Val ...

Que c'est dur de trouver une description à la fois courte, attractive et de qualité. J'sais pas faire...

02 février 2008

Je suis en vacances

Ah ! Mais je vous entends d’ici : « Elle y est toujours, en congé, de toute manière ! Congé perpétuel… ».

Et je vous réponds : « Bien sûr que oui ! Et comment ! . Je suis en repos à longueur d’année. Inactive (à peu prés) je suis. Ma vie n’est que loisirs ou presque. Je navigue entre détente (démesurée) que me procurent les tâches ménagères (nombreuses) et relâche qu’occasionne l’envie de jouer (infinie) des enfants.

Alors, comment être en vacances, quand on y est déjà à longueur d’année ?

Et bien, durant toute la semaine qui arrive, je ne garde pas le petit lutin. Non, non. Il est parti en vacances, lui aussi. Voyez que je ne suis pas la seule à user des grands mots. Un lutin, c’est toujours en vacances aussi. Et pourtant il part en vacances, lui aussi ! Comme quoi tout le monde y a droit…aux vacances.

Cette semaine, j’aurai douze heures (temps de garde hebdomadaire) de plus pour faire tout ce dont j’ai envie. C’est pas la classe, ça ?

A quoi vais-je utilisez toute ces heures ? Aïe, alors là, j’hésite ! Je n’ai que l’embarras du choix.

Voyons déjà quels moments de mes journées ce répit me libère.

Lundi, mardi, jeudi, vendredi, de dix huit heures à vingt heures (déjà dit l’autre jour, mais ne croyez pas que vous aurez de l’inédit à chaque billet!).

Mercredi matin, de sept à neuf heures, puis le soir de …dix huit à vingt heure, évidemment !

Bon, ça , c’est fait.

Voyons ce que la présence du lutin m’impose comme contraintes :

Aller le chercher à la garderie le soir, lui faire prendre son bain, le mettre en pyjamas,  le faire dîner,  surveiller ses jeux.

Me lever pour l’accueillir le mercredi matin.  Petit déj’. Surveiller ses jeux. Le déposer à la garderie.

Whou ha ! Je n’aurai rien de tout ça à faire pendant toute la semaine à venir. Chouette !

Voyons ce que je suis obligée de faire (quand même !) pendant les laps de temps appartis habituellement à sa garde (c’est français, vous croyez ? ma phrase… non mais là, j’ai un gros doute. Enfin, tant pis. Comme je dis souvent, ça ne sera pas la première fois ni… ).

Soir : Faire prendre le bain de mes enfants à moi, les mettre en pyjamas, les faire dîner, surveiller leurs jeux.

Mercredi matin : me lever parce qu’ils sont matinaux. Petit dej’. Surveiller leurs jeux.

Bon, ben mince alors.

Oubliez les douze heures.

Le temps que je peux me dégagez, cette semaine, est seulement celui des allers et retour à la garderie.

Soit dix minutes les lundi, mardi, jeudi et vendredi, et (Oh !  Quelle chance !) , vingt minutes le mercredi!

Cinquante minutes, quoi ! C’est trop de bonheur ! Surtout qu’elle ne sont pas consécutives. Ça fait une tranche de repos quotidien, et deux le mercredi (logique, c’est le jour des enfants ! Et je suis une enfant…).

Comment vais-je utilisez, donc, ces dix minutes quotidiennes, de dix sept heures cinquante cinq à dix huit heures et cinq minutes chaque jour de semaine ?

Plus (et ça c’est fort), ces dix minutes supplémentaire de mercredi matin, de huit heure cinquante cinq à neuf heures cinq.

Soyons même généreux ! Soyons fous ! Carrément…

Je peux vous assurer ( car j’ai eu tout le loisir de m’en rendre compte… ) que couvrir de manteaux chauds, d’écharpes, de bonnets trois enfant et les attacher dans l’auto demande au moins (quand ils sont coopératifs) cinq bonnes minutes ! Et quatre pour ressortir deux enfants de l’auto et les déshabiller !

Le soir, ça ne compte pas. Je ne les emmène pas, les miens. Ils restent avec Papoune. Mais le mercredi matin, si !

Et cinq minutes supplémentaires !  Cinq !

Plus quatre au retour ! Quatre !

Alors ?

Le mercredi matin, je gagne dix neuf minutes, en vrai !

Trop de bol !

Bilan : je suis en vacances pour une semaine , et voyez comme je ne fais rien en temps normal, puisque mes vacances ne vont me faire bénéficier que de dix neuf minutes de tranquillité le jour le plus libéré, et les autres jours, dix pauvres minutes! 

MAIS ! Voyez comme je sais me contenter de peu, puisque j’en suis absolument ravie.

Bon samedi…

Posté par pitchval à 13:17 - Une bosseuse (mais pas trop) - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2007

Rentrée

Ce matin, pour moi, c’était en quelque sorte la rentrée. Cette rentrée, je ne l’avais pas souhaitée (si tôt), trop bien dans mon cocon avec mon train-train de que-maman.

Cette rentrée, c’est ma conscience qui me l’a en quelque sorte imposée.

Je la savais depuis une semaine, cette rentrée que mon cœur m’a commandée. J’en ai pas parlé ici à l’avance… j’y pensais déjà de trop, alors autant éviter d’écrire à ce sujet par dessus le marché.

Que je vous explique.

Il y a deux ans, quand je suis arrivée ici (bien décidée à ne pas m’éloigner de bébé Gabriel) j’ai demandé un agrément d’assistante maternelle, bien décidée à garder un enfant chez moi.

Procédure. Réunions. Dossier. Obtention.

Entre temps, Elisa a pointé une oreille.

Changement de programme. Je n’ai gardé aucun enfant. J’ai décidé de cesser toute activité pour m’occuper de mes lutins pendant trois ans. Une seule année s’est écoulée…

Il y a deux semaines, une maman vient sonner à ma porte. Elle est dans la panade. Ambulancière, elle doit reprendre son boulot. Elle a un petit garçon. Elle n’a pas de place en crèche. Elle n’a pas trouvé d’assistante maternelle pour garder le petit.

Je suis en congé parental ! Mais… j’ai la liste des nounous disponibles sur la commune…

Déjà fait !

La maman, stressée par l’échéance de la reprise, les a toutes appelées. Bien sûr, il restait des places, mais…

Les horaires ne sont ni simples ni harmonieux . Dix heures d’absence d’affilée (ce qui sous entend que la nounou garde le petit onze heures d’affilée). Travail le samedi, et un dimanche par-ci par là. Travail le matin très tôt, et le soir très tard, parfois la nuit. Ne connaît pas son emploi du temps une semaine pour la suivante. Jamais pareil. Jamais certaine de terminer à l’heure…

Congé le mercredi et le vendredi matin…

Elle n’a pas trouvé. Trop de contraintes.

Alors ?

Vous auriez fait quoi à ma place ?

Moi, je ne voulais pas garder de petit…pas pour le moment,  mais ma conscience a pris la parole à ma place.

Si vous ne trouvez vraiment personne, je vous le prendrai, mais je pars en vacances du 22 au 2 janvier…

Soupir de soulagement pour la maman, alors que moi je regrettais déjà…

Mais, continuez de chercher ! Je vous le prend pour dépanner, mais si vous trouviez quelqu’un…

Dur dur !

Difficile. Parcours du combattant. En plus,  il n’y a pas de papa…

Bon.. ben… au pire… trouvez quelqu’un qui assure des journées normales (8h 18h) … à mi-temps… Je ne voulais pas reprendre, alors un temps plein surtout  pas… Au pire, si vous trouvez un mode de garde pour la journée, je le prendrai la nuit, le soir, le matin à l’aube et le week end…

Sourire de la maman.

Chéri me demande ce qui a motivé une reprise si soudaine.

Ma conscience.

Amusé. Pas surpris. Il me connaît. Ta bonté te perdra ! 

Elle n’a pas encore trouvé. C’est en cours…Ce mois-ci, je garde le petit à temps plein, en espérant qu‘elle trouve une meilleure solution pour janvier…

La perspective d’avoir trois lutins (Lutin pas à moi est plus vieux qu’Elisa, mais plus jeune que Gabriel) m’a fait trembler toute la semaine dernière.

Aujourd’hui, c’était le grand jour. A huit heures, il était là. Pas farouche, il n’a même pas pleuré. Ce matin, ça s’est bien passé. Gaby était à l’école. Ce midi, le repas a été agité. J’ai couru. Mais, une chance : Lutin pas à moi est très sage !

Là, c’est la sieste. Ils dorment tous les trois. La chance du débutant ? On verra…

Posté par pitchval à 13:20 - Une bosseuse (mais pas trop) - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2007

Bienvenue à l’usine !

Jobs d’été bien rémunérés, jobs quand on a besoin de sous et qu’il n’y a rien ailleurs, jobs tout court… Bienvenue à l’usine. J’y ai goûté ! Quand on est étudiante, ou quand on débute dans la vie professionnelle, on sais pas toujours ce qu’on a réellement envie de faire. Quand on passe par la case « usine », on sais par contre ce qu’on ne veux pas faire. Je conseille d’ailleurs aux étudiants qui ont envie de mettre fin à leur études prématurément de passer tout un été à bosser dans une usine. Beaucoup seront heureux en septembre de reprendre les cours, croyez moi !

Que du négatif mes petites expériences en usine ? Non, ça apprend la vie….

J’ai fait ma premières mission en Usine l’été de mes dix sept ans.

Je suis au lycée et j’ai besoin de sous. Je m’inscris dans une boite d’intérim sans conviction… et quelques jours plus tard je me retrouve dans une grande boite, très connue à Nogent Le Rotrou pour une semaine. Bon, ça s’est plutôt bien passé. J’ai fait du contrôle qualité toute la semaine. Imaginez moi enfermée dans une petite pièce isolée phonétiquement à passer huit heures par jour à écouter des petits moteurs de climatisation de voiture tourner. Vous mettrez de coté ceux qui ont un bruit « louche » et gardez la majorité : ceux dont le ronronnement est normal et monotone. C’est pas très enrichissant, et puis après cinq ou six heures d’écoute on ne sait plus très bien distinguer un bruit monotone d’un bruit…bizarre. C’est un avantage certain, car à ce poste vous aurez droit à de nombreuse poses (d’oreilles surtout), mais poses quand même.

Eté de mes dix huit ans. Cette fois je veux bosser les deux mois (ou presque). Ma petite mission d’écoute de moteurs s’est bien déroulée l’an passé, et puis c’est différent, je suis majeure. On me trouve donc une première mission de quinze jours en juillet, dans un usine de ressorts (oui Madame !) dans une petite bourgade prés de Bellême. Pour entrer dans ce genre de lieu sombre et bruyant (et dangereux) il faudra vous munir de boules quiès, de chaussures de sécurité, et d’une blouse (tout confort) car c’est vraiment très très sale. Le travail est monotone bien entendu. Vous êtes tout seul, assis devant votre machine (très bruyante), avec pour seule compagnie un tas infini de cartons de ressorts de toutes tailles. La machine cruelle est une meuleuse. Vous meulerez en rythme des ressorts puant le métal huit à dix heures par jour. Au début, c’est plutôt laborieux. Vous n’arrivez pas à tenir les cadences. Tout est nouveau pour vous. Puis, vous vous prenez au jeu (car il n’y a pas d’autres distractions) et vous essayer d’aller vite, très vite, de plus en plus vite…tellement qu’après la mission le gentil chef vous présente un contrat pour le mois d’août entier. Vous avez besoin de sous, alors vous acceptez. Mais attention, en intérim, Valérie bossait à des horaires réguliers et normaux. En tant que salariée (même pour un mois) elle est tenue de faire « équipe ». Bon sang, que c’est cruel, les premiers jours ! La première semaine, vous pointez (et oui, on pointe vraiment, avec une carte..) à 5h pétantes et on vous libère en tout début d’après midi. La semaine suivant vous vous levez très tard et vous retrouvez votre machine après le déjeuner jusqu’au soir assez tard. L’usine, si vous êtes docile, vous aime tellement qu’elle vous convie le samedi matin. Chaque soir, vous avez les mains qui sentent le métal, les ongles un peu noirs, la blouse hyper crade, la tête en vrac, le cerveau inexistant, les oreilles en feu, les cheveux gras, et j’en passe…Pourtant, mon travail est fait tant bien que mal (ben oui je suis appliquée pour tout ce que j’entreprend en général) , et le 31 août le chef me demande si par hasard je ne veux pas rester. Mon Dieu… non ! Je me sauve ! J’adore l’école moi, depuis deux mois… pourvu que j’y reste le plus longtemps possible !

Quelques temps après je suis retournée trois semaines dans une autre usine de ressort (ben oui, dans les agences d’intérim, quand vous avez fait l’affaire pour un poste, on vous classe dans une certaine catégorie, et vous retrouvez votre étiquette de « meuleuse de ressorts » chaque fois que vous vous réinscrivez ! La seconde expérience dans ce merveilleux domaine qu’est le ressort durera trois semaines. Les machines étaient moins sales et mois bruyantes, les postes de travail assez rapprochés, et on pouvait discuter, ça fait passer le temps… m’enfin, rien de folichon quand même !

Eté de mes dix neuf ans. Val change de boite d’intérim car elle ne veux plus bosser dans le ressort, et pose quelques conditions : please, pas d’agroalimentaire non plus, par pitié !

Je me retrouve le lendemain (oui, si tôt que ça, l’été faut remplacer les ouvriers qui prennent un repos plus que mérité) dans l’unique usine de mon petit village. Elle emploie une centaine de personnes. Le secteur d’activité : produits managers, produits d’entretiens et autres…Attention, l’usine est classée SEVESO ! Il y a une atelier « hautement sécurisé » qui rempli des bombes aérosols. Le décor de la cours : grosse bombonnes de gaz prêtes à rayer le village de la carte. Vous comprendrez donc que les dirigeants et autres chefs ne mettent pas n’importe qui à n’importe quel poste.  La première semaine, je l’ai donc passée à l’emballage. J’ai des horaires de travail convenables. Mon rôle (hautement important) : emballer les petits sachets de poudre pour entretenir les fosses sceptiques par 16, et emballer à leur tour les boites de 16 dans de plus grand cartons. Matériel : une blouse, des lunette de protection (des fois qu’un carton vous explose à la tronche), les éternelles chaussures de sécurité, un stylo à bille (pour remplir les fiches de cadences) , un marqueur, et une schotcheuse. Mince alors, je préférais presque les ressorts. Je m’ennuie ferme. On me change de place enfin. Maintenant, je bosse à une machine qui remplit des tubes d’efface rayures pour les voitures. C’est un peu mieux. La machine n’est pas rapide. J’ai le temps de regarder autour de moi. J’envie presque les filles qui bossent sur les lignes de conditionnement. Une ligne, c’est un groupe d’ouvriers (là d’ouvrières en l’occurrence) qui répètent la même petite tache à la même place, chacune à son poste. C’est pas clair ? Mettons… un bidon de javel. La première sort les bidons vides des cartons et vérifie que le produit (l’eau de javel) est présent et s’écoule bien dans chaque bidon. La ligne motorisée fait avancer les bidons vides. La deuxième fille vérifie que la machine verse assez de produit dans chaque bidon, et que la machine à étiquettes colle bien une étiquette devant et une derrière sur le bidon. Elle vérifiera aussi le stock d’étiquette régulièrement. Une troisième fille mettra les bouchons sur chaque bidon qui se présente à elle (c’est très rapide) et la dernière , en bout de ligne, mettra les bidons remplis et étiquetés en carton.

C’est très pénible comme travail, sûrement, mais n’empêche que ça me tente bien. Au moins elles s’ennuient pas.. et puis elles tournent toutes les heures.. et elles discutent et rigolent un peu. Après quelques demandes de ma part et quelques compliments sur le façon dont sont scotchés mes cartons, j’obtient ce privilège et me retrouve sur une ligne. Les filles se connaissent entre elle, mais parlent facilement. Elles m’apprennent à aller plus vite (car je les retarde certainement un peu..).

J’apprend vite. Ça fait un mois que je suis là. On me demande alors de faire le mois d’août aussi. Pas de problème. Les lignes, c’est mieux que les ressorts, ça fait perdre du poids, et j’apprend des choses. Comment ça non ? Bien sur que si ! J’ai appris entre autre que le produit javellisé X avait exactement la même composition (et pour cause on changeait les emballages et pas le produit) que le produit Y qui est 30% plus cher ! Quelle arnaque !

Finalement non, le chef ne me laisse pas à ces lignes ci : la semaine prochaine, je découvrirai l’atelier surprotégé des aérosols. Mon impatience est vite remise en cause par mes collègues. Cet atelier c’est leur bête noire : le travail est difficile et dangereux, il y fait chaud, le chef est un tyran, les filles sont des garces, les produits sont toxiques…

Mince alors, j’suis pas rassurée, avec tout ça…

J’arrive aux aérosols. C’est clair qu’il y fait chaud, même très chauds. Les ouvrières me regardent de la tête aux pieds (arrêtez les flashs..) , on doit imperativement garder ses lunettes, et ne pas laisser apparaître une partie de son corps (pas de manches courtes, pas de shorts..). C’est sordide. Il y a un boucan d’enfer là dedans… comment on peut venir là bosser tous les jours depuis 10, 20, 30 ans ?

On m’intègre sur une ligne. C’e0st bien plus rapide et difficile qu’aux produits ménagers. Les filles t’aident pas (j’ai vu des nouvelles pleurer..). Il faut être vigilante (surveiller la pression des aérosols remplis, la dose de produits (sous peine d’explosion). Faut pas que son plateau d’emballage déborde, pour pas que les bombes se coincent et explosent. Faut surveiller le bain (a 50°, d’ou la chaleur qui règne dans l’atelier). Si la température monte, les bombes exploseront, si elle descend, on aura pas vérifié qu’elle tiennent le coup à 50°C . Quel malade peut acheter une bombe et la laisser dans un endroit improbable ou il fait 50° C? On m’explique que c’est une sécurité (par exemple, une bombe dans une voiture en plein soleil). J’apprend vite. Finalement, ça me plait. Je comprend alors que les filles ne sont pas de garces, c’est juste que les nouvelles doivent les craindre pour faire leur travail correctement…il y a trop d’enjeux. Je me fait quelques amies (et des ennemies aussi…) . Dans un usine, il y a de tout : des gentilles, des serviables, des gaies, des dépressives, des malades de travail (et oui, même sur une chaîne à l’usine..) . C’est une vraie comédie humaine, l’usine. Je m’aperçois de beaucoup de choses : certaines sont diplômées, auraient la capacité de faire autre choses, certaines sont restées là faute de mieux, par habitude, par dépit…D’autres ont choisi ce travail, sont acharnées, aiment leur ligne comme leur enfant. C’est effrayant !

J’y ai bossé longtemps, dans cette boite. J’y suis souvent retournée pour un, deux, trois semaines, un mois, deux mois…J’ai fait équipe la nuit aussi… J’ai fait toutes les équipes. Et je suis pas morte, mais de là à aimer….

Enfin, vient la dernière expérience. Celle ci est un peu particulière. Je suis entrée dans cette usine alors que je n’étais plus étudiante depuis un moment. J’y suis allée quatre mois faute de mieux. Parfois, dans la vie, on a besoin de gagner de l’argent, et les missions dans mon domaine d’activité ne sont pas très abondantes, surtout l’hiver… J’ai accepté ce travail pour attendre et chercher mieux, dans de meilleures conditions (c’est à dire avec un salaire). C’est pas grave, ça apprend la vie, et puis l’usine, j’connais, alors une mission de plus ou de moins…

Cap sur une fabrique de séchoir à linge à La Loupe. Premier jour. Ça va, je connais certaines des ouvrières, et aussi quelques hommes. Ça va m’aider…

Premier poste : une ligne de peinture et de finissions des dits séchoirs. Nous sommes quatre jeunes (cette ligne est spécialement, ou presque, squattée par des gens de passage, étudiants et compagnie). C’est pas difficile. Il faut accrocher les séchoirs sur des tringles qui tournent, comme un manège. On les accroche gris métal et ils ressortent blancs comme neige, comme par magie ! L’ambiance est bonne, on discute.

La semaine d’après, c’est moins réjouissant. Assemblage des fils de fer pour en faire une séchoir …on est seule face a cette petite presse et on assemble des tiges de métal toute la journée… le temps est long…

Moi, j’ai envie de goûter aux ligne du fond, celles ou les filles (embauchées) emballent les séchoir .. Ben oui, à chaque fois, j’me prend au jeu. Puisque j’suis là, autant tout tester et essayer, j’aime bien, je suis comme ça… non, je ne suis pas une acharnée (surtout de ce genre de choses) mais quitte à passer huit heure par jours dans un lieu, même hostile, autant essayer, découvrir, tester, apprendre, faire passer le temps que de se cantonner discrètement à une machine pourrie.

On me fait confiance. J’irai, mais on me préviens que les dames (une grande majorité d’ouvrières à passé les cinquante ans) sont pas faciles et qu’il faut suivre, et écouter, et être gentille, et bien travailler, et aller vite, et apprendre vite… ok !

Tant bien que mal j’y arrive. Je suis attentive, j’essaye de corriger mes erreurs, mes fausses notes, je suis souriante et agréable. Du coup, les dames sont compréhensives, et m’apprennent, et me corrigent. Elles parlent entre elles. Elles mettrons du temps à me dire autres chose que « plus vite, plus à droite, pas comme ça, oui c’est mieux.. » mais elle finiront par me parler.

Beaucoup n’ont pas la vie facile. Elles souffrent du dos, des articulations. Ici, malgré leurs rires et la convivialité, le travail est très physique, les séchoirs sont lourds, les mouvements précis et éreintants. Elles attendent toute la retraite (déjà ?) . Beaucoup font malheureusement plus que leur age. Certaines sont aigries, grisées et minées par l’usine… les jeunes les craignent, les détestent.. mais je comprend vite que c’est l’usine qui les a « connassées ».

Je resterai quatre mois avant de trouver un poste en tant qu’assistante et je suis partie finalement le cœur un peu lourd… de savoir que les autres resteraient.. encore longtemps… jusqu’à la fin pour beaucoup d’entre elles ! Elles ne s’en plaignent pas. Elles sont habituées. Elles s’entendent bien.. alors ? Pourquoi partir ? Et pour aller ou ?

« On sait ce qu’on perd, mais on ne sait pas ce qu’on retrouve… » … combien de fois ai-je entendu ce petit proverbe dans les usines ou je suis allée ?

Posté par pitchval à 13:57 - Une bosseuse (mais pas trop) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juillet 2007

Allons-y, premier récit de la série….

Automne 2001.

Je suis en dernière année de BTS.

Il me faut un stage.

Un stage de deux mois.

C’est ma dernière année d’école.  Je viens de décider que j’arrêterai là. Ce sera donc mon dernier stage en tant qu’étudiante. Au printemps dernier j’en avais effectué un super : dans un musée au nord de l’Angleterre. Cette fois mon porte feuille me conseille de rester en France. Pourtant, j’ai envie d’un bon stage, d’un stage enrichissant, passionnant. J’ai envie DU stage génial. Mais comment faire pour le dégoter ?

Envoyer des dizaines de lettres de motivations qui ne seront à peine lues, qui seront peut être filtrées, qui resteront vaines et sans réponse ? Arf…. Ou alors, aller me présenter à Valéo à Nogent le Rotrou et me retrouver dans un service commercial à taper des lettres (dans le meilleur des cas) et à archiver de vieux papiers inutiles et inutilisés…beurk ! J’veux un stage, un vrai !

Solution ? Ah mais c’est bien sûr : mon cousin chéri ! Val a un super cousin, qui vit en région parisienne, et qui a un réseau de connaissances… utiles ! Ah mais c’est bien sûr ! Un stage à Paris !

J’appelle mon cousin génial. Je lui confie la super mission ! Faut qu’il me trouve un stage. Je place la barre très haut (l’aime les défits mon cousin !) : si j’avais voulu faire un stage dans une agence bancaire ou immobiliere, ou dans une PME pas connue pour deux sous, j’aurai été postuler à Rémalard… Nan, je veux un stage passionnant, un beau stage, quoi !

« Je vais voir ce que je peux faire ».

Une semaine plus tard, il m’appelle. Bien sur, il n’est pas bredouille. L’a un stage pour moi, mon super-cousin.

Alors ? De quoi il retourne ? Le domaine d’activité ? Le lieu ?

Il me donne un nom et un numéro de téléphone. « Appelle pour avoir un rendez vous ! » .

Le lieu du stage possible ? La Maison de La Radio !

Val est satisfaite. Merci cousin !

Je ne téléphone pas le jour même. Il est de bon ton de savoir à l'avance qui va décrocher. J’ai un ami qui connait tout le monde, et tout sur tout. Son nom : Google.

Ni une ni deux, le Monsieur est référencé ! C’est le directeur des éditions sonores de Radio France, et il anime aussi une émission culturelle sur France Musique !

Whoua, c’est même pas un mec des ressources humaines ! C’est un décideur ! Pas de filtrage, pas de lettre inutile ! Merci cousin.

Enfin… est ce que je ferai l’affaire ? Bon, faut que j’appelle !

J’appelle. En effet, aucun filtrage. L’assistante me le passe directement, après que je me sois présentée. Le Monsieur est très occupé. Le ocntact est bref. Il me donne juste un rendez vous… la semaine d’après !

Ça serait peut être bien de me renseigner ? De travailler mon oral dans les langues étrangères ? De me renseigner un peu sur le service en question ? Sur Radio France en général ? Je fais tout ça ! Ce stage, je le veux !

Jour du rendez vous. Longue attente et mains qui tremblent. Le monsieur est occupé. Il m’a oubliée. Il est appelé par sa secrétaire. Il m’avait en effet oublié mais il va me recevoir. Je m’attend donc à un grand Monsieur hautain, dédaigneux, d’un age certain, un Monsieur austère, peut être même à un tyran ?

Non ! Il arrive et est désolé ! C’est un tête de linotte (on devrait s’entendre, alors..). Il est bien plus jeune que je ne l’aurai imaginé.  Il m’invite à m’asseoir autour de son grand bureau, dans une pièce immense  (avec vue panoramique sur Grenelle). Il me met à l’aise d’entrée de jeu. Il me pose des questions. Il ne me parle un peu en anglais. Je répond plutôt correctement (le stress est parfois source d’incroyables ressources). On discute de tout et de rien. Moi, j’ai pas envie de discuter, j’veux juste savoir si je serai prise.

« Les stagiaires ne sont pas rémunérés à Radio France, c’est comme ça. Par contre on paye la carte orange à nos stagiaires ».

M’en tape de pas être payée, moi j’veux passer deux mois ici !

« Par contre, les avantages sont nombreux… tu t’en rendras compte très vite ».

ET ? z’avez entendu ? ça veut dire qu’il me prend ?

« Tu commences quand ? »

Là, c’est sur, il me prend !

-                     Heu…Fin Octobre…

-                     Parfait !

Une vive poignée de main échangée, un « à bientôt » en complément, et je repars avec un stage !

Premier jour de stage.

Matinée passée avec le même Monsieur. Il me donne les consignes et le travail que j’aurai à réaliser pendant mes deux mois de stage. Me donnera tout le premier jour, et j’exécuterai les tâches dans l’ordre qui me plaira. Au programme :

Beaucoup de commercial :

-                     Un listing de maisons de productions court et long métrage (pour leur proposer quelques éditions sonores pour illustrer leurs films)

-                     Un listing de productions étrangère.. de tous les pays ! « T’inquiète pas ils parlent anglais ». Là, il me faudra leur envoyer un CD sampler pour leur faire découvrir des nouveautés. Ok ! Pas dure !

-                     Une semaine à tenir un stand au salon du livre et de la jeunesse (avec de moments de liberté pour visiter le salon) ! Génial !

-                     L’entrée libre à l’enregistrement de son émission « Parfois y’a des gens intéressants qui y sont invités ». Super, j’sais même pas comment ça se passe, un enregistrement d’une émission de radio !

-                     De tas de lettres à ouvrir, et des tas de réponses aux lettres à envoyer (des gens qui demandent le catalogue..).

-                     Quelques commandes à envoyer.

-                     Du temps libre pour découvrir ce splendide bâtiment rond qu’est la maison de la Radio . « Tu te perdras sûrement, tout le monde s’y est perdu au début…Oublies pas qu’il tourne, et tu retrouveras ton chemin » !

-                     Parfois son téléphone cellulaire en poche : tu réponds que j’suis pas là, tu prend les messages ! Ok, pas compliqué !

-                     Et beaucoup de petits « bonus »… Hein ? « Tu verras, tu en auras, des bonus…. »

Tout est noté. Au travail !

Je pratique mes langues étrangères, j’apprend de nombreuse choses, je découvre un panel impressionnant de musiques variées d’horizons divers. C’est génial !

Je visite, je découvre le bâtiment, je croise des têtes connues par ci pas là : Vous vous êtes déjà retrouvé nez à nez avec Cavada dans un ascenseur ?

Je répond au téléphone tant bien que mal.. Parfois j’ai des (bonnes) surprises :  Vous êtes ? Jacques Villeret ? (Garde ton calme Val  …).

J’ai visité le salon du livre et de la jeunesse … faut bien une semaine pour voir un salon dans son intégralité !

J’ai envoyé des mails, des fax, des coups de téléphone, des courriers des Cd….J’ai interrogé des employés, j’ai scruté leur manière de travailler. L’ambiance est bonne.

La barre est haute, ici… les employés sont en général … comment dire ? Passionnant, intelligents, intéressant ! Je les harcèle de questions.

La barre est haute ici. Les assistantes sont hyper spécialisées. Elles ont une culture impressionnante. Elles sont précises, leurs esprits sont vifs. J’adore !

La barre est haute, ici… des centaines de stagiaires passent pas là chaque année. De tous ceux que je rencontre je suis la moins diplômée. Y’en a de tous les horizons (enfin, tous les horizons d’une certaine élite, pour être exacte) : école de journalisme, IUT journalisme, beaux arts, écoles de commerce.. pour la plupart !

Et les bonus alors ? ah bon, ça ne vous suffit pas ? c’est pas assez bien déjà ? Bon, vous avez raison, il y a eut quelques bonus supplémentaires !

Croiser pas moins d’une poignée de célébrités chaque jour au hasard des couloirs qui tournent ? C’est pas mal, ça ? Des noms ? Louis Chedid et M, Stéphane Bern, Plastic Bertrand, Borhinger... et quelques journalistes connus et grands reporters....

Assister à des enregistrement de « voix » pour des publicités radios (c’est con mais je savais pas comment ça se passait).. et par le fait, découvrir le visage jamais télévisé de Jeannette, la copine de chouchou et loulou hihi !

Avoir accès aux plateaux télé…assister à plusieurs enregistrements des émissions de Delarue (Lui je l’ai pas croisé, il est … inaccessible !) …

Etre « de l’autre coté…apercevoir et tenter de comprendre le travail des techniciens du son, de l’image….

Se faire proposer (et accepter) tout un tas d’invitations pour des premières : théâtres, vernissages, opéra…

Et le meilleur, je l’ai gardé pour la fin.

Un jour, vers la fin du stage, alors que je peaufinais mon compte rendu de stage, une nana qui m’aimait bien me dit que je vais certainement remettre cette tâche à plus tard… « J’ai un truc génial ! Tu vas adorer » ! J’suis curieuse… « Suis moi… mais prend tout ce dont tu as besoin, on part pour l’après midi » !

Je suis surprise en la suivant car nous ne sortons pas du bâtiment. Nous prenons l’ascenseur vers le haut. Après avoir traversé quelques couloirs qui tournent, nous entrons dans un grande salle. Quelques dizaines de chaises y sont disposées, autour d’une petite estrade. Sur l’estrade, des techniciens ajustent un micro, installent une chaise et une batterie. Quelques personnes sont déjà assises sur les chaises disposées en rond, à attendre. La tension est palpable, les gens sont éxcités et impatients. Ma tête en dit long sur mes interrogations.

« T’en fais pas, tu vas assister à un truc que tu vas adorer. Tu fais partie des quelques chanceux qui la verront de prés… de très prés. Quand elle arrivera tu la reconnaîtras. Tu seras pas déçue ».

Ben oui, mais bien sur, c’est un concert privé…Whouha… mais de qui ?

« Attends, tu verras… moi j’suis super excitée… tu le seras aussi quand elle arrivera ».

Non, je ne l’ai pas été en la voyant arriver. Moi je suis une fille de la campagne, j’connais pas tout le monde. Moi, j’ai jamais mis les pieds au Québec. Moi, j’écoute que Goldman…

Une jolie jeune femme au cheveux longs et tiags aux pieds entre sur scène et est vivement applaudie (mince j’lai jamais vu, j’la connais pas !). Elle est belle, elle tient une guitare, elle s’assied sur la chaise, prés du micro sur pieds, elle salue tous les français présents. Quelle accent ! Pas de doute, elle vient du Québec !

Ses musiciens se préparent. Je ne sais à quoi m’attendre, j’espère que j’vais apprécier car je suis là pour plus de deux heures…

Première chanson : c’est sympa , ça change !

Deuxième chanson : formidablement bien écrit. Je demande à ma camarade si c’est elle qui écrit ses chansons : « bien sur que oui ! »

Troisième chanson : Bon sang, j’ai jamais entendu de chansons pareilles.

Je suis sous le charme. Je suis hypnotisée, lobotomisée par ce bout de femme. Je suis agrippée à ses lèvres, je ne veux pas en perdre une miette. Un vrai coup de foudre!

Je n’ai jamais  rien entendu de semblable. C’est magnifique, c'est merveilleux. J’affiche un sourire incontrôlable et éternel. Elle chante à cinq mètres de moi. Il y a une heure, même son nom ne me disait rien. Maintenant j’ai l’impression qu’elle chante ma vie, mes espoirs, mes doutes…J'ai l'impression qu'elle est ma soeur...

Je suis amoureuse. J’aimerai que le temps s’arrête. J’ai pas envie que ça se termine, j’veux pas partir, j’veux l’écouter chanter encore et encore.

Toutes les bonnes choses ont une fin. Le concert est terminé. Elle ne partira pas de suite. Elle se prête volontiers au jeu des photos, des embrassades de cette petite centaine d’admirateurs triés sur le volet.

Elle est simple, douce, agréable, conviviale, chaleureuse… comme le sont ses chansons. Je remercie la personne qui m’a conduite ici.

Ce concert… pfff… si il n’ a pas changé ma vie, il l’a égaillée.

Depuis ce jour de 2001, cette chanteuse bluffante est restée dans mon cœur. Tous ses albums sont chez moi. Elle fait partie des rares chanteurs et chanteuses dont j’achète les albums aveuglément, sans les avoir écouté au préalable, sans attendre la critique….et je ne suis jamais déçue !

Quelle chance j’ai eu en effet. Je ne le savais pas à ce moment là. Maintenant je la mesure : cette année elle est en tournée en France. Elle ne passe pas partout. Les places disponibles se font rares, ou bien c’est trop loin de chez moi…

C’est qui cette super-artiste-complète-que-j’aime-par-dessus-tout ?

Pas de description, pas de nom jeté… juste :

Posté par pitchval à 14:46 - Une bosseuse (mais pas trop) - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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