Tu entends des mots. Au départ de manière épisodique, et ensuite, de plus en plus régulièrement. 

Tu entends des mots qui présentent un potentiel danger. Tu préfères d’abord les ignorer, les relativiser, les intégrer dans un certain contexte, lequel te semble assez rassurant. Ou alors, c’est toi qui as besoin de te rassurer. Comme un moyen de défense. Ou d’auto-protection. Minimiser pour différer l’inconfort. 

Ton alarme interne t’alerte pourtant. De plus en plus souvent. Tu résistes. Tu sais par expérience que l’affolement n’est pas un allié, dans ces cas-là. Tu sais comme les décisions hâtives peuvent être regrettables. Tu en as fait l’expérience déjà. 

Tu as ta méthode de début d’alerte: wait ans see. 

Et, un matin, ou un soir, les mots se font précis, tranchants, sans équivoque. Ceux que tu as pourtant déjà entendus maintes fois, mais préféré provisoirement ignorer, pour le moins en amoindrir le contenu et les enjeux. 

Ces mots, à peu près les mêmes que d’habitude, sont pourtant bien plus durs, cette fois. Parce que, à présent , tu les as tout à fait intégrés. Avec précision. Tu en as mesuré la portée avec exactitude. Et tu en es effrayée. 

Le « wait and see » est fini: tu dois te rendre à l’évidence. Retrouver toute la lucidité. 

L’heure est à l’acceptation dorénavant, et aux actes qui doivent en découler logiquement. 

Agir. Réagir. Malheureusement