On avait rendez-vous à midi devant chez son père. Elle était presque à l’heure. 

Elle est montée dans ma voiture. Elle s’est moquée. Une voiture neuve. mon iPhone.  Mes goûts de luxe. C’est de bonne guerre. 

Je l’ai emmenée dans un fast-food. On a pris place en terrasse. C’est elle qui a abordé le sujet de son poids. Je ne lui en aurais pas parlé. Oui, elle pris vingt kilos. C’est à cause de l’implant contraceptif. Je n’ai rien répondu. Peu importe. Mais j’ai repensé aux reproches de son père: voici trois ans, il m’accusait de faire grossir sa fille. J’espère qu’il mesure à présent que ce n’est pas si simple.

Elle a un son cap. Elle cherche du boulot. Depuis juin. Bon elle a quand même eu un contrat de cinq jours cet été. Elle n’a pas tenu le coup. Elle cherche autre chose. Elle m’explique les difficultés du marché de l’emploi. Comme si ce n’etait pas moi qui le lui rabachait par le passé. A l’epoque elle ne me croyait pas. Je ne lui en fais pas la remarque. Je ne suis pas venue la juger.

Elle a un copain stable. C’est déjà ça. Ils vivent chez les parents de l’un, de l’autre... 

Il est sans emploi également.

 

Son père menace de la virer si elle ne trouve pas un travail. Pas grave. Elle a une solution de repli. Tant mieux pour elle. 

 

Il il y a deux ans, elle écrivait à la juge pour lui demander un retour chez son père. Elle voulait « essayer », après onze ans de placement. 

Elle l’a parfois regretté. Pas pour tout, précise-t-elle. 

 

Aujourd’hui elle est majeure. Je n’en lui ai fait aucune leçon de morale, aucu reproche, aucun jugement. 

Elle n’habite plus chez moi depuis deux ans.