Un chien a élu domicile chez nous pour quelques temps. En relai, comme les enfants que j’accueille quand les collègues sont en vacances. 

Nous gardons souvent des chiens, pour dépanner les amis. Mais, des comme lui, ça n’était encore jamais arrivé. 

Ce chien est un tyran de travail: je lave ses gamelles plusieurs fois par jour, j’aère sans cesse la maison, je passe son coussin à la machine tout le temps, j’aspire et lave mon sol plus que de raison. 

Ce chien est un tyran d’exigence : il y a un protocole pour le nourrir, et il vaut mieux lui essuyer la bouche régulièrement, et installer des barrières en bas de l’escalier et à la porte vitrée, sans quoi il fait des allées et venues jusqu’à nous donner le tournis. 

Ce chien est un tyran d’amour. Il nous suit en permanence au risque de se faire marcher dessus, gratte et pleure la nuit, ne s’étend qu’a nos pieds, pleure quand on quitte la maison sans lui, et fait sa tête de malheureux (à fendre un cœur!) pour réclamer de l’attention. 

Chien tyran. 

Pourtant, il est là le soir pour tromper ma solitude. Il reste couché près de moi des heures lorsque je lis, sans ne jamais montrer aucun signe d’impatience. 

Pourtant, il est trop chou avec ses yeux qui me regardent et sa petite tête triste quand je dis non.