Sur un réseau social, et pas n’importe lequel : sur une page réservée aux travailleurs sociaux (!!), je lis tout un tas de commentaires négatifs sur une pièce de théâtre. 

« La vie de Marc Dutroux jouée par des enfants ». Je suis allée me renseigner un peu sur le sujet:

Sur scène, sept enfants de huit à treize ans, un vieux matelas à terre, des seaux de peinture: c’est une cave. Avec un enfant assis à l’intérieur à chaque scène. Une enfant qui raconte. 

Je n’ai pas vu cette pièce.

Seulement, les travailleurs sociaux qui la dénigrent ne l’ont pas vue non plus!

Et ça s’offusque. Ça demande si c’est une blague. Ça écrit « au secours! ». Ça parle d’horreur, de quelque chose de déplacé pour les victimes. 

Ils taxent le metteur en scène de « taré », l’accusent de  « mauvais goût ».

Un commentaire dit : « à vomir! ».

Moi, je trouve que ce sont leurs réactions qui sont à vomir. On dirait un troupeau ignare qui déverse de la haine. Comme s’ils faisaient l’amalgame entre le pedophile et le metteur en scène. 

Alors, il y aurait encore des tabous dans l’art. Le temps de Molière n’est pas révolu. 

Les foules bien pensantes et sottes s’indignent. Si on leur laissait le pouvoir, elles interdiraient la pièce. Peut-être voudraient-elle condamner à mort l’artiste? 

Merde, on a fait de l’art sur les camps de concentration. Personne n’en dit rien. C’est moins tabou que Dutroux ? Ça a concerné des millions d’enfants pourtant. Les abattre sans les violer était donc moins grave? Je ne saisis pas la nuance... 

 

Pour reprendre un comment sous mon billet sur Molière:

Nous ne sommes pas sortis de cette époque où les esprits subversifs et passionnés risquent de sévères ennuis en ouvrant un peu trop la bouche.