12 mai 2008
Pour les jours où - y’a pas - on a envie de lire les autres et pas d’écrire
Edit du soir:
En fait... je n'ai pas écrit ce billet. Je l'ai reçu ce matin. Une blogamie me l'a offert. Et j'avoue qu'avec mon mal de tête c'est très bien tombé!
Personne n'a eu le moindre soupçon. Parfait, M'dame!
Dis, tu pourrais pas m'en envoyé une petite dizaine, par hasard? On sait jamais, si je tombe malade...
Parfois, même au boulot, il me faut une petite ligne. J’en ai pourtant déjà consommé quelques unes. Sachez que j’en prends– au moins – dès le matin, au saut du lit. Je m’occupe du matos, parfois au radar, parfois les sens déjà en éveil. Histoire de griser mes neurones, de les agiter un peu. Je hume la saveur du contenu et, s’il est un peu tard, je sais qu’un de mes fournisseurs m’en envoient une livraison quotidienne.
Vous devinez bien que, de toutes façons, j’ai toujours quelques réserves.
Après je sens son effet. Oh pas tout de suite, rien de brutal. Ca monte lentement, par petits coups. Un sourire se pose sur mes lèvres. Les pensées qui s’emmêlaient dans mon ciboulot s’apaisent, s’ordonnent en ordre de bataille, gonflées à bloc. Et je m’active le cœur léger.
Mais le pied le plus total, là-haut où je sais que, sans cela, je ne pourrai pas vaincre les monstres qui se cachent dans les recoins de la journée, c’est quand je prends ma bagnole. Je respire à bloc. Je branche la musique et soudain je vois, je vois un monde en couleurs. Pas un paysage plat ou s’alignent trois peupliers et deux voitures poussiéreuses. Non. La lumière qui se perd dans les brumes des marais. Le vert chatoyant du printemps. Le héron qui squatte le macadam de la départementale. Je sens mon cœur se dilater sous l’afflux de cette vie généreuse qui s’offre à moi. Et je sais qu’elle m’est indispensable, comme ce sang, ce souffle sans qui avancer n’est plus possible.
La voiture est sur le parking, il me faudra d’autres doses, ne pas les oublier, et ne pas me perdre avant de plonger dans le jour hostile qui s’annonce.
Vous voyez, j'ai toujours pensé qu'un petit poème était ma dose quotidienne pour vivre. Une addiction, en apparence, assez inoffensive. Un petite ligne de mots, au coin d’une feuille de papier, ou d’un neurone.
Caro Carito