Ce matin, j’ai entendu dans ma voiture, à la radio, que Michael Jackson était mort il y a dix ans aujourd’hui. 

Je ne commémore pas. Je m’en fous tout à fait, à vrai dire. 

Comme je m’en foutais complètement à l’époque également. 

Hey quoi? En quoi sa vie vaudrait-elle plus que celle de n’importe qui? Et pourquoi s’attrister du décès de quelqu’un que l’on ne connaît pas? 

Je peux concevoir que les « fans » aient cette tristesse due au fait que plus jamais l’artiste mort ne produira. Soit! 

Peu importe. 

Si Goldman meurt un jour, peut-être que je reverrais ce jugement. (Oui, je sais. Inutile de relever cette phrase). 

Où en étais-je? Ah! Oui! 

Chose surprenante (quand le cerveau peut oublier tant d’informations pourtant plus ou moins utiles): je me souviens très exactement où j’étais et ce que je faisais lorsque j’ai appris, à la radio également, la mort de Michael Jackson. 

Je venais de déposer Gabriel à l’école maternelle et Élisa chez la nounou. J’étais dans ma voiture. Il faisait plutôt beau. En tous cas, il y avait du soleil. 

J’avais une twingo rose, à l’époque. Intérieur vert pomme (Je sais, le cliché de la voiture de fille!). Et je me rendais sur mon lieu de travail, un hôtel face à l’océan. Mes vitres étaient ouvertes à l’approche de la côte, parce que j’aimais, chaque matin, respirer l’air marin pour commencer ma journée. Parfois, même, je faisais un détour des quelques centaines de mètres, afin de longer la plage plutôt que de passer par le centre ville. 

Que reste-t-il de cette vie là, au juste?

Deux enfants en bas âge devenus adolescents. Et ce blog. 

Que reste-t-il, plutôt, de cette personne là ? Pas grand chose et c’est tant mieux. 

Je n’éprouve aucune nostalgie de qui j’étais alors. 

Jeune femme assez fragile, donc facile à ébranler. Je manquais de résistances et de forces intérieures. J’avais tendance à donner ma confiance à n’importe qui, croyant que l’autre en général avait plus de valeur que moi. 

Je n’avais pas trouvé (pas beaucoup cherché non plus) de vocation professionnelle. 

Je n’étais à peu près rien, et à peu près sûre de rien. 

Depuis, tout ou presque à été remis en question. A force d’introspections. 

Aplati, décortiqué, et même rasé... pour mieux reconstruire. 

Et finalement, l’édifice à raser n’était pas si grand...