Val ...

Que c'est dur de trouver une description à la fois courte, attractive et de qualité. J'sais pas faire...

03 juillet 2008

Craintes nocturnes

Autant de temps qui me sépare du séjour que de temps qui lui sera consacré.

C’est long et c’est court.

Trois semaines, c’est rien… le dernier grain de sable du sablier qui compte le temps de préparatifs.

Trois semaines, c’est énorme. Trois semaines là bas, c’est du jamais vécu auparavant. Au paravent ? Justement non…

Trois semaines, c’est anodin quand on les prévoit à l’avance et que ça reste lointain et flou, comme un projet à peine concret.

Trois semaines, c’est effrayant quand c’est dans trois semaines et pour trois semaines, justement.

Envie de changer d’avis, de faire valoir mon bon droit en brandissant mon règlement qui m’octroie un délai de rétractation. Le temps presse…

Moi, j’veux des vacances. J’veux pas y aller, comme pleurnichent les gamins à la veille du départ pour la colonie.

Trois semaines, c’est bien trop éternel, finalement…

J’vais pas pouvoir. Pardon !

J’annule. Je clique sur « supprimer », ou tout au moins je zip le fichier.

Restons raisonnables ! Enfin, Val… trois semaines ? T’avais perdu la raison, ou quoi ?

Raisonnables, tout en restant convenables :  4 jours ?

On a dit convenable, Val ! Là c’est indécent…

Coupons la poire en deux : 8 jours !

Arf….

Et lui ? Fais-le pour lui…

C’est un prudent… Frileux, il se cache sous le col de son manteau. Il donnerait une année entière pour la paix. Je lui donne le prix Nobel.

Frileux il est à toutes les saisons. « Comme tu veux ».

Restons trois semaines, alors, mais louons un gîte…

« Inconvenant ».

Inconvenant, mais pacifiste, Monsieur Armistice !

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30 juin 2008

Terre d’asile

J’ai été occupée ce dimanche et ce lundi. Occupée signifie, pour vous, qu’il n’y a pas eu de billet ni de visites chez vous. Je vous en explique les raison aujourd’hui. Non pas pour me justifier ! Juste parce que ça me fait plaisir de raconter (et puis surtout ça vaut pas moins un billet que mes broutilles de d’habitudes !).

Dimanche j’ai passé la journée à faire bruler un tiers de mon épiderme à 32°C à l’ombre et sous un soleil de plombs sans ombre tenir un stand à un vide-grenier avec des copines.

Quoi ? Combien j’ai gagné ? Heu, ça dépend… vous voulez dire avant, ou après le passage à la pharmacie et la facture en Biafine et tulles gras ? Auxquels il faudra en plus déduire le prix d’un remède qui m’est encore inconnu pour effacer ces deux fines bretelles blanches que ma robe de mariée ne possède pas.

Dimanche soir, nous recevions des amis parisiens percherons.

Faut savoir !

Ces jeunes percherons ont quitté le perche à tout juste vingt ans pour remplir les pages blanches de leur vie de jeune couple en Ile de France.

Douze ans et un enfant plus tard, leur quotidien urbain leur pèse. Ils ne sont pas venus ici en weekend récréatif, mais en investissement sur leur vie future.

J’explique !

Elle est salariée dans une grande Entreprise De France. Six ans qu’elle négocie pour une éventuelle mutation en province (sans résultat jusqu’à présent)… et paf ! Voici quelques semaines, on lui propose La Rochelle ! Ils sont ravis. Ils sont arrivés hier au soir à la maison parce qu’elle avait rendez-vous ce matin très tôt. Pour sa future mutation !

Ils sont venus sans l’enfant (non pas tant qu’il avait école mais surtout pour ne pas lui donner de faux espoirs… on ne sait jamais…).

L’entretien s’est très bien passé. Le chef de service qu’elle a rencontré lui a plus parlé de choses pratiques (telles que le déménagement, la recherche d’un logement et les horaires de travail) que d’un éventuel soucis qui compromettrait sa mutation . Elle pense que c’est acquis.

Ils ont raillé qu' ils allaient  prévoir et mettre de l'argent de coté pour payer... l'ecran total et la biafine!

Ils sont vilains, avec moi...

Nos amis d’avant, que nous croisions dans le Perche (et en coups de vent) les rares fois ou nous avions la chance qu’ils passent quelques jours en famille en même temps que nous, vivrons ici à l’automne.

Après un restaurant, en terrasse, en bord de mer et une ballade sur la plage, c’est deux enfants excités que j’ai redéposé à la gare tout à l’heure.

Je les comprends.

Et d’ailleurs, moi aussi, j’ai hâte…

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18 juin 2008

Le temps des cerises

Est-ce que vous me croyez, si je vous dis que je croule sous les cerises ? Et pourtant, nul cerisier dans notre terrain.

Mais nous croulons sous les cerises.

Tant mieux ! Les enfants adorent ça. Mais il y en a bien trop !

Mais d’ou viennent-elles, toutes ces cerises ?

En fait, Manu, en ce moment, travaille chez un couple de retraités très gentils. Leur cerisier est énorme. Mais des cerises, ils n’en mangent pas. Je ne me souviens plus bien pourquoi, mais il me semble que les raisons sont médicales. Les oiseaux en mangent beaucoup, mais il en reste encore des tonnes, dans l’arbre.

Un jour de la semaine dernière, le monsieur, très aimable me dit Manu, lui a demandé s’il en voulait quelques unes pour rapporter aux enfants. Manu a accepté. Le Monsieur lui a rempli un sceau.

Gêné, Manu lui a dit qu’il aurait été les cueillir lui-même. Le monsieur, très agréable que dit Manu, a dit que ça ne l’avait pas dérangé d’en cueillir. Il aime bien.

Bon ! Les enfants ont étés ravis et moi aussi. Le lendemain, Manu transmet nos merci au couple.

Le lendemain soir, le Monsieur lui tendait à nouveau un gros sceau de cerises.

Les enfants s’en sont gavés tout le week end.

L’histoire ne s’arrête pas là. Cette semaine encore, chaque soir, à 17h précises, le monsieur tend un sceau rempli de cerises à Manu.

Elles sont très bonnes mais on croule sous les cerises. Manu a bien essayé de le dire… mais l’épouse du monsieur lui a répondu que si c’était trop pour tout manger, l’épouse de Manu pourrait toujours en faire des confitures ou bien un clafouti ou bien les offrir à ses voisines. Eux n’en veulent pas, et ils trouvent dommage qu’elles se perdent.

Ils pourraient eux aussi en offrir à leurs voisins mais ceux-ci ont déjà un cerisier.

Ce soir, un autre sceau. Le frigo est rempli de saladiers de cerises. Manu n’ose pas refuser pour ne pas vexer les gens, car ils sont vraiment adorables, ces petits retraités.

J’ai ai donné à des mamans à l’école. J’en offre aux gamins quand ils font tomber leur ballon dans mon jardin. J’en donne aux enfant midi et soir (et au gouter aussi), mais plus les jours passent et plus il y en a.

Et Manu n’ose toujours rien dire…

Ça leur fait tellement plaisir de les donner… Et puis, le monsieur, Manu l’a vu faire, il se met à la cueillette dés 16h15. Chaque jour, comme un rituel…

Ils sont tellement contents d’avoir quelqu’un en permanence chez eux…

Bon, Val, tu vas vraiment les faire , ces confitures ! Le chantier ne sera pas terminé avant la fin de la semaine prochaine !

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05 juin 2008

Brume

Il faut que j’écrive une lettre. Impératif.

Rédiger un courrier. Je retarde l’échéance, mais je ne vais plus pouvoir.

Devoir moral. Intuition de faire ce que je juge bien. Mais corvée !

Accoucher par écrit de phrases de réconfort, je ne sais pas faire.

Mots confus et gauches, qui sont sensés apporter un peu de soutient moral . Maladroits, futiles, presque contraints. Accouchement dans la douleur.

Calamité.

Les dernière fois : Une semaine à penser à cette épine au pieds, la boule au ventre. Trois heures à tenter de la déloger à grands coups de ratures, de brouillons, d’ongles rongés, de cafés froids et de cigarettes écrasées. Texte final insatisfaisant. Envoyé à regret.

J’ai reçu une lettre en début de semaine. Un cachet de la poste que je connais bien. Une petite page blanche pliée. Encre noire. Ecriture féminine. Apparences de celles que j’aime recevoir . Aspect d’autres reçues par le passé, lues et relues, et appréciées.

Quelques félicitations disceretes et sobres. Présentes malgré tout.

Style différent. Saccadé. Raide. Phrases courtes et impassibles. Faits graves. Récit d’événements sérieux. Boule au ventre à la lecture. Membres qui tremblent.

Mots terribles. Choisis. Pesés. Mais durs. Insupportables.

Combat, maladie, opération, incertitude… chimiothérapie !

Stupeur. Consternation. Peine. Inquiétude. Empathie. Effroi. Secousse.

Et puis une zone d’ombre, que je rumine depuis. Intuition. Intime conviction.

Une seule signature au bas. Une lettre souterraine ? Rédigée et envoyée en secret ? Vraisemblable ! Lettre envoyée sans autorisation.

Brouillé pour des chimères avec mon vieux bougre de grand-père à la fierté mal placée, il aurait volontairement oublié d’en aviser quiconque de parenté par le sang.

Non respect des règles tacites qui stipulent qu’on fait fit des petites discordes anodines en cas d’urgence. Heureusement, il a une épouse.

Pas d’autre choix que le silence. Pesant. Trop lourd secret pour mes épaules.

Pas d’autre choix que celui de rédiger un courrier affectueux et maladroit, et de tenter d’y balbutier timidement mes pauvres certitudes de gamine qui ne sait rien à la vie.

Je retrousse mes manches.

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28 mai 2008

Il est ou, Charles Ingalls ?

Quelle petite fille n’a pas rêvé d’être une Princesse ? Ou alors, une danseuse étoile ? Quel petit garçon n’a pas joué à être un super héro ? Ou au gendarme ?

Moi, petite, je rêvais que j’étais Laura Ingalls. Et je rêvais de devenir , plus tard, Caroline Ingalls !

Je voulais être elles deux pour pleins de raisons, certes, mais pour une en particulier : pour Charles !

Voilà l’image que le bouquin et la série nous renvoyaient des hommes, à nous, petites filles :

Celle d’un père de famille nombreuse, travailleur, persévérant, et aimable. Un monsieur très sociable, soucieux du bien-être de sa famille, mais aussi conscient de ses responsabilités. Cet homme humble et respectable savais en plus sortir son entourage de toutes les galères et désamorcer les conflits avec un tact à toute épreuve, et sans jamais juger les gens mal à propos!

Déjà, c’est pas mal, pour un seul homme !

Ajoutons quelques difficultés : le deuil, la maladie et le dénuement.

Alors, là, son âme n’en apparaissait que plus belle ! Charles Ingalls, en plus de ses quatre filles biologiques, adoptera un gamin des rues et recueillera chez lui les deux enfants de ses défunts voisins (qu’ il élèvera comme les siens !).

Pas mal, non ? L’homme parfait ! Le père tendre. L’âme irréprochable ! Et en plus, il n’a jamais commis l’adultère et confiait tous ses ressentis à son épouse tant chérie.

Alors, évidemment, quand on est l’épouse de Charles Ingalls, comment ne pas en être très amoureuse ? Comment ne pas être courageuse et faire face à l’adversité ? Comment ne pas être une mère aimante et une épouse fidele et dévouée ? Il lui mâchait le travail, non ?

Ou alors, ils s’entraidaient ! Oui, ils s’entraidaient, et leurs bontés respectives fusionnaient pour en faire un couple d’exception, à mi chemin entre le réel et le fantasme absolu. L’exclusivité.

Petite, je n’ai jamais rêvé d’être chanteuse ou de gagner au loto. Petite, je voulais me marier avec Charles Ingalls (ou, à défaut, qu’il m’adopte). Et je pensais qu’un jour, je serai vraiment Caroline (enfin, la Caroline Ingalls du 21eme siècle !).

La petite Valérie, elle pensait que ce petit monde bien pensant, très sincère, baignant dans cet amour inconditionnel existait vraiment. La petite Valerie, elle pensait qu’il y en avait plein, des Charles Ingalls, et qu’il suffirait qu’un seul d’entre eux tombe fou amoureux d’elle, et la demande en mariage. Forcement, qu’elle l’aimerait de tout son cœur ! Comment ne pas s’éprendre de Charles Ingalls ?

J’aurais dû faire un procès à la série, quand j’ai compris ! Imaginez le choc, à l’heure des premiers flirts, ou même avant… Imaginez moi, aller de déceptions en déceptions à mesure que je grandissais en lucidité et en clairvoyance. Je ne m’en suis jamais complètement remise.

Il est ou, Charles Ingalls ?

L’homme, le vrai, c’est pas celui qui picole le samedi soir, si ? C’est pas l’infidèle ? C’est pas l’orgueilleux de service ? C’est pas celui qui ne pleure jamais ? C’est pas celui qu’a pas d’âme ? L’homme, le vrai, c’est Charles Ingalls !

C’est un Homme ! Plus humains que les autres !

Et ben, je vais vous décevoir : Charles Ingalls n’existe pas !

Moi aussi, j’ai pleuré, quand j’ai réalisé…

Pourtant, pour Charles, j’aurais été une épouse fidele, digne de confiance, compréhensive, passionnée, et courageuse ! Je l’aurais aimé sans jamais douter jusqu’à la fin de mes jours…

Pourtant, pour Charles, j’aurais été une petite fille sage, qui ne serait pas sortie le soir, qui n’aurait jamais allumé jamais sa première clope, qui n’aurait pas fréquenté les boites de nuit…

Charles Ingalls n’existe pas, et c’est la seule raison pour laquelle je ne serais jamais aussi douce et aimante et compréhensive et dévouée que Caroline.

Fallait pas qu’on me mente !

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24 mai 2008

Fête des mamans (1)

Cette année, je ne ferai pas comme l’année dernière. Cette année, je ne parlerai pas de ma mère en cette fête des mères. Je n’y penserai même pas du tout. Ça sert à rien ! ça fait mal pour rien !

En cette veille de fête des mamans, j’ai voulu rendre hommage à une autre maman que la mienne.

Cette maman est née en 1936 d’un papa ouvrier agricole et d’une maman qui restait à la maison pour soigner les animaux, les enfants, et s’occuper du potager…. Elle est née dans le Perche, bien sûr. Elle fut le premier enfant du couple, qui eut deux autres filles avant la guerre.

Elle n’a gardé que très peu de souvenirs de son papa. Le (mauvais) sort à décidé qu’il devrait partir loin de sa femme et de ses trois filles pour aller travailler en Allemagne. Le STO ! Il n’est jamais revenu. Une maladie infectieuse l’à tué là bas. Toujours, le fait que son corps n’ait jamais été ramené au cimetière du village percheron la hantera.

Le décès de son père marqua le début de ses malheurs. Sa maman se remaria très vite… peut-être seulement quelques mois après le décès de son mari, et avec un homme cruel et détestable. Elle en voulut beaucoup à sa mère, et durant des années, de ce manque de respect de la période de deuil, de ce mariage ultra rapide.... Elle n’a admis que sur le tard que sa maman, incapable de subvenir seule aux besoin de ses trois filles, n’avait pas trouvé meilleure solution pour les mettre à l’abris du besoin.

Elle eut une troisième sœur (du second mariage), et, en bonne ainée, passait son temps à s’occuper de ses petites sœurs, à aider sa mère, mais aussi à tenter de les protéger d’un homme très violent. Le mari de sa mère, agriculteur pingre, haineux, excessif et mecontent de ne pas avoir eu de fils à la maison pour aider à la ferme s’en prenait à ses filles et à son épouse. Elles ont toutes, excepté la dernière fille, mais y compris la maman, été battues, exploitées, et maltraitées. Elle, ainée de son état, n’allait même pas régulièrement à l’école quand il y avait du travail à la maison. Durant toute sa vie, toutes ces choses qu’elle n’a jamais apprises l’ont beaucoup complexée.

Un mari aurait pu la sauver. Un mari allait la sortir de là… sauf que son père adoptif, qui avait déjà marié deux des quatre filles, a reculé le mariage le plus longtemps possible (avec des excuses absurdes) pour ne pas perdre sa main d’œuvre gratuite et obéissante. Sa mère n’a jamais osé rien dire !

En 1958, après trois ans de vaine attente et de supplications inutiles, son futur mari, ayant réussi à économiser quelques sous, et avec le soutien de sa propre famille, est venu la « kidnapper » pour pouvoir l’épouser.

Ce choix radical, mais salvateur, n’a pas été sans conséquences, pourtant. Ses parents, absents au mariage, ont refusé de la voir pendant plusieurs années. Son père était fou de rage et se sentait trahi. Elle n’a même pas osé remettre les pieds dans son village natal pendant quelques années, par « honte ».

Le couple de jeunes mariés s’est installé dans une petite exploitation agricole et a eu trois enfants : un garçon, et deux filles. La mari travaillait la terre, elle prenait soin des animaux et de la maison. Tout n’a pas été rose. La vie était dure, parfois. Sans vraiment s’en rendre compte, elle a sans doute « reproduit » un petit peu, et ses deux ainés ont sans doute été élevés un petit peu trop rudement.

Car elle était une femme énergique, une maman exigeante et sévère . Ses jeunes années l’avaient endurcie. C’est d’une main de fer qu’elle dirigeait la maison. Elle aimait commander, ordonner, n’en faire qu’à son idée. Elle râlait énormément, elle était colérique et maniaque.

Ses enfants sont partis un à un, et son mari, lui, est resté. Il n’a jamais été contrarié de ses colères, ni de ses exigences. Il en avait pris son partis et il en plaisantait volontiers. Dix ans avant l’âge de la retraite, ils ont vendu leur petite exploitation et ont acheté une maison. Son mari devint alors ouvrier communal d’une petite ville percheronne. Elle, elle a bien essayé de travailler, mais n’a pas réussi à s’adapter au monde du travail. Le fossé était trop grand entre son ancien rôle d’épouse d’agriculteur et son nouveau statut de salariée. Et puis, son manque de connaissances , ses lacunes en lecture et en écriture…

Elle est donc restée à la maison, à élever poules et lapins, et à attendre les petits enfants…

Sa vie a pris tout son sens et une autre tournure quand ils sont apparus, les petits-enfants. A l’heure de la retraite, son mari s’est exclusivement consacré à la lecture et au jardinage. Elle, elle s’est dévouée à sa descendance et à la maison. Elle y organisait de grande fêtes de famille. Elle changeait sa décoration tout le temps. Elle invitait beaucoup. La maison était remplie d’enfants à chaque période de vacances.

Elle avait ce gout amer en bouche de celles qui ont l’impression d’être passées à coté de leurs enfants. Elle se rattrapait envers les enfants de ses enfants. Sa maniaquerie, ses humeurs, son caractère froid aux abords ne les ont jamais effrayés. Tout le monde en plaisantait.

Ils aurait dû être définitivement heureuse, dans une maison gaie et remplie…

Forte comme un roc, son mari ne l’avait jamais vu pleurer avant le décès de leur fille. Alors, ce vague sentiment de ne pas avoir été la maman idéale s’est soudain transformé en effroyable culpabilité.

Ma foi, la vie a repris et plus que jamais elle a tout donné et tout consacré à ses proches. Jusqu’à son départ bien trop brutal, au printemps 2003.

Cette maman bien ordinaire, mais pour moi si importante, je voulais lui rendre un petit hommage pour la fête des mamans. C’était la maman de ma maman, et un petit peu aussi la maman de trois de ses six petits enfants.

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05 mai 2008

A la demande générale de Tilu…(qui doit d’ailleurs être la seule à y porter un petit intérêt)

… je raconte mon long weekend dans Le Perche (et pis surtout ça tombe bien parce que je ne savais pas de quoi parler dans mon billet du jour).

Jeudi, après quatre heures de lecture route, nous sommes arrivés, comme prévu , pour le déjeuner. La sœur siamoise de Manu et ses enfants étaient déjà arrivés (ils ont moins loin). Ben oui, nous avons tous passé le weekend chez les parents de Manu. La maison est grande et ils aiment bien que leurs deux enfants, et leurs quatre petits enfants soient tous là en même temps.

En début d’après midi, j’ai emmené Gaby à la foire aux tripes. Pas pour en manger, des tripes, mais pour voir les chevaux, les tracteurs anciens, et faire une partie de pêche aux canards. Il a trouvé ça chouette…

En fin de journée nous sommes allés nous balader dans la campagne, par les petits chemins creux. Les enfants ont fait de gros bouquets de coucous pour leur mamie. Ils ont tous chuté au moins deux fois, et se sont écorchés chacun au moins un genou, mais ils étaient ravis. Nous sommes revenus vers dix neufs heures, et heureusement, car à dix neuf heures et trois minutes tombait un déluge !

Vendredi matin, nous avons rendu visite à mon Papy à moi. J’étais heureuse. Sa porte d’entrée était ouverte. Son énorme Lilas embaumait sa cuisine éclairée par le soleil de midi. J’étais ravie. Mon papy avait la pêche. Oui, il avait la pêche. Objectivement la pêche. Même Manu l’a trouvé au mieux de sa forme. Il parlait. Il plaisantait volontiers. Il racontait ses derniers périples chez les spécialistes qui auscultent sa hanche qui oscille. Mon papy a retrouvé ses anciens plaisirs. Le jardin était entretenu. Il avait semé… Son muguet aux clochettes roses commençait à fleurir. Le tour du jardin a été chouette.

Vendredi après midi, le papa de Manu travaillait. Manu chéri, toujours serviable, s’est proposé de tondre le petit carré demi hectare de pelouse  de ses parents . Les enfants ont joué dehors. Sauf Gaby ! Il est resté assis sur les genoux de papa, sur le tracteur tondeuse ! Avec leur mamie, nous avons passé l’après midi au soleil, sur la terrasse, à régler les derniers détails pour le mariage.

Vendredi soir nous avons pu souffler (ouf !). Elisa a été gardée par sa mamie, et nous, nous sommes allés passer la nuit soirée chez des amis. Ça fait du bien. Leur petite fille grandit. On ne la voit pas assez souvent… Gaby a eu le délicatesse de s’endormir dans leur canapé, pour nous laisser jouer au Monopoly une bonne partie de la nuit.

Samedi matin, je suis partie avec ma fille rendre visite à des amis qui ont une maison jaune aux volets mistral et un jardinet du plus bel effet. J’vous ai donné assez d’indices comme ça… ça suffit ! Toujours est-il que c’est toujours pour moi une joie… un tel plaisir que j’ai pas envie de vous le décortiquer.

Nous sommes rentrées et puis reparties après la sieste de la puce, pour passer l’après midi à l’ombre dans le jardin de ma tante préférée. Gaby et Papa ? Toute la journée, ils ont glandé !

Samedi soir, nous étions invités chez les parents de notre meilleur ami, qui a quitté le Perche, lui aussi. Lui n’était pas là, mais nous aimons beaucoup ses parents. Nous y avons assisté en direct à la (re) mise en terre d’un très vieil olivier. Qu’ils nous tentent, tous ces percherons, avec leurs jardins… ça donne envie ! Nous sommes rentrés tôt parce que nous avions emmené les deux lutins, qui commençaient à fatiguer.

Dimanche matin, nous avons rendu visite à ma grand-mère, Gaby et moi. J’ai toujours peur qu’il ne soit pas sage, là bas… Mais ça a été… Je ne saurais dire si elle va bien ou pas… Moi qui ne viens la voir qu’une fois par trimestre, je ne suis pas la mieux placée… Toujours est-il que notre visite lui a fait plaisir. C’est ça qui compte…

Dimanche midi, la grand-mère de Manu est venue déjeuner avec nous tous. Elle aussi, elle va mieux… le printemps a des vertus incroyables… Bon, parfois, elle confond un peu ses deux arrières petits fils (« Non, Mémère, moi c’est Jules. Gaby il est là bas… »), mais pour le reste, ça allait… Elle a même blagué ! Elle a oublié moins de choses qu'à l'accoutumée...

Nous avons repris la lecture route tout de suite après déjeuner.

PS: j'ai pas précisé, mais pendant tout le temps passé en famille, là bas, seuls deux sujets ont alimenté les conversations ... le mariage, et le projet de Manu chéri, qui, ma foi, a été fort bien acceuilli.

Alors ? C’est pas passionnant ? Comme billet ? Avouez…

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30 avril 2008

Vous m’en voudrez pas, hein ?

Je veux dire… vous m’en voudrez pas, de la médiocrité du billet d’aujourd’hui ? En fait, je l’écris d’un trait… j’écris comme je pense , sans chercher à organiser quoi que ce soit ni à rendre quoi que ce soit un tant soit peu joli. J’ai pas le temps… mais ça me gênait de vous quitter sans vous donner un dernier billet frais à lire.

On part demain matin pour Le Perche. Whoua… depuis les fêtes de fin d’année, on y est pas retourné ! Je sais, ça fait pas si longtemps que ça, mais nous on aime pas ! Ah, c’ets qu’on aime bien, être là bas…

Ben pourquoi vous l’avez quitté, Le Perche ? Bonne question !

En fait, y vivre au quotidien nous pesait un petit peu. Le Perche, c’est mignon, c’est beau, c’est tout ce que vous voudrez, mais il n’empêche que c’est la campagne !

Et alors ?

Et bien, c’est joli, la campagne, mais parfois c’est un peu incommode… Vous savez combien de temps il fallait rouler pour aller faire les soldes ?

Non, ça c’est un détail ! Alors… la maternité la plus proche était à une heure de route ! C’est pas pratique. Manu me faisait de la peine, quand il venait chaque jour nous voir au Mans…Après cinq jour d’allers et retours, il était en manque de sommeil évident.

Bon, ici, nous vivons dans une  petite ville, c’est vrai… mais à équidistance de La Rochelle, de Saintes, de Royan… L’été il y a du monde. Et puis les Iles… et puis le climat…

Mais… ce ne sont pas les vraies raisons de notre départ. En vrai, nous avons quitté le Perche à l’heure d’un tournant professionnel pour Manu. Il n’aurait pas trouvé là bas, je pense, ni le même poste, ni les mêmes perspectives d’avenir (et aussi le même salaire...). Ben oui, parfois il faut faire des choix tactiques…

Et puis, la mer, c’est tentant… Deux ans et demi, et nous ne sommes pas blasés de la mer…

Malgré tout, et si d’autres le vivent très bien, l’éloignement avec notre région d’origine est parfois un peu frustrante. C’est qu’on l’aime, le Perche… D’aussi loin qu’on peut remonter, les arrières grands parents de Manu étaient des agriculteurs percherons. Les miens aussi…Et ça, ça joue beaucoup. Je pense que si j'etais partie vivre avec quelqu'un d'ailleurs, j'y penserais moins. Là, à deux, on est unis par la même nostalgie. 

Notre vie est ici, et là bas.  D’ailleurs, nous n’excluons pas la possibilité de retourner y vivre un jour. A défaut, nous pensons que peut-être, dans quelques années, nous pourrions nous y trouver un petit nid abordable, modeste et forcement incommode, pour les vacances…

Autrement, j’ai programmé des billets pour les quatre prochains jours. Je l’ai fait à la hâte ! ça va pas être bien terrible. Vous ne m’en voudrez pas, n’est ce pas ? Et puis, pour compenser, j’y ai inséré quelques petites surprises.

Enfin, j’ai remis ma copie pour le défi de ce samedi. Là encore, je ne suis pas satisfaite de ma production… J’ai dû pondre un texte précipitamment. Mais l’important est de participer, n’est ce pas ? Kloelle ? Lecteurs ? Vous ne m’en voudrez pas, hein ?

Bon, c’est pas le tout, mais j’ai des valises à remplir. Et puis, comme à chaque veille de départ, ce soir nous allons chercher Papounet au travail (il travaille à La Rochelle)…

Si je suis encore sur les blogs ce soir, je ne vous promets rien pour les quatre prochains jours. Je dispose d’une connexion là bas, mais peut-être que je n’aurais pas le temps de passer chez tout le monde. Vous ne m’en voudrez pas ?

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26 avril 2008

Liste des choses à faire

Samedi

-          Aller chercher (et tenter de trouver) une paire de chaussures blanches ou beiges pointure 39 . Rajout de Manu : Sans talon ! à cause des photos…

-          Regarder également si par hasard on trouverait pas la même paire (ou presque) en pointure 21.

-          Comme on pense qu’on trouvera plus aisément à La Rochelle, en profiter pour faire un tour au port, sous le soleil…

-          Penser à dire merci à Manu d’avoir gardé les petits et puis surtout à le féliciter pour le carrelage de la chambre de la puce. Ne surtout pas lui demande si les chaussures qu’on a trouvé, il les trouve belles, car on sait qu’il s’en moque : « on les verra même pas ! ».

Dimanche

-          Repasser toute une montagne de linge, et choisir les vêtements (forcement chauds et de pluie) qu’on emmènera dans Le Perche.

-          Commencer à penser à la façon dont on va pouvoir caser les bagages + les enfants+ quelques bricoles qu’on emmène dans la souris.

Lundi

-          Réfléchir à la façon dont on va informer belle-maman que la magnifique chainette en or et le pendentif assorti qu’elle avait offert à sa petite fille avaient été soigneusement rangés dans… la boite à gants de la laguna… hum !

Mardi

-          Se préparer psychologiquement à n’entendre parler que du mariage ou presque pendant quatre jours. Oh, pas de l’engagement, mais de toutes ces choses techniques pour que tout soit organisé à la perfection.

Mercredi

-          Faire les valises, et préparer les vêtements des enfants (en espérant qu’ils vomissent pas en voiture, ça serait fâcheux). Pression de pneus, plein de la voiture (pleine !).

-          Ne pas oublier de mettre la gourmette au bras de Gaby pour faire passer la pilule de la chainette…

-          Ménager Elisa et lui foutre une paix royale avant le grand jour. Elisa est en général très sollicitée et elle a horreur de ça ! En plus, il faudra qu’elle essaye sa belle robe et son beau chapeau, cette belle poupée… « HOINNNNN ! »

-          Ne pas oublier quelques livres pour la route (si il reste assez de place pour un ou deux bouquin dans l’auto !).

Jeudi

-          Se lever tôt (arg ! Heureusement que c’est pour la bonne cause !).

-          Penser à dire à Gaby (en route) que Volcan est au ciel.

-          Arriver tôt (« On a préféré vous attendre pour déjeuner » ).

-          Passer chez mon papy pour qu’il nous remette ces fameux faux papiers qui disent que sa petite fille habite chez lui, à l’occasion…

-          Essayer le nouveau portable de belle-maman (mouarf, et profiter de sa connexion, surtout !) .

Vendredi

-          Passer à la mairie et ne surtout pas oublier (elle n’est ouverte que le vendredi de 15h15 à 15h18 et le mardi de 10h à 10h03).

-          Commencer à dire aux gens que Elisa a envie d’être un peu tranquille (« Qu’est ce qu’elle a, elle est fatiguée ? Ou c’est les dents ? ». Non, non, elle est saoulée, c’est tout…).

-     Mettre à la disposition de Belle maman une valise entière d'invitations au vin d'honneur pour éviter qu'elle nous appelle pour nous demander d'en envoyer une à Trucmuche et à sa famille car leur grand-père avait connu son aieul à Verdun, et aussi au boucher charcutier parce qu'elle se rappelle avoir ete invitée à la messe de mariage de sa fille il y a huit ans, et enfin aux fermiers d'à coté parce qu'ils font jamais payer la douzaines d'oeufs quand elle leur achete un poulet de dix kilo à mille euros le kilo.

Samedi

-          Il paraît qu’il faudrait qu’on voit le traiteur…

-          Penser à dire qu’on aurait aimé aussi faire autre chose (ben, j’sais pas moi.. voir quelques amis, aller s’promener…).

-     Trouver un créneau d'une heure à peine pour rendre visite à ma grand-mère chérie dans sa chambre aseptisée qu'elle aime tellement qu'elle a peur d'en sortir quelques heures cet été pour marier sa petite fille préférée.

Dimanche

-          Penser à repartir même si on aurait envie de rester un peu.

-          Ne pas oublier de tirer Gabriel par les habits pour qu’il lâche sa grand-mère.

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17 avril 2008

Amertume

Je n’aime pas les mets trop amers. C’est ainsi. « Arggg », ça fait, dans la bouche ! Pourtant, parfois, je cultive l’amertume. Dans mon jardin. Non, je ne récolte pas d’orange amères. Par contre, j’entretiens, à l’occasion, une bonne rangée de petites rancœurs bien alignées.

Je sais, c’est pas joli. C’est que de la mauvaise herbe ! D’ailleurs, ça me donne des aigreurs d’estomac (ou de cœur). J’ai un gout désagréable et très acide en bouche. Ça me file des nausées. Pourtant, je n’arrive pas à me séparer de mes plants bien longtemps. Par manque de soin, ils défraichissent et je les laisse périr. Malheureusement, je reçois parfois de nouvelles graines, ou j’en invente, c’est selon.

Elle viennent s’ ajouter aux plans desséchés, et le « miracle » se produit. L’arrivée de nouvelles semences d’amertume réanime les pieds anciens. Et mon jardin se fait fertile. Amertume… amertumes !

Oh, je cultive également la bienveillance, la gentillesse, la sagesse (un peu), mais les plants de ressentiment ont besoin de beaucoup de place, et empiètent sur les autres, plus vulnérables. C’est comme ça. Il faudrait certainement que je les arrache comme de la mauvaise herbe (Et Dieu sait qu’ils en sont !), mais ce travail relève de vertus que je n’ai pas. Je n’ai même pas la volonté d’entamer ce genre d’effort dont je me crois bien incapable.

Et puis, j’avoue ! J’aime cultiver cette amertume ! J’aime l’entretenir et la faire vivre. J’aime qu’elle s’épanouisse. Ça me fait du bien…

J’ai pas envie de la délaisser. C’est irrecevable. Selon moi, elle ne mérite pas d’être négligée. C’est une plante qui a le droit de s’épanouir comme toutes les autres, l’amertume, n’est ce pas ? Je devrais certainement avoir ce détachement par rapport à elle, mais je n’y arrive pas. Elle me parle, cette plante ! Elle me fait sans doute plus de mal que de bien, car sa culture est source de peine, mais je la cultive…

En général, je la cultive plutôt en secret. Seulement, c’est pesant, parfois. Alors, il est bon d’en parler avec des amies qui la cultivent aussi (et elles sont nombreuses, croyez-moi !). Manu savait que j’entretenais quelques plans épars, en douce. Lui même , il a les mêmes, probablement. Seulement, il a moins de temps pour les faire fructifier. Il y est sans doute également moins sensible. Ou alors, il a commencé ce travail (si sage) d’indifférence. Je ne sais pas.

Toujours est-il qu’il est tombé des nues quand je lui ai récité ma leçon d’amertume. J’en connais par cœur les moindre détails. Faut dire que je répète en douce, souvent, aussi…

Tu veux des dates, Chéri ? Mai 2003 ? Juillet 2003 ? Le 6 septembre 2006 ? Le premier samedi d’octobre 2006 ? Je n’ai rien oublié. J’ai un dossier spécial « amertume », dans mon disque dur interne. C’est comme ça…

« Oublie », il me dit. Alors que lui n’oublie pas, je le sais. Seulement, il prend les choses bien moins à cœur.

Je devrais en rendre un peu, d’amertume. Je ne sais pas faire. Je ne sais que la garder. Tant pis…

Les ripostes, c’est pas pour moi non plus. Moi, je me contente de ruminer mes plants d’amertume en silence, comme un gentil mouton. J’aime pas ça. Ils me donne des aigreurs d’estomac (ou de cœur). Ils me laissent un gout désagréable et très acide en bouche. Ça me file la nausée. Et pourtant, je continue à les ruminer…

Je ne sais pas si j'ai envie de partir quelques jours en mai. Je préfère parfois ne pas laisser me plants d'amertume, et les retrouver crevés au retour... Ce serait trop dommage, de s'être donné autant de mal à les faire pousser pour les laisser mourir...

Posté par pitchval à 13:32 - une Laura Ingalls - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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