09 mai 2021

Le Spleen de Paris – petits poèmes en prose (Charles Baudelaire)

Comment décider de ce qui relève de la poésie et de ce qui n’en n’est pas ? La question est légitime, et la réponse me semble assez embarrassante. Comme l’indique le titre, nous sommes face à de petits « textes » en prose, nommés poèmes par Baudelaire en ce qu’ils font écho aux Fleurs du Mal. "Poème" et "prose" sont deux termes qui au XIXème siècle n'étaient pas associés, de sorte que Baudelaire se pose en précurseur. Seulement, est-ce que la poésie sans les règles qui lui sont associées est encore de la... [Lire la suite]
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05 mai 2021

Une chambre à soi (Virginia Woolf)

Ah, femmes, que je vous aime quand vous savez raisonner ! Et que vous écrivez plutôt juste.  « A Room of One's Own », titre original, et fort mal traduit, mais j’y reviendrai, est un court essai. À l’origine, ce texte a été écrit pour alimenter des conférences données par Virginia Woolf dans deux collèges britanniques pour femmes. L’auteur, la conférencière, y dresse un bilan de la littérature féminine, se préoccupe de la place des femmes dans l’histoire de la littérature britannique et plus largement européenne.... [Lire la suite]
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27 avril 2021

Jane Eyre ( Charlotte Brontë)

Je dois me méfier de Jane Eyre. Du moins de mon affection pour elle, un peu irrationnelle. J’aime Jane Eyre. J’ai éprouvé pour elle un peu plus que de la sympathie, notamment parce que je lui ressemble, du moins en loin, ou plutôt sur certains points précis. J’aurais aimé lui serrer la main ou l’étreindre comme on étreint une camarade, une sœur. Cependant je sais que cet élan est un biais dont il faut me détacher pour rester objective autant que je le puis. J’ai, par ce biais, probable trop encensé Anaïs Nin ou Colette, et peut-être... [Lire la suite]
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04 avril 2021

Sévère (Régis Jauffret)

Une liaison sadomasochiste et sulfureuse unit, depuis quatre ans, un prince de la finance et un prostituée de luxe. Si la femme soumise est souvent le jouet sexuel du richissime homme d’affaires, parfois les rôles s’inversent : le tout-puissant homme jouit aussi d’être humilié, maltraité, enveloppé dans une combinaison en latex et de se faire violer la bouche par un revolver chargé. Sa vie comporte si peu de soucis qu’il a besoin d’adrénaline. Il joue avec le danger, avec la mort. Il chasse l’éléphant en Afrique et baise avec une... [Lire la suite]
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30 mars 2021

L’éducation sentimentale (Gustave Flaubert)

Comme je l’ai fait avant pour Balzac, Zola, Anais Nin, et bien d’autres - puisque je fonctionne ainsi- j’ai entrepris, plus ou moins volontairement, de lire tout Flaubert. Je lis une œuvre, passe à autre chose et reviens à Flaubert depuis une petite année à présent. Je pense en avoir lu quatre ou cinq en quelques mois. Et, quand j’aurai estimé l’avoir intimement connu - où avoir été profondément déçue, mais j’en doute en ce qui le concerne - mon goût se tournera  vers un autre. J’ai déjà de petites idées. Je pense notamment... [Lire la suite]
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21 mars 2021

Emma (Jane Austen)

  Angleterre, début 19eme. Emma Woodhouse est jeune, bien née donc très riche, incroyablement belle et fort intelligente. Elle réside avec son père, qu’elle aime infiniment, dans une grande et somptueuse demeure nommée Hartfield, l’une des plus majestueuses de Highbury. Sa famille, issue de la bonne société anglaise, fait figure de modèle et suscite respect et déférence à Highbury.  N’est-ce pas très mal parti ? Quel cliché manque-t-il donc encore dans ce topos ?  Cette jeune fille n’a étonnamment aucune intention de... [Lire la suite]
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13 mars 2021

Les Contemplations (Victor Hugo)

J’ai eu la prétention de croire que je pouvais lire des poèmes de Victor Hugo sans préparation ni études préalables. Ah, la présomptueuse ! La sotte ! L’inculte ! Je me suis donc retrouvée nue, en terre quasi hostile, à me débattre contre des forces que j’avais sous-estimées. Voilà à quoi mène un excès de confiance en soi et surtout un excès de légèreté. J’ai donc lu toute l’œuvre, et même décrété l’avoir à peu près comprise. Et, dans mon insuffisance bête, c’est à peine si je me suis rendue compte que j’étais passée à côté d’au... [Lire la suite]
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23 février 2021

Voyage avec un âne dans les Cévennes (Robert Louis Stevenson)

C’est visiblement une peine de coeur qui a fait partir Stevenson pour ce qui peut s’apparenter à un pèlerinage, ou plutôt à une sorte de retraite spirituelle ou intellectuelle. Ce n’est pas une fuite, mais l’occasion pour lui de se retrouver, à mon avis. C’est un recentrage sur lui-même. Armé de papier et d’encre comme il se doit, mais également de quoi dessiner des croquis, il part seul et décidé, dans un élan sain qui l’empêche de s’écouter, c’est à dire de se laisser aller à un épanchement tout à fait inutile et stérile. Il y a de... [Lire la suite]
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19 février 2021

Par-delà le bien et le mal (Friedrich Nietzsche)

Ouvrons tout de suite par le titre. Nietzsche se place au delà des valeurs, de cette opposition manichéenne du bien opposé au mal. Il adresse aux philosophes le reproche suivant : leur stupide croyance en l’existence d’un bien ou d’un mal en soi. Il s’annonce donc, par opposition, en penseur d’un nouveau type : « l’esprit libre », capable de créer des valeurs nouvelles, tout à fait détachées de morale. Ce que l’on a nommé philosophie jusqu’à présent ne serait qu’un amoncellement de préjugés. C’est hautement paradoxal, quand... [Lire la suite]
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29 janvier 2021

L’Adversaire, Emmanuel Carrere

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017, tandis que Jonathan Daval butait sa femme Alexia et calcinait son corps dans la forêt, j’étais tranquillement chez moi, entourée de mon mari et de mes enfants. Nous venions d’allumer les radiateurs pour la première fois de la saison. Il faisait bon à la maison. Nous étions heureux. Et, sans doute, j’ai dormi paisiblement cette nuit-là. Au matin du 28 octobre, Daval s’est rendu sur son lieu de travail tandis que moi aussi je travaillais. Il était souriant. Et probablement que je l’étais aussi.... [Lire la suite]
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