En novembre 2013, j'ecrivais que le petit dont je n'avais pas accouché me prenait beaucoup de temps. Il a bien grandi.  Il aura trois ans dans une dizaine de jours. Il est toujours à la maison.  Il me prend toujours du temps.  Mais moins. Il va un peu à l’école, il grandit. Et il a sa place parmi nous.  Depuis un an et demi maintenant. 

Au printemps dernier, nous décidions - en famille - de faire de la place à un deuxième enfant.  

 

Faire de la place...

J'imaginais libérer une chambre. Vider le placard. La rendre neutre et nue. Et attendre le deuxième accueil. 

Faire de la place...

Ça me semblait facile: mettre un couvert de plus à notre table,  vider un tiroir de la salle de bain,  libérer une étagère su placard à chaussures.

 

Mais tout cela,  c'est facile.  Trop facile.  Bien trop facile.  

 

Après un petit mois d'attente - tout en croyant lui faire de la place, donc- une grande fille est arrivée.  

Avec ses quinze ans,  son histoire familiale,  ses failles,  ses difficultés.  

 

Elle a posé ses affaires et rempli les espaces que nous avions vidés à son intention.  

Elle a posé son baluchon empli de détresses et de passé douloureux chez nous. Aussi. Surtout.  Et pour ce dernier,  nous n'avions pas prévu de place. 

Et il pèse lourd. 

 

Cela fait neuf mois maintenant qu'elle est arrivée avec tout cela à la maison.  Et je ne suis pas persuadée qu'elle ait pu trouver ici assez de place pour tout poser.