Charles est en fin de CP. Aussi, il a annoncé il y a quelques semaines que désormais il était bien capable de faire ses devoirs seul.  

Pourquoi pas? A son âge, Gabriel se gérait depuis un moment déjà. Elisa un peu moins. Parce qu’elle éprouvait quelques difficultés sans doute. N’importe, elle faisait quand même tout ce qu’elle pouvait... seule. 

Pourquoi pas? Nous y sommes allés par étapes. Qu’il lise à voix haute premièrement, que j’entende de loin s’il lit bien. Ensuite, ajouter les apprentissages seul: le laisser puis l’interroger. Ok aussi. Enfin: poser les additions seul. Et je me contentais d’aller vérifier les résultats.

Charles a prouvé qu’il pouvait faire ses devoirs seul. Ne rien oublier, être plutôt efficace et rigoureux. Aussi, à présent, il se gère. 

Et moi, j’attends après vingt heures, qu’il soit couché, pour ouvrir son cartable en douce et vérifier que tout est en ordre et que les calculs et exercices sont bons, que les mots de la dictée ont été écrits plusieurs fois sans fautes. 

Lui, il a cette fierté de penser que je lui fais totalement confiance. Moi, j’ai cette garantie que je peux continuer à lui accorder cette confiance. 

Je ne sais pas comment font les autres parents. Mais pourquoi assister un enfant capable de faire seul (et bien!)? Ça me parait du temps perdu. Et, au moins, le jour où il a vraiment besoin, il me trouve totalement disponible, et bien plus attentive que si je l’assistais chaque soir. 

Je fais encore ça avec mes deux aînés, collégiens: ils se gèrent. Totalement. En revanche, je puis passer plusieurs heures à bosser avec eux un travail en particulier, parce qu’ils me le demandent. 

Accorder mon temps à la demande plutôt que par automatisme. Ça leur réussit plutôt bien. 

 

Et, pour l’anecdote, aujourd’hui les deux petits étaient à la maison avec moi (pas d’école). Une amie vient boire un café en fin de matinée, et s’est à peine aperçue de leur présence. Elle me demande:

« Comment fais-tu pour ne pas te faire emmerder? ». 

J’ai simplement répondu que si je me « laissais emmerder » par deux enfants de CP, comment j’en gérerais quatre autres adolescents ? 

 

Et pourtant... qu’est-ce ce que je suis cool ! Je le jure!