Cela fait huit mois que j’ai arrêté de blog à Val. Arrêté. Pas fermé. Il n’a jamais vraiment fermé, ce blog. Il est encore là. Il vit par lui-même, en autonomie, en quelque sorte. Je pourrais tout simplement appuyer sur le bouton « supprimer », mais je n’ai rien sauvegardé de tous ces écrits –je ne suis ni courageuse, ni prudente-. J’aurais mal au cœur de tout brûler. C’est une partie de ma vie que je détruirais. Pas moins !

Cela fait huit mois, et je poste encore des billets –Ben si ! la preuve. Et ça, c’est quoi ?- à la demande –plus ou moins formulée-. Je ne sais plus écrire un billet quotidien, ni même un hebdomadaire. L’envie est partie. Ce n’est pas un manque de temps ou d’inspiration. Ce sont des états provisoires, le manque de temps ou d’inspiration. C’est autre chose, quelque chose de plus définitif. Je ne me sens plus l’âme d’une blogueuse. Ce n’est plus pour moi, de tenir un blog au quotidien, voilà tout. Lorsque l’on me prédisait qu’un jour, j’aurais envie d’arrêter et de passer à autre chose, pourtant, je ne voulais pas vraiment le croire.
Peut-être qu’un jour je changerais d’avis. Il ne faut jamais dire jamais, mais ce n’est pas dans mes projets ni dans mes envies du moment, ça c’est certain.

Je lis encore des blogs. Beaucoup moins. Beaucoup moins régulièrement. Je n’en ouvre plus jamais de nouveaux. Je vais aux nouvelles, à droite, à gauche. Je reste très attachée à certains, pourtant. Je ne me sens plus tellement non plus l’âme d’une lectrice –compulsive- de blogs. Si je passe chez vous, c’est avant tout pour conserver ce lien amical, pour prendre de vos nouvelles, pour manger une petite tranche de vos vies.

Bien sûr, j’écris encore. Plus jamais de fictions –sauf pour les défis, mais là, c’est un jeu-. J’écris pour moi. Ecrire, ce n’est pas pour moi un passe-temps ou même une passion, c’est tout simplement mon mode d’expression et de communication naturel –oui, ça veut peut-être dire que j’ai certaines lacunes en matière de communication orale, j’en suis consciente-. J’écris chaque jour, ou presque. Je ne saurais faire autrement. J’ai simplement perdu le goût de donner à lire ce que j’écris.

Maintenant, des commentaires comme celui déposé ici par Tilleul hier me rappellent à l’ordre. Ne plus avoir envie d’écrire et d’être lue et commentée ne veut pas dire « ne plus jamais donner de nouvelles ou offrir une petite part d’amitié ».

Et puis… vous m’avez tant apporté…J’écrivais tout à l’heure –plus haut- qu’ici se trouvait toute une partie de ma vie. Je n’exagérais pas. Dans quelques jours, ça fera un an que je suis mariée. Tous les courriers sont dans le panier, le même, celui que portait Mamoune. Il est là, dans ma chambre. Je peux plonger ma main dedans, en fermant les yeux, quand j’en ai envie, et déplier quelque feuille de papier à lettre. Et c’est bon de le faire !
J’ai un petit peu allaité ma fille avec vous –je sais comme ce texte des débuts à fait parler-, Gaby a fait sa première rentrée à l’école avec vous tous à ses cotés,  vous étiez un peu là aussi, avec moi, lorsque ma grand-mère m’a vue en mariée. Et puis c’est avec vous que je l’ai pleurée –avec certains plus que d’autres, d’ailleurs...- .
Alors, une petite note de temps à autre, c’est la moindre des choses, je vous dois bien ça. 

Me voilà donc, avec ce billet pas très original ni enthousiasmant, je dois bien l’admettre. C’est tout de même un beau paradoxe d’écrire un billet qui dit qu’on a plus tellement envie d’écrire de billets. Non ? J’aime bien les contradictions. Que serais-je sans mes contradictions ?
Et je vous embrasse.

enf