Si je trouve que mes progrès ne sont pas rapides, ni significatifs, au sujet de la solitude à la maison, là, je constate une grande amélioration.
Dans ma liste des priorités (des choses à ré-apprivoiser) il y avait, en haut: pouvoir rester seule.

Il y a quelques temps (deux, trois mois) j'avais du mal à « tenir » une heure toute seule (seule ou avec mes enfants, sans adulte avec moi, quoi).
Une heure! C'était presque mon maximum.
Mes amis, certains membres de ma famille, se relayaient et passaient le temps de travail de Manu avec moi.  
C'était un grand casse-tête très fatiguant. Prévoir, sur une semaine, qui viendrait tel jour à tel moment parce que je serais seule autrement...
C'était épuisant. Vrai. Mais ça me paraissait vital.
Quand personne ne pouvait venir je « devais » passer mon temps au téléphone, pour ne pas me sentir seule et donc, en « danger ».

Et puis j'ai pu tenir deux heures. Ou 3, 4 mais en appelant quelqu'un au téléphone.
Mais la veille au soir, avant de m'endormir, je pensais « mince, demain je suis toute seule, comment ça va se passer? ».

Maintenant, je n'y pense plus. Rester seule me paraît à nouveau (presque) naturel.
Je ne m' en fais plus la veille quand le lendemain je sais que je serai seule.
Je ne fais plus venir des gens non plus.
Je ne passe plus mon temps de solitude au téléphone.
Je vaque à mes activités à la maison. C'est tout.
J'ai battu un « record » l'autre jour: 7h toute seule dans la même journée.
(Avant, 1h30 c'était un exploit et un plus long moment était une obligation et une … torture.)

Je sais que vous, mes lecteurs, vous allez être contents de lire cela. Mais en l'écrivant et en parlant souvent de cette fichue maladie, je souhaite aussi que si, un jour, une personne qui souffre de ce trouble et pense que son état ne va pas s'améliorer, trouve ici un parcours, pour lui redonner espoir, lui montrer que, si, ça s'arrangera avec le temps et un suivi médical.

Je ne suis pas guérie.
Mais j'ai apprivoisé la solitude. Et c'est un pas. Sur le chemin.