04 juillet 2008
Vacances d’été…
Ce soir, billet court et banal (un peu plus même peut-être que d’habitude !). J’ai pas le temps. Voyez, nous sommes vendredi soir et je n’ai toujours pas écrit mon défi du samedi. La honte !
Mais, comme vous pouvez le constater, j’ai encore le temps. Il me reste toute la nuit, s ‘il le faut. J’espère évidement que je pourrais dormir un peu, mais pour ça il faut que je commence tôt. Et pour ça, il faut que je me magne de servir mon petit billet journalier.
Ah, les vacances d’été…
Elles sont là ! Gaby a dit au revoir à sa maitresse hier. Ce sont ses premières grandes vacances. Alors, il comprend pas. Il pense qu’il va rester à la maison un temps indéfini et puis qu’il retournera dans sa classe. Je lui ai expliqué qu’après une bonne soixantaine de dodos, il retournerai à l‘école, mais dans la classe du maitre. Il ne me croit pas. « Les enfants de la classe du maitre ils sont plus grands. Moi je suis avec la maitresse parce que je suis dans les petits ».
Tant pis. Il verra par lui-même qu’il a grandi…
Vacances d’été, donc. Encore deux semaines et demi pour Manu. Départ le 23. En attendant, j’ai des milliers de choses à faire. Ben oui, j’ai pris un retard énorme. C’est comme ça ! J’avais pas envie de m’en occuper, mais maintenant, il va peut-être falloir, non ? Le mariage… arf ! Val, courage ! T’as du retard mais tu vas vite le rattraper, et tout sera fait à temps pour le départ. On y croit !
Vacances d’été dans Le Perche. Trois semaines (oui, je sais que je l’ai dit mille fois…). Trois jours de préparatifs intensifs, deux jours de fête et le reste, de repos. De repos ? Faudra quand même aller voir machin qui nous a pas vus depuis des lustres et truc aussi qui va dire que les enfants ont grandi.
Mais, à coté de ça, on pourra aussi passer du temps avec les amis, et puis faire des ballades en foret ou dans les petits chemins, et aussi se reposer à la campagne. C’est chouette, ça ! On va même aller faire un petit séjour à Paris. (dates non arrêtées).
Pour terminer les vacances d’été de Manu, nous irons passer quelques jours en Picardie chez des amis qui nous manquent. C’est pas beau, ça ? Nous ne connaissons pas du tout leur région, en plus.
Retour chez nous prévu pour le 17 aout. Manu reprendra le travail le 18.
ET ?
Eh bien, nous serions ravis d’accueillir des amis du 18 aout à la rentrée (d’autant plus que Manu bossera et que moi j’ai toujours le cafard quand je me retrouve seule après avoir été tant entourée…).
Ma boite mail est ouverte, et ouvre ma porte d’entrée…
Tout ça pour ça ! Un billet d’une page juste pour vous dire :
Si vous voulez venir, envoyez-moi un courriel !
23 juin 2008
Souvenir
J’étais rentrée la première. C’est moi qui avais les clefs. Je ne sais plus qui me suivait. En fait, je ne me souviens pas de qui m’avait accompagnée.
Rien n’avait bougé. Chaque meuble, chaque bibelot était à sa place. Un instant, j’ai cru, en entrant, que je rentrais chez moi après une journée de lycée.
J’ai ouvert toutes les portes et j’ai regardé chaque pièce attentivement. Les autres sont restés à l’entrée, ou quasi. Personne n’a osé circuler dans la maison. J’étais forte. Je ne pleurais pas. Je voulais que tout soit rapide. Je voulais être efficace. Je savais, à l’époque, réciter quelques formules pour que mon cœur se transforme en pierre.
Et puis, il a fallu faire l’inventaire… Le dilemme… Savoir prévoir en quelques instants si garder tel objet ou tel meuble me sera plus douloureux que de m’en séparer.
Les autres prenaient note de mes choix en silence. Parfois un acquiescement de tête, parfois un air surpris… mais ils n’ont jamais rien objecté. Des choses des pièces communes, je n’ai gardé qu’une vieille armoire et quelques bricoles.
J’ai demandé à entrer seule dans ma chambre. J’ai fait le tri sans aide. J’ai tout mis en carton, les yeux embués. Je me maudissais de ne plus réussir à réciter la formule. J’ai vidé ma chambre, et j’ai enchainé seule avec la salle de bain pour laisser le temps à mes yeux de s’assécher. J’ai refermé les portes sur mes cartons posés au sol, que quelques bras musclés viendraient récupérer en fin de journée. Et je suis retournée vers eux.
Il me restait une dernière épreuve. Celle que par dessus tout je redoutais.
J’ai dû entrer dans cette chambre vide, ouvrir l’armoire, et en sortir un costume que je savais ne jamais devoir revoir après. J’ai arraché d’un cintre le premier vêtement que j’ai vu, en me forçant à ne rien regarder autour. J’avais la nausée.
Je suis sortie, et je leur ai tendu l’habit en leur faisant croire que je l’avais choisi.
Ils m’ont posé la question pour sa chambre : son lit, son armoire, ses vêtements, son réveil, ses objets…
Je leur ai demandé, avant de fondre en larme, de tout balancer.
10 juin 2008
La seule, l’unique
Je lisais chez Pivoine, il y a déjà quelques temps, qu’elle se demandait si elle était la première pour quelqu’un. Moi-même, je ne m’étais jamais posé cette question avant. Par contre, elle m’a bien plu, cette interrogation, dans un sens…
Moi, suis-je la première pour quelqu’un ? Ou même, suis-je la seule, l’unique, pour quelqu’un ? Ou l’ai-je été ? Pure interrogation de Val l’égocentrique, je l’admets.
Et je suis heureuse. Car objectivement… oui ! Si, si !
Je suis la seule et l’unique maman de mes enfants. Oh, Elisa a déjà appelé ma meilleure amie « maman », mais ça compte pas. Oh, ils se trompent régulièrement en appelant leur Papounet « Maman », mais là encore, ça ne compte pas. Je suis la seule et unique Maman, pour mes enfants. Et puis, je pense que je suis la « première », également. Cette nuit, Gabriel a été malade. Malades, ils réclament à leur chevet Maman. C’est ainsi. Quel baume au cœur ! Première… jusqu’à ce que je sois détrônée…
Je n’aspire pas à être la première dans le cœur de Manu. Y a-t-il seulement un classement ? Si oui, je cède volontiers la place à nos enfants. Sans me forcer ! Et puis, mon cœur de Maman me dicte même de céder la troisième place à SA maman.
Si je ne suis pas la première, en revanche je suis l’unique . Et ça, déjà, c’est bien. Pas sa seule famille (le pauvre !), pas sa seule amie (quelle responsabilité ce serait !) , mais la seule sur bien d’autres points.
La seule à partager son lit.
La seule, probablement, à partager un grand nombre de ses chagrins.
La seule avec laquelle il ait un jour sérieusement envisager de se marier.
La seule à avoir co-conçu des enfants avec lui.
C’est chouette. Finalement, être la première, ce n’est pas ça, qui compte. Ce qui compte, c’est d’être la seule dans un (des) domaine(s) bien précis, je trouve.
Mis à part conjoint et enfants, ça marche aussi.
Je suis la seule à qui mes deux plus proches amies confient certaines choses.
Je suis la seule belle-fille de mes beaux-parents (mouarf !)
Je suis la seule qui ai donné des arrières-petits enfants à mon grand-père.
Sur mon lieu de travail, avant, j’étais la seule fille (ben quoi ?).
Bon, évidemment, pour les blog, ça marche pas.
Je ne suis pas la seule et l’unique bloggeuse que vous visitez.
Je ne suis pas la seule et l’unique bloggeuse à qui vous laissez de gentils commentaires.
Je ne suis pas la seule que vous aimez.
Je ne suis pas la seule fille.
Mais, je m’en remettrai ! Mon égo le prends plutôt bien (si, si ! ).
Sur les blog, on partage plus volontiers…
22 mai 2008
Rendez-vous nocturnes
Tu ouvres les yeux un peu au hasard au beau milieu de la nuit. Tu jettes un œil au réveil digital et tu te dis qu’il te reste encore quelques heures avant qu’il ne sonne. D’ailleurs, même ton compagnon dort encore profondément. La maison est silencieuse, la pièce obscure.
Tu ferme les yeux, tu te colles à lui et tu tentes de caler ta respiration à la sienne. Tu as un peu trop chauds, tu te tournes et te retournes. Tu fais des efforts mais le sommeil ne veut plus de toi pour le moment.
Tu n’as pas envie de te lever. C’est beaucoup trop tôt. Tu songes, tu t’agaces, et puis tu prends conscience que les idées que le sommeil a chassées hier au soir sont encore là. La nuit n’a pas su les effacer.
Le lit loge les plus grands bonheurs. Il n’est jamais le témoin des chagrins. Alors, tu te lèves doucement et sans bruit. Tu marches à tâtons jusqu’à la porte et tu vas te réfugier dans le silence de la nuit.
Tu te dépêches de rejoindre le canapé, seul spectateur de tes rendez-vous avec toi-même, car tes yeux commencent à se brouiller. Tu t’y assoies dans la pénombre, recroquevillée, les deux jambes jointes et pliées, enserrées de tes bras, tes genoux maintenus sous le menton.
Et là, seulement à ce moment là, tu te laisses aller. Tu ne retiens plus tes larmes. Tu ne t’essuies même pas les joues. Tu regardes les petites perles quitter ton visage et terminer leur course sur le tissus de ton pyjama.
C’est pour cela, que tu n’arrivais pas à te rendormir. Les idées avaient besoin d’être évacuées. Tu vides tout ton chagrin dans les ombres de la pièce. Tu n’arrives plus à t’arrêter. Tu dois aller jusqu’au bout. Jusqu’à ce que tes yeux s’assèchent. C’est la condition. Tu dois pleurer jusqu’à l’épuisement.
Tu ne sais pas depuis combien de temps tu es assise là, mais tes yeux brulant, que tu imagines gonflés et rouges de fatigue et de larmes, se tarissent. Tu t’essuies les joues à la hâte avec tes deux mains. Tu as la peau qui tire. Tu te lèves et tu allumes une petite lampe. Tu préfère ne pas te regarder dans un miroir. Tu ne te sens pas prête à retourner auprès de lui pour le moment, au cas ou un surplus de larmes reviendrait par surprise.
Tu te sers un verre d’eau, un café, une tisane. Tu prends un bouquin, tu allumes l’ordinateur, ou la télé, et tu t’occupes le temps de retrouver la sérénité et de terminer ta tasse.
Tu sors dans le noir et en t-shirt. Dehors il fait encore bien nuit. Tu allumes une cigarette et tu la fumes en frissonnant un peu. Tu ne penses à rien. Tu savoures ta solitude. Tu l’écrases à la moitié, et tu te dis qu’une cigarette nocturne et solitaire, c’est vraiment pas terrible.
Tu rentres à la maison. Tu éteins la lampe. Tu retournes t’étendre auprès de lui, qui dort toujours. Tu es épuisée et tes yeux s’embrasent. Tu te rendors paisiblement presque aussitôt.
Tes pleurs de nuit ont viré toutes les pensées.
Et quand, au matin, le réveil sonne, c’est tout sourire que tu te lèves pour affronter la journée. Personne ne soupçonnera jamais tes humeurs nocturnes.
16 mai 2008
Evasion
Il paraît que je cultive un art. Si, si ! Celui de l’évasion. L’art de la fuite. On me l’a dit récemment… Je ne sais pas si c’est vrai, ou si c’est juste une petite boutade d’un futur époux.
Comme il ne me ment jamais (jamais ! Je sais mieux que vous !). Je prends ses paroles pour des réalités.
Je m’exerce au difficile artifice qui consiste à prendre la fuite quand la situation l’impose.
Je m’exerce, mais je n’excelle pas. Il s’est moqué. Je pratique à solides doses, mais je ne fais aucun progrès. Aucun !
Ah ! Elle est belle, la simulatrice ! En réalité, il paraît qu’elle ne sait pas du tout simuler. Aucune disposition pour maitriser le procédé. S’en est presque ridicule.
Dans une conversation, quelle qu’elle soit, il m’arrive de m’échapper. Je prends la fuite (par la parole) quand la conversation m’emprisonne. Je m’éclipse le plus discrètement possible, mais… c’est pas discret !
Un exemple ? Ok !
Dans une conversation, on me pose soudain une question. Manque de bol (pour moi) la question m’embarrasse, me trouble, m’importune, me contrarie. Ou alors, une réponse franche de ma part ne me grandirait pas, ou j’en ai un peu honte. Qu’à cela ne tienne, comme je suis polie et sociable, et que je n’aime ni les conflits, ni rougir en disant une vérité qui ne m’est pas agréable, et bien je sors de la conversation par une porte dérobée.
En langage, qu’est ce qu’une porte dérobée ? Je vous explique : je répond évasivement, par un semblant de réponse qui n’est ni un oui, ni un non ferme, mais plutôt un chemin qui contourne l’obstacle.
Et je crois bien faire ! Et j’essaye que ma réponse ait l’air la plus distraite et la plus naturelle possible. Et ben… ça marche pas ! Il dit que ça marche pas, et que la personne, qui n’a pas reçu la réponse qu’elle attendait, a vu clair dans ma fuite. Surtout que… moi qui regarde en général mes interlocuteurs dans les yeux, dans ces moments là… je regarde ailleurs. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Enfin, il paraît !
Un exemple concret !
- Valérie ? Est-ce que parfois je t’agace ?
(Là, la personne attend un Oui ou un Non, ou , au mieux, un « Oui, parfois », ou un « Non, pas du tout » )
Et moi, surprise et décontenancée par cette question très directe, je commence par fuir la personne du regard, soi disant, et puis, je lui réponds, d’un air lointain et le plus neutre possible (enfin, ça, c’est ce que je crois !) :
- Belle-maman, les enfants vous aiment beaucoup, vous savez.
(Bon, là, je caricature).
Dans les cas les plus extrêmes, il paraitrait même que je bégaye un peu, que je cherche mes mots, que mes mains tremblent légèrement, et même que je rougis.
J’suis tombée de haut. Après m’avoir observée pendant plus de six ans, ce n’est que maintenant qu’il me dit ça ! Moi qui croyais que mon art de l’évasion et de la réponse approximative (pour m’éviter la terrible épreuve d’en formuler une vraie) fonctionnait à merveille !
On en apprend tous les jours, sur soi…
Bon, je sais, le billet n’ est pas terrible, mais hier soir, je me suis noyée dans le défi du samedi ! On ne peut pas être sur tous les fronts…
14 mai 2008
Seule
Il y a des jours ou je me sens bien seule… complètement isolée, en décalage avec le reste de mes semblables. Il y a des jours ou je me sens presque abandonnée, et ce mercredi était un jour de cette solitude détestée.
J’ai été seule toute la journée. Enfin, seule… avec les enfants !
Nous sommes entrés dans la période ou leur papa doit travailler beaucoup. Et nul besoin de la douceur des températures pour me le rappeler ! Son absence s’en charge. Il fait vide, à la maison…
Il fait vide dés le matin. Des obligations l’obligent à quitter femme et enfants à six heures. On se réveillera sans lui…
Il fait vide la journée. Evidement, ça ne change pas du quotidien, le vide de la journée, mais là, il est plus pesant qu’à l’accoutumée.
Et puis surtout, il fait vide le soir. Papa ne rentre pas avant vingt heures, le soir…
Et c’est long…Surtout que, il a tellement fait le vide, qu’il est vidé ! Une heure plus tard il sera couché . Et il fera vide jusque tard.
Alors, je sais que c’est nécessaire et inévitable. J’ai bien conscience que je suis loin d’être la seule à avoir l’impression de tout gérer à la maison. Souvent, je le vis très bien. Seulement, parfois, le vide est un peu plus lourd. Et là, mercredi, il a pesé dix tonnes.
On est mercredi et au réveil, Papa est déjà parti depuis longtemps. Tant pis, le matin, on est souvent tous très occupés. A midi, on mange tous les trois, et on en a l’habitude.
Mais l’après midi…
Ce mercredi après midi m’a étouffée.
Etouffer de solitude, c’est pas banal ! Pourtant c’est plutôt approprié. Un drôle de chagrin m’a étranglée. Les lutins dormaient, et moi, je me suis sentie énormément seule. Amèrement seule.
Oh, ce n’est pas une question de manque de tâches à accomplir. D’ailleurs, j’ai pas encore rempli les déclarations d’impôts, j’ai du linge à repasser en permanence et mes plantes en pot attendent leur nouveau terreau depuis des lustres. Non, ce n’est pas réellement de l’ennui…
Est-ce vraiment de la solitude ? On est trois, avec les lutins ! Comment oser prétendre qu’on est seule quand on a deux adorables bambins autour de soi ?
Non, c’est cette impression de désert à perte de vue… C’est le fait de savoir que quand il rentrera, vers vingt heures, et que je lui dirai bonsoir, ce sera le premier adulte avec qui j’aurai eu une conversation depuis la veille au soir.
Que dis-je ? Conversation ! Il sera crevé. Il parlera peu et pensera déjà à aller se coucher. Une heure après son retour, il sera couché…
C’est le fait aussi de diner seule avec les enfants, un peu fatiguée moi aussi de m’en être occupée seule depuis le matin.
C’est le vide !
Evidement, je ne supporte pas ces quelques mois aussi mal. Heureusement, parce qu’autrement …
Non ! C’est chronique !
Par exemple, je vais bien mieux le supporter les jours d’école, ou quand il fait beau, ou quand une amie passe, ou quand…
Ce mercredi, non ! Pas de ballade à la plage, ni de jeux au parc, ni de gouter dehors. Il a plu une bonne partie de la journée…
Le vide ! Le vide !
Et le pire (enfin, non ! Tant mieux pour eux !) c’est que j’ai l’impression que ce vide ne les atteint pas, les petits… Il se sont bien amusés, j’ai l’impression… Papa ne leur manque que s’il est absent au moment du coucher. Autrement, ils y pensent pas.
J’ai bien essayé de jouer avec eux, pour tromper mon vide…comme une petite fille mise à l’écart des groupes, dans les cours de récréation :
- Gaby ? Je peux jouer avec toi ?
- Oui, Maman.
- Tu joues à quoi ?
- Au chevalier vert !
- Tu m’expliques…
- Ben toi, Maman, tu cours et moi je cours derrière toi avec mon épée.
- Ah ! Tu veux pas plutôt qu’on fasse un puzzle ou de la peinture?
- Non ! Mais si tu veux on peut jouer à Spiderman .
J’ai tenté aussi avec Elisa, mais j’ai lu dans son regard méfiant :
« T’as pas intérêt de venir m’embêter, Maman ! ».
J’ai laissé tomber…
Le vide !
Le vide qui me fait penser, parfois, que si nous n’avions pas déménagé, ces jours là, je tuerais mon vide chez mon Papy, ou avec ma meilleure amie.
Le vide qui me fait regretter de ne pas vivre à coté de la famille, ni des amis proches, et de ne pas connaitre les voisins…
Le vide qui me ferait presque espérer que le facteur sonne pour apporter un colis, ou qu’un agent EDF passe relever le compteur…
Le vide qui me rend un peu inerte, et me laisse un mauvais gout de « journée pour rien »…
Le vide qui me fait dire que, sans le voir, je ne suis rien.
Pourvu qu’il fasse beau, ce jeudi ! Pourvu qu’il fasse beau… parce que je l’ai vaguement entendu parler de douze ou treize heures de boulot !
Bon, et puis, surtout ne faites pas attention à ses pleurnicheries !
Faut toujours qu’elle se fasse plaindre, celle-là ! C’est pas croyable…
Et croyez-moi, si vous rentrez dans son jeu, vous n’allez plus vous en sortir !
J’vous aurais prévenus…
12 avril 2008
Qui est « moi » ?
Au choix : Texte 1 ou texte 2. Deux descriptions qui cohabitent parfois bien volontiers, parfois non sans discorde.
Texte 1
Val a vingt six ans et est maman. Elle a voulu donner la vie très tôt. Elle n’a aucun regret. Le père de ses enfants est probablement l’homme de sa vie. Val a voulu avoir un enfant « tout de suite et maintenant » parce qu’elle se sentait prête, et qu’elle se languissait d’être maman. Son amoureux na pas vu d’objection (comme souvent). Elle a concilié vie professionnelle et bébé pendant un an, puis a décidé de se consacrer à son foyer quand sa fille est née. Depuis bientôt deux ans, elle est à la maison à plein temps pour prendre soin elle-même de ses enfants. Elle pense qu’ils ont énormément besoin de leur maman pour l’instant, et qu’elle verra plus tard. C’était un choix. C’est toujours un choix. Réfléchi et concerté à deux.
Val s’épanouit à la maison, en marge de ceux qui travaillent à l’extérieur. Elle vit au rythme de ses enfants : école, siestes, repas, bains, activités, jeux. Certains la plaignent d’autres l’envient. C’est selon la personnalité de chacune.
Elle vit au rythme de ses enfants, et elle trouve ça bien. Ça l’arrange. Elle est bien loin du stress du rythme qu’impose le fait de travailler. Elle vit aussi au rythme de leur papa : lever, départ, retour, semaine, week end, jours fériés, heures sup ‘… Elle l’embrasse le matin en lui souhaitant une bonne journée, et est heureuse de le voir rentrer le soir (de préférence tôt).
Elle va se marier et c’est dans la logique des choses. Après les enfants et la maison, il fallait ça … Elle va se marier et est contente. Elle n’aurait voulu personne d’autre pour mari…
Elle n’a pas le sentiment de se sacrifier. Elle est heureuse et se sens privilégiée de pouvoir passer autant de temps à prendre soin de ses proches et à faire tourner la maison.
Parfois, elle se dit qu’elle ferait bien ça toute sa vie… Elle n’est vraiment heureuse que depuis qu’elle a ses petits. Elle se sent utile à leurs cotés et aime leur apprendre une multitude de choses. D’ailleurs, elle se dit que plus ils vont grandir et plus il lui sera possible de les ouvrir à tout un tas de choses intéressantes.
Parfois, elle se dit qu’elle aimerait bien, plus tard, se consacrer entièrement (ou presque) aux enfants. Parfois elle redoute le temps ou ils auront moins besoin d’elle. Elle se sentira peut être inutile ?
Val est mère au foyer, pour le moment, et souvent elle est satisfaite de sa condition.
Texte 2
Val a vingt six ans, et le fait d’être maman ne lui suffit pas. Elle a été maman tôt. Elle n’a aucun regret. Le père de ses enfants, qui est probablement l’homme de sa vie, elle se dit qu’elle aurait aimé le rencontrer quelques années plus tard. Pas pour faire d’autres rencontres avant, non ! Mais pour voyager un peu ? Pour vivre seule ? Val n’a jamais vécu seule.
Bien qu’elle ait choisi une voie qui ne lui plaisait guère, elle s’est épanouie dans son travail. Elle a fini par aimer ce qu’elle faisait. Mais elle a dû le quitter, cet emploi, pour suivre son conjoint au bord de la mer. Oh, elle l’a fait de bon cœur. Elle aussi, elle espérait partir…
Elle aurait pu en chercher un autre, mais une petite fille est arrivée, et elle n’a pas eu le cœur à laisser ses deux bébés en garde. Elle a choisi de rester à la maison pour leur bien être. Il y a bientôt deux ans, elle s’est écartée des activités intellectuelles et de la société, un peu. Elle pense qu’elle est jeune et que rien n’est immuable, et qu’elle aura bien le temps de replonger plus tard, quand les petits iront à l’école. C’était un choix. Du cœur. Le papa des lutins a adhéré.
Val ne s’épanouit pas tous les jours, à la maison. Elle se sent en marge de ceux qui travaillent. Elle vit au rythme de ses enfants, et pour compenser, vole du temps qu’elle grappille au gré des siestes et des nuits des petits. Du temps pour lire. Du temps pour écrire.
Elle vole du temps, et ça l’arrange bien. Une bouffée d’air. Elle a besoin de cet échappatoire. Qui peut vivre sans stimuler son esprit (si petit soit-il ?). Certaines y arrivent. Elle, non. Elle ne vit pas vraiment au rythme de son mari. Elle trouve un peu pitoyable que la vie d’une femme se résume à attendre son époux, ou à être dan son ombre. Elle est heureuse parfois quand il rentre tard, car si les enfants sont couchés elle a du temps pour elle. Elle ne vit pas ses absences comme un déchirement, mais comme du temps sacré…
Elle va se marier parce qu’elle l’aime, mais elle ne veut pas renoncer à sa liberté. Personne ne lui demande ça, et c’est tant mieux. Elle va se marier, mais elle sait qu’elle ne sera jamais « collée » à lui. Parfois elle apprécie quelques jours de solitude. Parfois elle s’imagine partir quelques jours en voyage sans lui.
Elle a le sentiment de se sacrifier un peu, parfois… Tout est relatif, car c’est un choix, après tout… Bien sûr, elle est heureuse, mais il lui manque ce petit quelques chose qu’elle recherche… Elle voudrait faire autre chose que de veiller au bon fonctionnement de son foyer. Quelque chose pour elle seule.
Parfois, elle se dit qu’elle ne fera pas ça toute sa vie… Elle n’est vraiment comblée que lorsque qu’elle peut également rassasier ses autres appétits. Elle aime leur apprendre beaucoup de choses, et être présente pour les enfants, mais parfois elle le vit comme un devoir. D’ailleurs, elle se dit que plus ils vont grandir, et plus il lui sera possible de s’ouvrir sur une multitude de choses passionnantes.
Parfois, elle se dit qu’elle aimerait bien, plus tard (ou pas) se consacrer aussi à autre chose. Parfois, elle attend avec impatience le temps ou ils auront un peu moins besoin d’elle. Elle se sentira prête à passer à autre chose.
Val est mère au foyer, pour le moment, et aspire de plus en plus à autre chose…
Pour lire les defis (ou participer, il est encore temps...), c'est là!
31 mars 2008
Mon unité centrale a chopé un virus…
Ce qui explique l’absence de billet…
C’est un méchant virus, qui m’a empêché, dimanche soir, d’écrire mon billet du lundi qui devait parler de deux essais que je viens de lire.
C’est un virus coriace, qui m’a fait dire, ce lundi matin « oh, ben Gabriel, il ira pas à l’école aujourd’hui . Pas la force. Encore moins le courage. Alors il ira pas…».
C’est un virus qui empêche également l’accès aux fourneaux. Si, si ! Pour la première fois de ma vie, j’ai servi à mes enfants un bol de grains de blé soufflé enrobés de caramel en guise de déjeuner. Oui, ça s’appelle des smacks, si vous voulez…Ils ont été surpris au début mais ma foi, la surprise passée, plutôt heureux de mon infortune.
C’est un virus mesquin puisqu’il me courbature tous mes muscles, même ceux du périnée ! Vous le croyez, ça ?
Mais c’est un virus facilement repérable, puisque Manu, à son retour ce soir, a tout fait, du diner au bain des enfants, en passant par un peu d’entretiens domestique et par le couchage des petits, sans broncher et sans rechigner, pendant que j’attendais je ne sais quoi, assise je ne sais plus ou…
C’est un virus sournois et trompeur. Je croyais aller mieux en fin de soirée tout à l’heure. Je me suis assise quelques instants sur le canapé, et je me suis mollement endormie. Je viens de me réveiller.
Je suis malade, quoi !
Et j'ai pourtant un anti virus performant...
28 mars 2008
Comme un besoin pressant…
Hier au soir, on me demandait si j’avais commencé (ou terminé) mon défi du samedi. Je n’avais encore rien écrit. Je n’ai toujours rien écrit. Et je ne m’en inquiète pas. Je sais que je serai bien plus efficace ce soir. Si je commençais avant ça serait fade, je le sais. Du moins, je l’imagine.
Je vais ouvrir ma page blanche tard ce soir, et je suppose que tout ira très vite. Bien sûr, j’y ai pensé plusieurs fois cette semaine, à la consigne, mais sans rien écrire. Inutile d’écrire des bribes qui ne me plairont plus ce soir et que j’effacerai sans pitié. Je préfère attendre le dernier moment et travailler dans l’urgence. Là je serai efficace ! Je suppose que dés que j’ouvrirai ma page word toute blanche les mots me viendront d’eux même et mes idées de toute cette semaine me reviendront sans mal. Je taperai frénétiquement sur les touches de mon clavier et une heure plus tard le tour sera joué. Je suppose…
Je le suppose parce que d’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours fait ainsi. Au collège, déjà, je planchais sur mon sujet de rédaction la veille au soir. Evidement, j’y avais pensé dans le car les jours d’avant, ou à la cantine, ou le soir avant de m’endormir. En fait, j’écrivais mon texte mentalement avant de le retranscrire. Il paraît que mon procédé est mauvais. On m’a souvent dit que ma technique était très discutable. Et moi je réponds que j’écris mieux dans l’urgence. Bizarre, hein ?
Je me souviens de cette rédaction d’anglais (la première de ma scolarité) en classe de troisième. Nous avions deux semaines pour remplir une feuille A4 recto-verso. Sujet libre. Je l’ai fait à la récréation de midi, juste avant le cours , sur un banc, dans l’urgence, au soleil. J’ai eu la meilleure note de la classe. Malgré quelques fautes d’étourderie ou de conjugaison, mon prof avait été très surpris par mon style et mon idée originale (si, si , j’vous jure !). Alors, j’ai gardé ma méthode…
Je ne l’ai pas adoptée uniquement pour l’écriture. Examen blanc de maths, en terminale. Trois heures d’épreuve. J’ai tout fait d’un trait, sans lever le nez. J’ai tout résolu dans l’urgence, comme s’il s’agissait d’une course contre la montre. Il m’a fallu moins de deux heures pour tout terminer. J’ai eu une très bonne note.
Je ne sais pas faire posément. Je ne sais pas écrire calmement. Je ne sais pas prendre mon temps pour ce genre d’activité. Ça me fait du tort. Si ! J’ai déjà essayé de suivre les conseils du prof de philo ou du prof de lettres : une demi heure pour décortiquer le sujet, une heure pour un plan détaillé, une demi heure pour rédiger l’intro et la conclusion, une heure trente de rédaction, et puis trente minutes de relecture.
J’ai essayé la méthode, et je me suis perdue. Désorientée dans mon propre plan ! Embrouillée par mes réflexions et mes notes. Au bout d’un certain temps je m’égare, je perds le fil de ma pensée, mes idées deviennent plus floues. Quatre heures, c’est trop long ! Mon esprit divague…
J’ai besoin d’écrire dans l’urgence. Plus le temps est réduit entre la première lettre et le point final, et plus je suis satisfaite de mon texte. Je ne sais pas faire autrement, en général.
Et puis c’est plaisant. D’écrire ainsi, c’est plaisant ! C’est une fureur qui vient tout à coup. On a une idée ! Chouette ! C’est l’heure ! Si pour une raison ou pour une autre on sait qu’on aura pas le temps de tout rédiger, mieux vaut garder l’idée en tête et remettre la chose à plus tard (le soir, en général, dans le silence et la solitude).
C’est l’heure, alors il faut tout coucher et vite ! Le temps presse, car autrement on perds des idées en chemin. On est dans cet état d’emportement qui nous fait avancer à fond de train. C’est enivrant…
La vivacité et le rythme soutenu font partie du rituel. Sans eux c’est moins intense. Sans l’urgence c’est moins jouissif.
Bien sûr, quand je prends mon temps je fais moins de fautes. Certainement…
Bien entendu, je manque cruellement de discipline, et je me doute que c'est pas comme ça qu'on progresse...
Mais je ne suis pas satisfaite autrement. Les textes que j’ai écrits en plusieurs fois ou nonchalamment sont pour moi les plus mauvais. Etrange…
Et vous ? Comment écrivez-vous ?
Oh! J'allais oublier!
Et pour les âneries, à votre avis? J'vais vite ou pas?
20 mars 2008
J’peux pleurnicher ?
J’ai juste envie de geindre un petit peu comme Gaby le fait souvent.
- HOUIIIIIN
-Qu’y-a-t’il ?
-Moi j’ai trop chaud !
-Ben enlève ton pull.
-HOUIIIIN. Oui, mais moi j’avais envie de le garder parce qu’il est beau mais j’ai trop chaud. Houiiiiin. !
Quelques gémissements déposés ici, des plaintes sans importance et des petits chagrins. Et après, ça ira déjà mieux.
Cette nuit, on nous a volé les clignotants sur le véhicule d’entreprise de Manu. La poisse ! Troisième vol depuis décembre. Une fois nos vélos, et deux fois sur un véhicule professionnel (la première fois c’était les enjoliveurs d’un utilitaire). Mare !
Bon, alors… mêmes formalités que l’autre fois.
Prévenir son patron, aller déposer plainte, donner la plainte à son employeur qui se fera rembourser par son assurance. Mais, c’est vraiment exaspérant ! La police nous dit que les vols et infractions dans notre avenue sont très fréquents (ah, ben au moins, on se sent moins seuls !). Pff !
La poisse ! La voiture, ça ne suffisait pas, faut croire…
D’ailleurs, la voiture ! L’assurance ne nous l’a toujours pas remboursée, mais bon en attendant, on a dû en acheter une autre. Donc, on a plus de sous. On y a mis toutes nos économies, dans c’te fichue voiture ! Et on attend …
Et puis comme il y a la franchise, plus la nouvelle carte grise… ben même quand on aura été remboursés on n’aura pas plus de sous !
Et comme l’accident a été brutal ça a endommagé un siège auto (d’enfant) , et comme on ne retrouve pas la facture c’est très ennuyeux…
C’est ennuyeux…
Nos soucis avec la maison sont fatiguant, aussi…Nos volets ne sont pas réparés (ils sont neufs mais n’ont jamais vraiment rempli leurs fonctions de volets). L’entreprise de pose dit que c’est la faute du fournisseur (défaut de fabrication). L’usine en question dit qu’ils ont été mal posés, et les ouvriers qui les ont montés disent que ce type de volet était inadapté au format de nos fenêtres . Et nous on dit que le commercial n’a rien objecté quand on a choisi ceux-là, et le métreur non plus d’ailleurs !
Mais nous, on s’en fiche, de qui c’est la faute. Nous, on a payé et nos volets laissent passer la lumière alors qu’ils ne devraient pas. Nos interlocuteurs sont toujours courtois au téléphone (c’est la moindre des choses !) mais nous disent qu’ils passeront bientôt voir… bientôt !
Avec tout ça, et bien nous voulions passer Pâques dans le Perche mais nous n’irons pas. Déjà on a plus de sous (j’vous promets que ce billet n’est pas un appel aux dons ! Je préfère préciser hihi), et puis à cause de toutes les démarches qui se sont imposées à nous on est en retard dans les faires parts. C’est pour ce week end…
Tant pis, les enfants ne chercheront pas les œufs avec mamie et les cousins . Il y a pire, dans la vie…
Et puis c’est embêtant, ce mariage, parfois ! A t- on la poisse aussi ? On a choisi la date un an avant, mais depuis la famille de Manu a connu un deuil et puis les gens les plus proches de nous se sont séparés il y a peu. Arf ! C’est chiant (même si tout le monde nous dit qu’on peut pas prévoir ces choses là et qu’il y aura toujours quelques chose et que faut pas dire ça !).
Bon, ça fait du bien de pleurnicher un peu. Ah ! ça soulage !
Et puis, pour relativiser, je peux trouver des choses positives à écrire. Demain, Gaby fait carnaval à l’école. Chouette ! Demain après midi, Papa s’est libéré pour l’événement ! Appareil photo et caméscope pour couvrir le défilé des lutins déguisés ! Pourvu qu’il ne pleuve pas…. Avec la chance qu’on a…
Et puis, ce week end on leur cachera des chocolats dans le jardin. Première année dans notre maison à nous ! On va inaugurer la première chasse aux œufs dans notre petit nid. Pourvu qu’il ne pleuve pas…. Avec la chance qu’on a…
Et puis il fait beau et il y a du soleil. Et puis j’aime bien ma nouvelle voiture. Et puis nos faire parts sont jolis. Et puis ça me plait à nouveau de préparer le mariage (même si là encore il y aurait des choses à dire, mais passons…).
Ouf ! Voilà ! Ah ! Merci ! Vraiment ! Je fais comme les bébés ! Des pleurs de décharge ! Pour enlever la tension. Maintenant j’suis bien plus sereine.
Bon, et puis je sais que tout cela n’a pas tant d’importance que ça, finalement.
Vous pouvez me faire un câlin si vous voulez (moi j’aime bien !), mais ne me dite pas « Oh ! ma pauvre… », mais plutôt « Val, t’es en bonne santé et tes enfants aussi . Tout le reste ne compte pas et dans quelques temps tu auras oublié, alors cesse de pleurnicher ainsi ! ».