Chaque matin, je me lève un peu plus tard que Manu.  Ou plus tôt. Jamais en même temps. Ne pas me demander pourquoi. J’aime bien, voilà. Pourquoi se lever en même temps? 

Et je prends mon petit déjeuner toujours seule. Dans la cuisine. Debout. Parce que je n’aime pas que l’on me parle au réveil. 

Les jours d’école, parfois , je ne rentre pas de la journée. D’autres fois, je rentre déjeuner. Pas toujours à l’heure mais avant ou après lui. N’importe. 

Le seul repas commun est pris le soir. Et encore. On tolère que l’un ou l’autre n’ait pas faim. Et donc mange après. Ou ne mange pas du tout. On s’en fout! 

L’autre mange avec les enfants. Quel problème ? 

Ou parfois, j’ai une réunion qui me fait dîner avant ou après tout le monde. Ou alors, je sors dîner avec des amis. Seule. 

Je me couche quand je veux. C’est à dire plus tard que tout le monde, bien souvent. Pourquoi pas? J’aime être seule le soir. 

Je pars en vacances ou en week-end seule, en général. Ou avec un enfant, deux enfants, la moitié des enfants. Mais seule (avec des amis ou une cousine, quoi. Sans conjoint). 

Je suis invitée seule, aussi. Enfin, disons que j’ai envie d’accepter des invitations que lui décline. 

On partage les enfants, simplement. Entre ceux qui veulent me suivre et ceux qui veulent rester.

Je fais les magasins seule. Lui aussi les fait seul pour lui. 

Le soir, après avoir couché les plus jeunes, nous vivons l’un près de l’autre mais chacun de notre côté. 

Je lis, j’écris. En général. Ou je sors. 

Lui joue au poker en ligne, fait des plans pour je ne sais quel pré ou garage, ou bien regarde un peu la télévision. 

Et c’est simple. Très simple. Infiniment simple. 

Si, un matin d’été, j’ai envie de voir la mer, j’annonce que je vais voir la mer. Qui veut la voir aussi me suive. Voilà. 

Si, un soir à 20h, j’ai une envie soudaine de piscine ou de cinéma, j’y vais. Qui aurait la même envie pourrait m’accompagner. 

Alors, oui, ce n’est pas ce qu’on appelle une « fusion ». C’est peut-être aussi atypique. Mais du fait, aucun des deux ne s’oblige jamais pour « faire plaisir ». Jamais. 

Et, à vivre ainsi, on sait tout à fait que lorsque l’on fait quelque chose à deux, ou lorsque nous avons une conversation passionnée, c’est uniquement l’envie réciproque qui nous y a conduits. Jamais autre chose. 

Nos enfants? Bah! Ils font pareil!

Liberté chérie...