Cela ne se produit guère plus d’une fois par an. Parfois moins. Et c’est tant mieux, finalement, pour mes nerfs. 

Et puis cet événement va de paire avec une rupture, alors autant que ce ne soit pas trop souvent. 

 

Les jours d’avant je suis sereine : je prépare. Une chambre, des objets, des inscriptions à l’école. Je prépare aussi ma famille. On se projette. Et finalement je suis efficace sur ce plan qui est la préparation. 

 

Mais lorsque le jour arrive, c’est différent. Il n’est plus question de préparer quoi que ce soit. Peut-être régler fébrilement quelques menus détails: faire un lit, mettre un réveil. Pas plus. 

Et puis attendre.

 

Et cette attente est pénible et agréable à la fois. Inutile de vaquer à des occupations habituelles. Je n’y parviens pas. Je le sais. Ma concentration est ailleurs, exclusivement tournée par ce que j’attends. Je préfère quand ça se produit le matin. Si, par malheur, c’est en fin de journée, il m’est insupportable de compter ainsi les heures. 

 

S’entremêlent des sentiments d’inquiétude, de doute, mais aussi de curiosité et de cette envie de nouveauté. 

Et puis la pression énorme, envahissante: je sais par expérience que, si ce n’est tout, une grande partie de ce qui va se dérouler ces prochains mois se joue dès le premier jour. Que dis-je? Le premier jour... Tout se joue dans les premiers instants. 

 

La rencontre. Officielle. Ma posture, mes paroles, mon comportement. Peut-être même ma tenue, l’odeur de ma maison, la présence ou non de mon chien à l’intérieur. La disposition des meubles dans sa chambre. Et toutes ses premières impressions finalement. 

Tous ces menus détails qui resteront en sa mémoire. 

 

Une demoiselle de treize ans arrive. Ce matin.