant. Alors, oui, je veux bien avouer qu’elle fait de gros efforts pour paraître, mais la beauté, pour moi, est avant tout intérieure. Le reste n’est que futilité, et elle, apparemment, elles lui prennent tout son temps, les futilités !

Si elle a du succès et qu’elle est appréciée ? C’est parce que beaucoup de gens ne se fient qu’aux apparences, justement ! Y’en a un paquet, des comme elle ! Elle est superficielle, je n’en démordrai pas ! Ah, ça, elle a du gout. J’lui enlèverai pas ça… Plus dans le vent, tu mœurs ! C’est dommage de donner tellement d’importance à l’apparence… J’ai presque pitié d’elle. Vraiment !

En tous cas, moi, j’pourrais pas !

Je l’écoute parler et ça me saoule. Ça fait dix minutes qu’elle épilogue sur sa réussite et elle m’excède. Ça va, à la fin ! On a compris ! Non, je ne la féliciterai pas pour sa promotion. Ça me coute. J’m’en tape, moi, de sa réussite ! Elle nous écrase déjà assez comme ça, avec ses études et sa bagnole neuve . Ça va ! Je suis tellement influencée par mon ressentiment que je trouve ça pitoyable, d’être émue aux larmes pour une promotion !

Elle a bien réussi, c’est clair… mais qu’est ce qu’elle a, à coté ? Non, mais c’est vrai ! Elle n’a rien fait d’autre que de bosser ! Un jour, moi j’l’e dis, elle regrettera ! Attends, elle a pas de mec, pas de gosses. Elle finira peut-être bourrée de tunes, mais elle en fera quoi, de son fric, quand elle sera vieille et … seule ?

Elle a réussi ses études, et elle brille dans son travail. Grand bien lui fasse ! Mais faut voir les sacrifices qu’elle fait, à coté ! Elle a pas de vie. Elle vit pour son boulot. Elle sort pas, elle a pas d’amis, elle voit pas sa famille… rien ! J’la plains, d’un côté ! Elle fera quoi, si un jour elle perd son travail ? C’est pathétique, de vivre pour bosser… Moi, à cette société de compétition pour l’ascension sociale, j’adhère pas !

En réalité, j’la plains ! Je préfère largement ma vie à la sienne…

Je la vois se réjouir et ça me gave. A chaque fois c’est pareil ! Et voilà qu’il l’a demandée en mariage, maintenant… Non, je ne trouve pas ça romanesque, non ! ça me coute, de m’émouvoir pour elle ! J’m’en fiche, de ces petites histoires fleurs-bleues ! C’est d’un neuneu… Je suis tellement influencée par mon cafard que je trouve ça culcul, tout ce foin sur l’homme de sa vie.

Et son amoureux il est romantique, et puis il l’aime, et voilà qu’il lui écrit des poèmes, et qu’il lui offre des fleurs sans raison. Non, mais, elle va redescendre sur terre, à la fin ? Elle n’a plus de temps pour ses amis. Elle sort plus avec les copines. Oh, et puis, je trouve qu’elle a changé… pour lui faire plaisir, surement ! Elle va tomber bien bas, le jour ou il va la quitter, ça c’est moi qui te le dis ! On en reparlera…

Elle a trouvé chaussure à son pieds, tant mieux pour elle ! Enfin, tu sais, au début, tout beau, tout rose comme on dit. Mais la passion, ça finit toujours par retomber. Et là, la marche sera haute, tellement elle le met sur un piédestal ! Et qui c’est qui la ramassera à la petite cuillère quand son prince se sera transformé en crapaud baveux (parce que bon, ce qu’il faudrait pas qu’elle oublie, c’est que c’est un mec, quand même !) ? Ben oui, nous, les vieilles copines ! Moi, il ne me dit rien qui vaille, son poète… Il est trop mielleux pour être sincère…

Non, non ! En fait, moi, j’m’en fous pas mal (pour de vrai !) que Micheline écrive bien mieux que moi, que Francine soit bien plus mince et élégante , que Josette ait un job d’enfer, ou que Bernadette file le parfait amour. Tant mieux pour elles !

Moi, si parfois je flirt avec l’envie (faut dire qu’elle est aguicheuse, et tentatrice, aussi, l’envie!), c’est par peur.

Moi, je suis paniquée à l’idée qu’un jour, vous puissiez ne plus m’aimer, ou moins m’aimer, ou m’aimer moins qu’elles.

Moi, je n’aurais pas le sentiment d’avoir raté ma vie si je n’égale pas certains ou certaines en écriture, ou si j’ai pas perdu mes dix kilos de trop dans dix ans, ou si je passe à coté  d’une super carrière, ou si mon couple ne fait pas baver d’envie.

Moi, j’aurais raté ma vie si je ne suis plus aimée. C’est pour ça que cette crainte est si vive…et Je vis dans une sorte d’insécurité permanente…

Posté par pitchval à 01:30 - Une simulatrice - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2008

Des nouvelles…

Non ! Pas de mes nouvelles ! Des nouvelles que j’ai lues !

Nouvelles sous ecstasy

Qu’est ce qu’elle raconte ? Elle a gobé, ou bien ? Moi, non ! Beigbeder, oui !

C’est un recueil de nouvelles toute écrites sous l’emprise de l’ecstasy. Vrai ou pas vrai ? Lui seul le sait ! Ah, c’est pas banal, hein ?

Provoc’ ? Ouais ! C’est peut être même pas vrai, et ils les a peut être écrites en toute lucidité, ces nouvelles…

Accrocheur ? Certainement ! Ben, en tous cas,  pour moi, ça a marché ! C’est un bon publicitaire…

OU alors… un alibi ! Oui ! Et si dire qu’il les a écrites sous l’emprise d’une substance illicite le mettait à l’abris ? Je veux dire… et si ça lui permettait de pousser plus loin les provocations, avec une excuse : « C’est pas ma faute, j’étais pas sobre ! ».

Au programme, un fin mélange de sexe, de drogue, de violence, de provoc’ en tous genres…Du Beigbeder, quoi ! Je sais, je sais… Beaucoup parmi vous n’aiment pas, ou n’ont jamais rien lu de lui mais n’aiment pas le personnage. Moi, j’m’en fiche, de sa personnalité. Il écrit des trucs que j’aime lire, et c’est tout c’qu’on lui demande.

Que peut-on bien écrire sous ecstasy ?

On peut écrire ça :

La mort de Lady Di du point de vue (choquant) du chauffeur de la voiture, des histoires de sexe un brin hard-core, des histoires de mecs drogués, des histoires de violence plus que déroutantes. Du troublant, du choquant !

Chaque nouvelle est une hallucination incroyable.

Bon ! Les nouvelles sont courtes et se lisent bien.

Est-ce que c’est du Beigbeder ? Non ! Cette fois c’est pire ! C’est lui sans autocensure ! C’est lui brut de brut, avec une accumulation de tous les thèmes choquant qu’il a pu évoquer dans d’autres bouquins. C’est lui puissance dix. Sans retenue !

Moi, j’aime bien. Je sais qu’il apparaît comme tourmenté (obsédé) par le sexe, et autre. .. j’aime bien le lire. J’ai aimé lire ses nouvelles. Bien sûr, j’ai lu mieux (de lui, j’ai lu mieux !). Bien sûr, je lirai mieux… Bien sûr, certaines m’ont moins plu que d’autres, mais dans l’ensemble j’ai trouvé le recueil plutôt sympathique. Juste sympathique…

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Anna Gavalda, je savais que j’y reviendrai !

Recueil de douze nouvelles plutôt courtes, qui se laissent lire. Des histoires simples (banales ?). Des histoires d’amour surtout, des histoires bien humaines, de gens simples. Mais des histoires plutôt justes !

Si j’ai été touchée par plusieurs de ses personnages, certaines nouvelles m’ont un peu moins plu (enfin, c’est normal, sur le nombre !).

En la lisant, je me suis dit : quelle observatrice ! Une spectatrice attentive de la vie et de tout ce qui l’entoure. Ça sonne parfois si juste… Les portraits sont justes.

Ces nouvelles sont fideles à la réalité, ou  à une probable réalité. Ils sonnent exact et tangible. Ses personnages ne sont ni des héros, ni des lâches. Ils sont humains, et du fait, terriblement touchant.

J’ai aimé. Je l’avoue : moins que Ensemble, c’est tout. Mais j’ai aimé…

Mon coup de cœur est sans hésitation pour l’épilogue du bouquin. Le personnage principal de sa dernière nouvelle (qui est en fait l’épilogue) c’est elle. Anna Gavalda, épouse et maman active, qui écrit pendant ces temps libres, et qui envoie son premier manuscrit à un éditeur. Celui-ci la contacte et la convie à un premier rendez-vous…

Je ne vous en dit pas plus !

Bon, c’est pas cette semaine que j’ai lu mon bouquin préféré de l’année, mais je me suis bien divertie malgré tout. Tant mieux, c’est ce que je demande aux livres ! Qu’ils me divertissent ! Bien sûr, quand ils me font pleurer de bonheur, c’est mieux. Mais ce qui est précieux est rare…

Ma Pal (déjà entamée) de la semaine à venir : Merci de Pennac, Dickens, barbe à papa de Delerm et La force de l’âge de Simone. Tout un programme…

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23 avril 2008

Sombre repas

Le couple était invité à manger chez l’autre couple un dimanche midi. Cela ne les enchantait pas vraiment, mais parfois il faut bien se forcer un peu pour faire plaisir, non ?

Ils étaient arrivés à l’heure (oh, surtout pas avant !) , et finalement, à leur grande surprise, tout se passait plutôt bien… ce n’avait pas toujours été le cas auparavant.

Tous les quatre discutaient de choses et d’autres, et , si au début la conversation semblait sereine, peu à peu la tension montait. Le couple invité n’était ni surpris ni déconcerté de la tournure que prenait la conversation. C’était pas la première fois que ça arrivait…

Lui parlait fort et avec assurance. Elle se taisait souvent. Quand elle tentait de donner son avis, ou de placer une parole, aussitôt il la coupait ou la reprenait. Il laissait gentiment entendre que sa compagne ne savait rien, et par conséquent, qu’il valait mieux qu’elle se taise.

Le jeune femme invitée pensa à un subterfuge pour calmer le jeu et ne pas gâcher le repas : elle décida de parler de choses de filles avec son amie, laissant les hommes à leurs conversations. Ce n’était dans pas son habitude, mais parfois le diplomatie imposait d’avoir recours à des stratégies.

Ça n’a pas marché ! ça a merdé ! Les hommes se sont mêlés au bavardage, et lui y est allé de ses commentaires imbéciles. Il ne voyait pas l’intérêt pour sa compagne de parler avec son amie de produits ménagers et autres vêtements et chaussures en soldes. De toutes manières, vu comment la maison était entretenue, et puisqu’elle ne faisait aucun effort pour s’habiller…

La maitresse de maison s’est excusée et est partie aux toilettes à la hâte. Elle y est restée dix bonnes minutes. Le couple invité était gêné de cette situation, et continuait de parler et de sourire un peu, confus, pour meubler le temps…

Quand elle est revenue, elle avait les yeux gonflés, rouges, humides. Le couple a compris et a tenté encore de causer de choses et d’autres pour camoufler leur malaise. Lui, il n’a rien vu. Lui, il s’en foutait. Il a fait comme si rien ne s’était passé. Comme souvent… Personne ne lui a fait remarquer quoi que ce soit. Ils le connaissent ! Il aurait balancé qu’elle pleure toujours pour rien, pour se faire remarquer, qu’elle est susceptible, qu’elle prend tout mal, et qu’il n’y a rien à lui dire. Le scenario est bien rodé, et aurait certainement provoqué les larmes de plus belle.

Remise de ses émotions (du moins en apparence), elle a servi le plat principal. Le couple d’invités n’avait plus faim du tout. Ils avaient comme une envie de partir ou de protester pour elle.

La femme regardait son conjoint, le regard suppliant, pour qu’il ne souffle mot. Elle savait que son homme, bien que calme et réservé au quotidien, pouvait aussi se laisser aller à de vifs emportements. Lui se contenait, mais il prenait sur lui. Il savait que sa compagne l’avait mis en garde et supplié de ne rien dire, mais ça le démangeait de plus en plus.

Il n’a plus pu se contenir plus longtemps quand il a entendu leur hôte critiquer vivement et allégrement le repas. La viande était bien trop cuite. Immangeable ! Pas piquée d’ail ! Les haricots manquaient de beurre et de sel. Elle ne savait définitivement pas faire à manger, et il avait honte pour elle. La femme invitée affirmait timidement que non, c’était très bon comme ça et priait intérieurement pour que son conjoint ne s’emporte pas.

Malgré le regard implorant de son épouse, il s’est adressé au râleur :

-          Tu sais que tu as beaucoup de chance ?!

-          Pourquoi ?

-          Parce que si j’avais dit le quart de ce que tu viens de débiter à ma compagne, invités ou pas, j’me prenais la viande et les haricots en pleine tronche. Et j’aurais bien pris soin de fermer ma bouche parce que je ne l’aurais pas volé !

Il n’a pas répondu. Il a regardé la femme en question d’un sourire timide. Le silence était pesant. Elle, elle le fixait avec des yeux qui voulaient lui dire que s’il se comportait un peu plus convenablement envers elle, elle ne se serait pas absentée, et que s’il avait bougé ses fesses de gros con pour surveiller la cuisson de la viande pendant son absence on n’en serait pas là.

Oui, son regard haineux voulait lui dire tout ça.

L’air a été dense jusqu’à la fin du repas. Plus personne n’osait parler librement. Le couple invité a rapidement pris congé. Et dans l’auto, sur le retour, ils se sont posés la même question qu’à chaque fois : pourquoi est ce qu’elle ne se tire pas ?

La femme lui a souvent posé la question à son amie. Elle lui a maintes fois parlé de violence. Le mot est tabou. Elle s’est à chaque fois entendue répondre qu’il n’avait jamais levé la main sur elle…

Pourquoi est ce qu’elle ne se tire pas ? Plusieurs année plus tard, rien a changé et le couple se pose toujours la même question.

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Et puis, comme nous sommes déjà mercredi, je vous invite à aller lire la consigne du défi du samedi, qui a été donnée par Papistache!

Et aussi, je voulais vous parler depuis un moment d'un blog que j'aime beaucoup. Allez y lire quelques textes, vous ne serez pas déçus! 

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22 avril 2008

Vingt quatre heures chez nous…

Tout commence un mardi après midi au supermarché. Il est quinze heures et la maman marche à travers les rayons de la grande surface pour remplir son frigo. Sa fille est assise dans le siège du caddy, et son garçon marche gentiment à coté. Rien d’extraordinaire.

Sauf que son garçon commence à s’agiter. Plusieurs fois il a couru un peu ou fait tomber des articles dans les rayons. La maman l’a réprimandé. Le petit garçon n’a pas arrêté. Il était excité, et à commencé à s’agripper de tout son poids sur un coté du caddy. Le caddy a un peu basculé. Il a penché sur deux roues puis s’est rétabli quand l’enfant a lâché prise. La maman était en colère, et le petit garçon a promis de ne pas recommencer.

En toute confiance en son fils, la maman lui a tourné le dos pour choisir une plaquette de beurre. Et PAF ! Tout est allée très très vite. Elle n’a pas eu le temps de réagir. Elle a simplement entendu un bruit de ferraille, et puis des cris…

Le caddy était couché sur son flanc, dans le milieu du rayon. Le petit garçon, qui était coincé dessous, a réussi à se dégager très vite. La petite fille hurlait et la maman l’a vite attrapée. Les clients autour ont relevé le chariot et remis les courses dedans. Les gens du magasin («  ça va Madame ? La petite ? ça va ? ») ont voulu appeler les secours au cas ou car la petite fille avait une bosse et elle hurlait.

Pas la peine ! Elle s’est calmée plutôt rapidement. Le petit garçon était tout penaud et n’osait plus rien dire. La maman oubliait la frayeur qu’elle venait d’avoir puisque ses bébés n’avaient rien. Ils sont partis tous les trois avec leurs courses et sont rentrés à la maison pour le gouter.

L’affaire était déjà oubliée pour tout le monde quand la petite fille a vomi sur le seuil de la porte. Elle était très blanche et un peu « bizarre ». Ni une, ni deux, la maman a pris la décision de l’emmener aux urgences. Une bosse à la tête plus des vomissements suffisaient à la paniquer. Elle a déposé son petit garçon chez une amie (lequel a beaucoup pensé à sa sœur, qui partait à l ‘hôpital) , puis a roulé jusqu’aux urgences. La maman était affolée au volant puisque son bébé continuait de rendre dans la voiture.

Elle l’a portée jusqu’aux urgences dans un état lamentable (beurk !). Elle  a expliqué ce qu’il venait de se passer et elles sont passées devant tout le monde (de toutes façons l’odeur n’aurait pas été supportable dans la salle d’attente). Le service pédiatrique a prêté des habits propres et la petite fille a été occultée.

Elle avait repris ses esprits et retrouvé la patate. Elle jouait avec l’interne qui a décidé, après une heure de surveillance, de la rendre à la maman avec quelques recommandations de surveillance pour les prochaines vingt quatre heures (revenir si elle vomit encore, appeler le 15 si elle perd connaissance, si elle est molle, si elle a un comportement étrange, …).

Elles sont reparties toutes deux chercher le petit garçon qui fut soulagé de voir revenir sa petite sœur. Ouf !

C’était le soir, à présent, et le papa était rentré. Il fut un peu fâché contre son garçon, qui n’avait pas obéit à sa maman, et lui expliqua que les conséquences pouvaient être très graves et qu’on avait tous eu de la chance. La maman ne disait rien, car après tout, c’est elle l’adulte et elle était à coté quand c’est arrivé… Faire confiance à un enfant de trois ans c’est peut-être trop lui demander…

Le petit garçon a quand même échappé à la moitié des réprimandes puisque sa petite sœur a été patraque et a vomi encore. Le papa et la maman ont hésité à la ramener à l’hôpital puis se sont dit qu’ils allaient beaucoup la surveiller et attendre, pour voir… Après tout, avec tout ça, elle n’avait rien mangé depuis le midi.

Ils ont fait manger leurs enfants puis les ont couchés. La maman s’est couchée très tard car elle allait voir sa fille très régulièrement, pour être sûre… Et même après, elle n’a dormi que d’une oreille en se réveillant automatiquement toutes les heures histoire de jeter un coup d’œil.

Et puis, vers quatre heures du matin, toute la maisonnée était debout. La papa s’était levé le premier, car il avait entendu son fils pleurer. La maman s’était levée quand elle avait entendu l’eau couler dans la salle de bain. Le petit garçon était malade. Beurk !

Quand le papa est parti travailler, le petit garçon allait enfin mieux (il n’avait plus rien à vomir) et la maman pensait qu’elle allait pouvoir se recoucher, mais sa fille s’est réveillée avec une pêche d’enfer. C’était fichu pour le sommeil, mais elle était contente de voir que la petite allait très bien.

La maman a décidé de ne pas réveiller son fils pour l’école et elle a bien fait car il ne s’est réveillé qu’à midi… pour vomir (erk !).

Un virus, qu’ils ont chopé ! Le fait que ça prenne la petite juste après la chute n’était qu’un méchant hasard. Bon, ben, vaut mieux ça …

Le petit garçon n’a rien voulu avaler au déjeuner. La petite fille est partie à la sieste vers quinze heures. La maman s’est assise dans le canapé à coté de son fils vers quinze heures trente…

Elle s’est assoupie une bonne demie heure !

Son petit garçon, entre temps avait eu faim mais n’a pas réveillé sa maman. Il s’est sagement servi des petits suisses dans le frigo. Il a mangé et s’est servi un verre de coca (ben oui, quand même, tout seul, vous auriez fait quoi, à sa place ?). Il a mis sa petit cuillère et son verre sales dans l’évier. Il a mis ses pots vides à la poubelle et a rangé le coca au frigo. Sagement.

Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire confiance à un grand garçon de trois ans ?

Posté par pitchval à 21:05 - Une mère indigne - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2008

Louise...

Je ne dirai ni le jour, ni le mois, ni l'année. Ni où la chose m'est arrivée. Si ce récit tombe sous les yeux de qui me connaît, je ne veux pas qu'on puisse faire le rapprochement avec celle que je suis devenue. De toutes façons cela n’a aucune importance. Ce flou ne gêne en rien la compréhension. Seuls les faits comptent.  Je ne veux restituer que l’événement dans sa forme la plus brute.

Tout est si limpide, à présent. Chaque détail me revient avec une précision déconcertante.

Il pleuvait.  Je sentais de fines gouttes d’eau se déposer dans mes cheveux, puis descendre le long de mon front. J’étais trempée, et mon corps frissonnait au contact du vent. J’étais perdue. Le paysage autour était dissimulé sous un épais brouillard. Je me concentrais pour tenter de distinguer un chemin, un panneau, une maison.

Ce matin là, un besoin oppressant de partir avait griffé les rives de mon discernement, une envie impérieuse comme une épine malsaine piquée en pleine chair et que l’extraction seule soulage. Alors au carrefour d’en bas, quand le feu était passé au vert je n’avais pas tourné à gauche comme tous les matins pour aller garnir les rayons de la supérette qui m’embauchait mais à droite en direction du soleil. C’est arrivée en haut du col que j’ai vu que ma réserve d’essence était au plus bas. Il était à peine 10 heures et j’étais seule sur cette route de montagne déserte. Sans le vent glacé et la pluie dense j’aurais sans doute trouvé la situation romanesque. De toute façon, à cette époque tout ce qui de près ou de loin m’éloignait de la crasse de mon quotidien  me semblait romanesque.

Il pleuvait et je cherchais. C’est l’esquisse d’une lumière rouge crevant la brume qui a orienté mes pas sur un chemin de terre, une sorte de sentier de randonnée qui s’échappait de la route. De longues crevasses sur ses bords indiquait que de nombreuses voitures l’empruntaient. Mes pieds s’enfonçaient dans la boue, ma jupe ruisselante me dessinait comme une seconde peau accentuant le bombé  de mes cuisses, je marchais depuis de longues minutes, j’étais épuisée. Un chien battu aurait eu plus fière allure.

Je me souviens mon soulagement mais aussi ce sentiment d’angoisse diffus quand au bout du chemin mon regard s’arrima à une grande bâtisse de pierre soigneusement restaurée avec sur la façade un moulin rouge clinquant qui clignotait avec application.

Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’étais passée devant le moulin rouge qu’une seule fois. J’avais déjà vu des affiches le représentant, des photos … Comment était-ce possible ? En haut de cette montagne, au milieu de nulle part, se trouvait une réplique du fameux moulin rouge.

La surprise passée, amusée, je me suis dit qu’il appartenait peut-être à un amoureux du music-hall, qui en avait construit une réplique pour lui seul, dans cet endroit reculé. Peut-être avait-il été réalisé par un architecte pour une ancienne danseuse  nostalgique ? 

La pluie redoubla, et arrêta là mes interrogations . J’avais froid, j’étais trempée, et il fallait que je trouve de l’aide, ou du moins un abris. Je m’approchai de la porte vitrée, au dessus de laquelle Moulin Rouge était inscrit en lettres capitales et lumineuses,  et je fut surprise qu’un portier m’ouvrit aussitôt.

L’homme, plutôt rustique d’apparence, ne sembla nullement étonné par ma présence et alors même que je m’apprêtais à raconter mes mésaventures il s’adressa à moi d’une voix grave :

-          On avait fini par croire que vous ne viendriez plus. Je m’en vais dire au patron que vous êtes là. Pour sur, z’auriez du passer par la route du devant, celle-ci quand il pleut elle n’est pas facile en voiture. Allez entrez vite.

Je ne me fis pas prier : me mettre au chaud, voilà une grosse demi-heure que j’en rêvais. L’homme parti chercher celui qu’il appelait « patron » et je profitais de son éloignement pour faire glisser mon regard de long en large. Le hall était immense, il donnait sur une salle de spectacle rouge et clinquante tout aussi grande. La finalité de cet endroit me sembla claire, tout autant que la méprise du « patron » quand il vint à ma rencontre.

Il attendait une danseuse, il pensait que j’étais cette personne, et sans que je puisse aujourd’hui m’expliquer pourquoi, je ne le détrompai pas.

« Ah, te voilà enfin ! Je savais que tu finirais par revenir ! Si tu savais comme je t’ai attendu, Louise… Tu n’as pas changé. Prépare-toi. Ce soir, tu es ma tête d’affiche comme au bon vieux temps. Comme avant, Louise ! Tu m’entends ? Comme avant !  Je te laisse l’après midi pour te reposer et te préparer. Paul va te conduire à ta loge. Une loge rien que pour toi, Louise! Ce cabaret t’es entièrement destiné ». 

Cet homme semblait si sincèrement ému que je n’osai pas le contredire. Et puis, pour être tout à fait franche, une petite voix intérieure m’ordonnait doucement de ne pas me m’opposer. J’avais toujours rêvé, comme une chose impossible, de lever la jambe très haut, entourée d’hommes saoulés par la fête, et de m’enivrer de danse et de leurs souffles alcoolisés. Moi, la jeune femme rangée et sérieuse, j’avais toujours lutté contre toutes ces folies que m’imposaient mon imaginaire. Mon éducation, le regard des gens, ma moralité, m’avaient toujours empêché d’écouter mes envies.  Depuis que j’étais femme, je me faisais violence pour les refouler. Ce jour là, j’étais lasse. Lassée de lutter et prête à l’abandon. D’autant plus que cet abandon pouvait se faire ici, dans cet endroit irréel, bien à l’abris du regard de mes proches.

« Ce soir, je serai Louise », m’étais-je dis, tremblant d’excitation et d’appréhension à la fois.

Je suivi ce Paul, qui m’avait ouvert la porte quelques instants plus tôt, dans d’étroits couloirs aux lumières tamisées,  aux murs tapissés de moquette rouge, et parés d’affiches de spectacles et de portraits de danseuses. Il s’arrêta devant une porte de loge, sur laquelle était accrochée une affiche très célèbre que je reconnu immédiatement. Juste au dessus,  je vis une élégante plaque rouge sur laquelle un nom en lettres argentées était gravé : Louise Weber.

Je dois bien l’avouer, si je n’avais aucun doute sur le genre artistique de la maison, ce nom et ce prénom ne représentaient rien pour moi. Une danseuse, une danseuse de charme à laquelle je devais certainement ressembler, voilà ce que j’avais pensé en glissant mes jambes encore tremblantes de froid dans les jupons de dentelle fine.

Ce sont les gravures qui tapissaient les murs de la loge qui m’ont guidée ce soir là, la courbure de leurs corps, l’arabesque nerveux de leurs jambes, le déhanché aguicheur de leurs reins. C’est en pensant à elles que je me suis essayée sur la scène sur une bande son tapageuse et un rien démodée.

Ne semblant voir aucune de mes hésitations le patron jubilait, sa face se gorgeait d’enthousiasme et il déblatérait sans fin sur l’extraordinaire première qui s’annonçait.

Vous dire ce que l’on ressent la première fois, la première fois que la clameur de la salle vient vous étreindre. C’est une sensation impossible à décrire, quelque chose entre l’orgasme et la brise légère qui balaye le visage de l’alpiniste qui vient de vaincre l’Everest.

Toute en frénésie de dentelle, je glissais sur les quadrilles, j’encanaillais l’échancrure de mes corsages, je laissais le désir de ces hommes dont je ne savais rien se glisser comme le plus fin des rubans le long de ma peau soyeuse.

Il y eut ce premier soir, et tellement d’autres soirs. J’étais la reine, la « Goulue », le centre de toutes les attentions, de toutes les convoitises et enivrée, boulimique de leurs passions, du feu de leurs prunelles, je dansais à m’en perdre. Certains soirs, si je laissais divaguer mon regard, monter les vapeurs de l’alcool, j’apercevais Toulouse Lautrec recroquevillé sur un coin de table à croquer ma silhouette.

Combien de jours, de mois, d’années : ça n’a plus d’importance. J’ai retrouvé un beau matin le chemin du soleil que j’étais partie chercher. J’ai laissé pousser mes cheveux, pris quelques kilos et personne n’irait imaginer Louise derrière cette mère de famille douce et attentive qui accompagne deux petites têtes blondes sur le chemin matinal de l’école. Et pourtant, sous les secrets replis de mon écorce, Louise brûle encore.

Les trois premières lignes de ce texte sont le début du chapitre "Caroline" tiré du livre " La passion des femmes" de Sébastien Japrisot .

Kloelle & Val

Texte à quatre mains

Posté par pitchval à 10:16 - Une simulatrice - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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