Vide-grenier pluvieux. Début d'après-midi.  

Facile d'imaginer les bâches,  les parapluies,  les parasoles parfois. Les capuches.  Les livres trempés. Le bruit des gouttes d'eau qui tombent sur les plastiques transparents, sensés protéger des choses à vendre que l'on ne voit même plus. D'ailleurs il n'y a personne.  Quasiment personne. 

Les vendeurs remballent. Les rares promeneurs pressent le pas.

Pas nous.  Nous avons des parapluies. Et puis c'est agréable,  un vide-grenier sous la pluie.  Si, si!

Des gens sont regroupés autour d'une table,  protégée d'un grand parasol.  Sur cette table,  devant des cartons ee bric à brac, une pancarte : "TOUT EST À DONNER ". 

Je jette un oeil comme tout le monde.  Je ne prends ni plat, ni cendrier,  ni bibelot. Je m'apprête à partir quand je le vois, seul, pas choisi, abandonné dans un carton entre une biographie de De Gaulle et un dictionnaire français - anglais.  Je n'ai pas voulu le laisser là. Il risquait de terminer à la poubelle.  

Je l'ai adopté. 

Les allumettes suédoise.