Vendredi dernier, Mamie appelle (pour changer).

Elle téléphone pour me dire qu’elle a reçu l’album photo du mariage (le photographe a préféré lui donner à elle que de nous l’envoyer. A lire ce qui suit, on le comprend). 

.

Elle me dit qu’elle sait mon impatience, et que, du fait, elle me l’a envoyé ce matin par colissimo. « La dame m’a dit 48h, donc lundi matin tu l’auras ».

J’étais super impatiente. Gaby aussi : Mamie lui a murmuré qu’elle avait glissé quelques livres pour lui dans le colis, des gommettes pour Elisa qu’aime pas les histoires, et puis un livre de coloriages pour tous les deux.

.

- Combien de dodos, Maman, pour avoir les livres de Mamie?

- Trois dodos, chéri !

.

Lundi arrive, le facteur passe, et pas de colis. Gaby est déçu.

.

On est mardi, le facteur passe : pas de colis. Gaby trépigne, se fâche, veut appeler Mamie.

.

Mercredi arrive… le facteur passe… hé, non, pas de colis !

Mais, le mercredi, je reçois un cou de fil.

.

- Allo ? Madame Toupie ?

- Oui.

- Centre de tri de Rennes. Nous avons un colis qui vous est destiné. Seulement, il a été ouvert chez nous par mégarde en début de semaine. Est-ce que vous en connaissez le contenu, par hasard ?

- Oh, oui. Un album photo et puis des livres pour les enfants.

- Combien de livres ?

- Je ne sais pas au juste.

- Bon, ça ne va pas coller, Madame. Je vous remercie de votre aide mais il nous faut le numéro de téléphone de l’expéditeur, que nous n’avons pas réussi à trouver, pour le lui demander.

.

Je donne le fameux numéro qui, il est vrai, n’est pas dans l’annuaire.

.

Jeudi :

- Maman Mamie elle avait dit trois dodos, mais la y’en a eu plus je le sais bien…

- Oui, tu as raison, le colis a eu un peu de retard. Mais tu vas le recevoir.

- J’ai été gentil pourtant, et Mamie elle a même pas envoyé mes livres.

- Ce n’est pas a faute de Mamie, Gaby.

- Ben c’est la faute de qui ?

- Ce sont les gens qui livrent les colis qui ont fait une erreur.

- Ils trouvent que je ne suis pas assez gentil pour avoir mes cadeaux ?

- Non, non, chéri.

.

Et puis, Mamie appelle (pour…).

Il ne manquait rien dans le colis. Il repartait jeudi matin de Rennes, et la dame avait promis qu’il serait chez nous ce vendredi matin.

.

Gaby a entendu.

.

- Demain soir après l’école j’aurai mes livres.

- Oui, chéri. Cette fois c’est sûr !

.

Val a parlé trop vite, ayant gardé confiance en La Poste ( je sais, j’ai une foi presque inébranlable).

.

Je n’ai pas bougé de la matinée, attendant le colis avec une certaine impatience (eh ! Une semaine qu’on attend !).

.

Je n’ai pas bougé. Je n’ai pas dormi. J’ai pas mis de casque sur mes oreilles. J’ai une sonnette. Et elle marche ! Et elle sonne fort. Et même si (sait-on jamais) je ne l’entendais pas, j’ai un chien qui m’avertit quand ça sonne au portail.

J’ai tout ça.

.

Pourtant, quand j’ai ouvert ma boite au lettres, j’avais un avis de passage du facteur.

Motif : absent du domicile.

.

Mon colis ne sera disponible, à mon bureau de poste, que demain après 11h (et faut pas louper le rendez-vous, le samedi ça ferme à midi).

.

Je n’ai pas vraiment hâte d’être à 16h30 :

.

- Maman ? Maman ? Alors, tu me donnes mon colis ?

- Heu… attend, mon chéri… faut qu’on discute un peu, avant…

.