S’il fallait des preuves, je serais bien ennuyée, car je n’en n’aurais pas. 

Si ce n’est cette pensée obsédante, si ce n’est encore cette attente calme ou agitée. Seulement, elle ne sont sues parfaitement que de moi. 

S’il fallait des preuves, je te parlerais de cette notion vague de bonheur ressenti, et tu n’y entendrais rien. Et tu n’en percevrais rien. Et tu n’y associerais guère les quelques larmes qui en résultent.

Alors, s’il fallait plus que des mots, je te formulerais mon corps. Mes yeux qui regardent, droits et bons. Mon sourire comme résultat conditionnel. Ma poitrine qui frémit. 

Maintenant, s’il fallait des preuves manifestes, je parlerais de la façon dont je sais me rendre libre. 

Enfin, s’il fallait de « vraies » preuves, celles des gens normaux, j’en serais bien démunie. 

Et je m’en tirerais, je crois, en répliquant sincèrement qu’il est bon de laisser les preuves aux autres, à ceux qui n’ont plus que ça pour duper l’autre et se leurrer eux-mêmes. Ces preuves-là ne sont que les reliquats désespérés de ce qui n’est plus. 

Mais, fort heureusement, il n’est nul besoin de preuves...