« Japan Expo » 

024904F0-5A7C-45F7-883C-8E7D03A1726E

Par amour pour mon fils, je l’ai accompagné à une « Japan expo ». Avec trois copains à lui en plus. Quatre ados garçons et moi, dans des allées de figurines qui me sont étrangères, et de vendeurs de mangas, entourée d’ados déguisés en personnages desdits mangas et buvant du thé fumant à l’ananas (il paraît que c’est une spécialité japonaise !). Tous épris de Japon, fous de mangas, passionnés de culture japonaise, et, forcément, de jeux vidéo. 

Ces adolescents semblent vouloir se démarquer en adoptant une culture différente et lointaine, en en prenant d’ailleurs que le divertissement, en réduisant le Japon à des mondes virtuels et agréables et à des boissons énergisantes. Seulement, je me demande comment l’on se démarque en aimant la même chose que toute sa génération, en étant habillé comme tous les autres, en lisant les mêmes BD et en jouant aux mêmes jeux. Ça me dépasse un peu. J’ai été adolescente évidemment. Pourtant, je n’ai pas le souvenir d’avoir voulu aimer ce que tous les autres aimaient. 

Plus désolant encore: j’y ai vu des gens de mon âge ou plus, déguisés parfois eux aussi, nostalgiques du Club Dorothée, chantant à tué tête les génériques des animes de l’époque, fans de mangas écrits, achetant posters et figurines pour les exposer dans leurs salons. Et alors là, on est dans une régression qui m’échappe. Je n’entends pas cet engouement pour ces mondes imaginaires, illustrés d’images très colorées et se ressemblant toutes. Bref, pour faire plaisir à mon fils, j’ai assisté à une « conférence » sur... « Dragon Ball », animées par les voix françaises du mangas, qui, par ailleurs, ont signé des autographes pendant des heures (Attendre des heures pour avoir un autographe d’un mec qui prête sa voix à un personnage fictif! Bon Dieu! Dans quel monde vit-on?). J’ai vu aussi des « Youtubeurs », plus ou moins perçus comme des idoles. Ces gars, si j’ai bien compris, font des vidéos sur leurs interprétations des mangas (Des religieux des temps modernes, quoi, comme ceux qui font des interprétations des textes sacrés! Et qui d’ailleurs, sont crus sur parole et écoutes comme des messies!). 

Je ne me sentais pas à ma place, comme vous vous en doutez. Je me suis même sentie oppressée. L’impression d’être la seule personne réelle -pour ne pas dire « normale »- dans un univers virtuel, comme si on m’avait foutue dans un monde parallèle, comme dans « La quatrième dimension ». J’avais déjà éprouvé cela à la « Paris games week » (Pour faire plaisir à Gabriel, déjà). 

J’ai tenu deux heures dans ce lieu hostile. Pour lui faire plaisir. Et puis, n’y tenant plus, je lui ai dit que je reviendrais le chercher le soir et je me suis tirée, soulagée de retrouver un peu de réalité et de sens. Et, à présent c’est bel et bien terminé : dans ce genre de manifestation, je me contenterai de le déposer. Je veux bien faire des efforts pour rester relativement proche de mon fils, mais pas à ce prix... car c’est finalement comme si j’approuvais plus ou moins ce que je considère comme mode suivie bêtement. 

Et je suis bien désolée si des fans de mangas me lisent. 

 

« Le malade imaginaire en La majeur »

98ECF112-B278-42E8-87F5-885D87AAFE78

Fort heureusement, le soir même, j’allais au théâtre. Comme un retour à la vie normale. Néanmoins, j’étais un peu sceptique. J’avais lu qu’il s’agissait de « l’adaptation musicale du chef-d’œuvre de Molière », et je m’étais imaginée une sorte de comédie musicale gardant pour base seulement une idée vague de la pièce. Par ailleurs, j’avais aussi une sorte d’apriori : j’avais pensé que si ce genre de spectacle avait plus ou moins pour but de rendre une pièce de Molière plus accessible, grâce à la musique, alors j’en serais fort déçue. 

Ce ne fut pas le cas. La pièce est quasi intacte. Les morceaux chantés sont  de Molière, ou quand ils ne le sont pas, ce sont des ajouts, mais le texte de l’œuvre originale n’a pas tant été modifié (j’ai vérifié en rentrant. Lire le malade imaginaire de prends guère plus d’une heure!). Les comédiens sont très bons, chantent bien, jouent du piano. Et assurent les dix rôles de la pièce... à quatre! Évidemment, il y a quelques adaptations encore, dues à cette contrainte de n’être que quatre. Mais globalement tout y est. Et c’est bien joué. L’adaptation est assez réussie. Le spectacle est d’une belle qualité. C’est drôle, frais, et ça ne dénature pas la pièce. Moi qui n’aime pas particulièrement Molière, j’ai pris plaisir à regarder, puis à relire la pièce aussitôt. Et cela m’a même donné envie de relire Molière, de chercher quelles pièces je n’ai jamais lues pour les découvrir. Une bonne surprise, donc!