02 décembre 2019

Le choix

Je me souviens parfaitement du jour où j’ai choisi Arthur. J’étais encore une enfant. Et bien sotte, probablement. Je faisais voler mon cerf-volant sur la colline qui dominait notre village, et Arthur et Simon me regardaient. Nous nous amusions ainsi souvent tous les trois.  Notre village était petit. Tout le monde se connaissait. Les distractions étaient limitées. Mais cela nous convenait très bien: nous ne connaissions pas autre chose.  Je savais que les deux garçons m’aimaient bien. Plus que bien. Même très jeune, une... [Lire la suite]
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28 novembre 2019

Erotisme et domination sexuelle en littérature

  Je lis « histoire d’O » de Pauline Réage... depuis six mois!  Rassurez-vous, ce n’est pas que je le relis indéfiniment, mais plutôt que je ne parviens pas à le terminer. Je lis une page, puis deux, et soudain l’envie de refermer le livre est plus forte que ma volonté de le terminer. Roman primé, pourtant. Mais, diable, que peut-on tirer de pareilles descriptions? Et quelle plausibilité dans le fait de se faire marquer au fer rouge et percer le sexe? Est-ce la soumission à laquelle aspire une femme... [Lire la suite]
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25 novembre 2019

L’occasion

J’ai arpenté pendant plusieurs jours le XVIeme arrondissement, car la rue silencieuse bordée d’arbres que je revoyais dans mon souvenir correspondait aux rues de ce quartier.  Je n’y recherchais rien, ou plutôt : rien n’aurait pu, dans ces rues, m’éclairer sur quoi que ce fût.  Pourtant, j’y allais marcher avec la volonté  ferme de me faire du mal. Ces promenades tristes me permettaient de garder mon souvenir intact, et même au-delà.  Chaque jour, cette sortie que je m’infligeais me donnait l’occasion... [Lire la suite]
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18 novembre 2019

Souvenir d’adolescence

(devoir du Goût)  J’avais seize ans, cet été là. Et j’avais perdu mon père dix mois auparavant. On dit « avoir perdu », ce qui est un euphémisme pour désigner l’irrémédiable et les vers qui mangent le corps en demi décomposition.  Je vivais chez mes grands-parents, depuis. Toute une année scolaire que je n’avais plus de père. Celle de seconde. N’importe, je passais en première.  Une de mes tantes, que je n’avais vue qu’une fois dans ma vie (elle était venue m’offrir des poupées Barbie à la mort de ma... [Lire la suite]
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11 novembre 2019

Après ça

(Devoir du Goût)   J’ai fait ce qu’il fallait faire. Tout s’est bien passé, finalement.  Rien n’est grave, après tout. Cela arrive à d’autres. Depuis la nuit des temps, sans doute.  Avais-je le choix, de toute façon ?  J’ai tout lavé, à mon avis. Effacé toutes les traces. Quand je serai habillée, il me restera encore du temps pour vérifier. Plusieurs heures. J’ai eu de la chance que ça arrive en milieu de journée. Que se serait-il passé si ça avait été le soir? Ou bien la nuit? N’importe, ça n’a pas été le... [Lire la suite]
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08 novembre 2019

Le boeuf

(Consigne avortée du goût)    On entendait l’eau tomber à grosses gouttes sur le toit de la cabane depuis des jours. Il pleuvait si fort que le tapage de l’averse couvrait tous les bruits habituels du foyer. Et l’eau tombait aussi à l’intérieur, à travers la charpente perforée de toutes parts. Partout, des seaux en fer, au sol, recevaient les gouttes d’eau qui tombaient à intervalles de plus en plus rapprochés.  Ils avaient tous très froid dans la cabane. L’humidité s’était infiltrée jusque dans leurs vêtements et... [Lire la suite]
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04 novembre 2019

Voici l’homme!

Devoir de fin de vacances du Goût.  Regardez bien, Mesdames et Messieurs, ce spécimen. Qu’importe qu’il ne soit que le contenant, il reflète la noirceur de son contenu.  C’est une maison? Donc c’est l’homme! C’est l’homme? Alors c’est le reflet de son cerveau et de son âme.  Sentez-vous ? Il pue le salpêtre! Que dis-je? La charogne! Il n’inspire que pourrissement et immobilisme consternant, vous ne trouvez pas?  Je pourrais vous rassurer par un « N’ayez crainte! » mais j’ai bien peur de vous mentir... [Lire la suite]
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26 octobre 2019

Le même. Dans sa version aboutie.

Je me souviens que je le trouvais beau, mais d’une beauté très subjective, c’est à dire selon mes propres critères. Il était grand et mince. Ses traits étaient fins comme ceux d’une femmes. Ses mains étaient pourvues de doigts très fins mais très longs. Il était loin d’avoir un physique « protecteur »: pas un muscle, il ne dégageait aucune impression de force, ni de capacité de protection. Un homme frêle mais au visage intelligent. Voilà comment il était. Et il m’éblouissait de toutes ces choses imperceptibles par les... [Lire la suite]
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21 octobre 2019

La proie

Un groupe de lycéens. Me garer. Et voir. Cette pluie sur le pare-brise me gêne un peu, mais je parviens tout de même à observer la scène. Le seul type de la bande a déjà pris congés. Bien, ça. Les trois filles disent « au revoir » au cher ange. Elle va donc rentrer seule, à pied, sous cette pluie battante. Pauvre ange! Elle part effectivement dans une direction opposée au groupe. Elle semble glacée. Elle n’est pas assez couverte pour  la saison. Petite ingénue, si fragile, si frêle, tu n’es pas bien raisonnable.... [Lire la suite]
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14 octobre 2019

À bientôt...

Devoir de Lakevio du goût numéro 12  La nuit était tombée à présent et, avec elle, tombait le couperet de leur séparation.  Pourtant, elle lui souriait, d’un sourire rassurant qui voulait lui exprimer que tout allait bien. Et c’était vrai: tout allait bien. Hormis son visage à lui, son regard vaguement triste, de cette tristesse floue et indécise qu’elle aurait aimé gommer et consoler. À ces fins, elle lui souriait de son plus large sourire. Sans tricher, d’ailleurs. Elle était heureuse. Si heureuse! Emplie de lui,... [Lire la suite]
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