Val ...

Que c'est dur de trouver une description à la fois courte, attractive et de qualité. J'sais pas faire...

28 juin 2008

Petit dialogue du samedi...

-          Non, non, mon ami, ma tête me fait souffrir, et le sommeil me guette.

-          Pourquoi diable, ma mie, votre tête fait-elle autant de caprices qui, comme par hasard, s’évertuent à toujours contrarier mes desseins ?

-          C’est que, mon ami, ma tête réfléchit.

-          Qu’elle réfléchisse moins ! Pour certaines choses, elle n’en a pas besoin !

-          Mon cher, c’est bien mal nous connaître, mes sœur et moi, que de croire qu’une telle affaire ne requière aucun médiation.

-          Soit !  Je vous crois sur parole, ma chère. Jamais, de toute manière, il ne me sera offert de pouvoir m’assurer par moi-même de vos dires. Si votre tête, comme vous le prétendez , raisonne, faite au moins en sorte que ses délibérations jouent en ma faveur ?

-          Je ne le peux point. C’est hors de ma volonté.

-          Faite un effort. Etes-vous souveraine en votre corps, oui ou non ?

-          C’est que… pas toujours. Ça dépend.  Je dois bien l’avouer…

-          Reprenez les rênes, que diable !

-          Encore faudrait-il que j’en ai envie.

-          Mais, l’appétit vient en mangeant, ne vous l’a-t-on jamais appris ?

-          J’admets, mon ami, que dans n’importe quel restaurant, c’est très exact.

-          Ah ! Vous-même, vous le reconnaissez !

-          Je dirais même qu’au restaurant , l’appétit surgit à la simple lecture de l’alléchante carte.

-          C’est vrai ! Parlons du dîner, alors. Cela vous mettra en condition.

-          Vous ne me contredirez pas, mon ami, si je vous dit qu’au restaurant, on vous sert tout ce que vous avez commandé. N’est-ce-pas ?

-          Encore heureux !

-          Bien avant le dessert, on est repu.

-          Plutôt.

-          On commande malgré tout un plat sucré par pur gourmandise.

-          Oui, c’est souvent le cas.

-          Et on peine à le terminer.

-          Et parfois même, on renonce…

-          On en a pour son argent.

-          On en a pour son argent. Voyez comme nous pouvons nous comprendre. Allez, de ne tardons pas … Dans mes bras !

-          Mais…

-          Mais ?

-          Imaginez qu’un restaurant ne tienne pas toutes ses promesses…

-          C’est à dire ?

-          Eh bien, songez, ne serait-ce qu’un instant, que le restaurant ferme ses portes et nous jette dehors comme des malpropres avant la fin de notre repas.

-          Mais enfin, c’est parfaitement impensable…

-          Je ne vous le fait pas dire !

-          Pour sur, ils entendraient parler de moi !

-          Vous n’auriez pas tort !

-          Et ils ne seraient pas prêts de me revoir !

-          Voyez , mon ami, comme vous et ma tête pouvez très bien vous comprendre…

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16 juin 2008

A quatre mains...

Ma chère mignonne,

    Donc, tu pleures du matin au soir et du soir au matin parce que ton mari t'abandonne ; tu ne sais que faire, et tu implores un conseil de ta vieille tante que tu supposes apparemment bien experte. Je n'en sais pas si long que tu crois, et cependant je ne suis point sans doute tout à fait ignorante dans cet art d'aimer ou plutôt de se faire aimer, qui te manque un peu. Je puis bien, à mon âge, avouer cela.
    Tu n'as pour lui, me dis-tu que des attentions, que des douceurs, que des caresses, que des baisers. Le mal vient peut-être de là ; je crois que tu l'embrasses trop.

Tu lembrasses trop, et tu lembarrasses !!! 

Sans doute aimerais-tu quil soit pour toi aussi attentionné que tu les pour lui et, tu en fais trop !!!

Car vois-tu, les hommes ont besoin de nous reconquérir chaque jour. Il nous faut garder un peu de mystère. Les intriguer, les inquiéter un peu aussi. 

Un homme, chère nièce, crois-en mon expérience, est un animal prédateur, un guerrier conquérant ! Si sa proie est déjà étendue, offerte, docile, et se laisse manger sans résistance, il ira en chasser une autre ! Les vrais prédateurs ne se nourrissent pas de charognes !

Si le territoire occupé ne montre aucune résistance et se laisse coloniser, il y enfoncera son étendard dans un sourire suffisant et sarcastique, et partira en quête dautres contrées à envahir.  Cest ainsi ! 

Penses-y, Mignonne, et raconte-moi de quelle façon tu vas te battre. 

Jattends de tes nouvelles avec impatience, certaine que ta prochaine lettre sera celle dune jeune femme heureuse et comblée 

Affectueusement. 

Tante Clotilde

******

Bien chère Tante Clotilde,

Ce matin, en lisant votre lettre, je dois bien avouer que jétais un peu déçue et fâchée contre vous. 

« Comment ? Non seulement elle ne me plaint pas, mais en plus elle ne maide pas ! »

Et puis je me suis souvenue de cette maxime « Aide-toi, le ciel t’aidera » et me suis dit que vous aviez raison. Je vais me battre. Je vais faire en sorte qu’il ait envie de me poursuivre comme un lion chasserait une antilope habile et récalcitrante.

J’ai imaginé divers scénarios  pour cela, des plus sages aux plus imprudents. J’ai pensé, par exemple, à l’instituteur d’Antoine, qui me voue une attention toute particulière qui,  je dois vous l’avouer, ne me laisse pas indifférente. Peut-être que si je rendais mon mari jaloux, il tenterait de me reconquérir. Qui ne tente rien n’a rien, dit-on ! Alors, j’ai tenté. J’ai glissé un mot ce matin dans le cahier d’Antoine. Je ne vous en dis pas plus pour le moment.

Je vous embrasse, ma tante.

Votre Clothilde

A suivre...

A quatre mains, mais avec qui?

Qui saura deviner?

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15 juin 2008

Roxane

Je me suis mariée en 1972. J’avais tout juste vingt ans. Nous avions, mon mari et moi, trouvé une petite maison en location non loin de chez nos parents. Nous nous aimions et la vie nous souriait. Oh, nous nous disputions souvent, notamment à propos de Roxane, notre chienne, mais nous ne restions jamais fâchés bien longtemps.

Roxane avait presque le même âge que moi. Mes parents me l’avaient offerte quand j’étais toute petite. Quand j’ai quitté la maison, je l’ai emmenée avec moi. Je ne me voyais pas vivre sans elle. Mon mari n’avait jamais été pour. Il disait que cette chienne était méchante et qu’elle ne l’aimait pas. Bien sûr, elle grognait un peu sur lui de temps à autre, mais de là à mordre …

Moi, je la comprenais, ma chienne. Nous avions grandit toutes les deux, sans que personne ne se mette jamais entre nous, et voilà qu’un inconnu me prenait dans ses bras et lui refusait l’accès à mon lit. Elle était un peu jalouse. Et moi, je me disais que ça lui passerait, à condition que Marc fasse lui aussi des efforts pour l’apprivoiser.

Un an après notre mariage naissait notre petit fille, Christelle. Je n’ai pas repris le travail, après sa naissance. J’avais envie de m’en occuper. Et ce choix convenait très bien à Marc. Christelle était un beau bébé, très sage. Une belle petite fille souriante. Un bonheur ! Son père était fou d’elle.

Quand elle est née, il n’a plus du tout toléré Roxane à la maison. Elle a dormi dehors à partir du moment ou Christelle est entrée dans notre vie. Elle était déjà très âgée, et ses nouvelles conditions de vie n’arrangeaient pas sa santé. Parfois, ma vieille chienne semblait ne plus voir clair. Elle ne se nourrissait plus régulièrement non plus. Parfois même, elle avait du mal à marcher. Elle me faisait beaucoup de peine, mais je ne voulais pas me résoudre à la faire piquer, comme le suggérait Marc.

Il ne l’avait jamais aimée. Enfin, il avait de bonnes raisons de s’en débarrasser. Moi, je ne pouvais pas ! Cette chienne avait été ma plus fidele camarade de jeu. Je me suis entêtée, et pour lui rendre l’existence un peu plus douce, je la rentrais à la maison pendant la journée, contre l’avis de Marc.

Oh, je sais que ça l’aurait mis hors de lui, de voir cette sale chienne jouer avec notre fille dans le salon. Lui, il la pensait méchante et traitre. Moi, je la savais adorable. Pauvre chienne ! Pourquoi l’avait-il toujours détestée ? Roxane et Christelle s’entendaient très bien. Elle jouaient toutes les deux sur le sols de la cuisine pendant que Marc était au travail. Jamais Roxanne n’avait eu de comportement douteux envers notre petite fille. Elle était douce avec elle, même lorsque Christelle tentait de lui tirer la queue ou de lui faire quelques misères. Elles étaient heureuses, toutes les deux, à jouer ensemble… Et puis, le contact avec Christelle semblait faire du bien à ma vieille chienne, qui reprenait du poil de la bête, et ne se laissait plus mourir.

J’aurais tant aimé en parler à Marc… lui dire à quel points elles s’amusaient bien toutes les deux… mais il n’aurait rien voulu entendre. Je le sais. Il m’aurait ordonné, fou de rage, de ne plus faire entrer ma chienne à la maison. Parfois, lorsqu’il rentrait le soir et qu’il la voyait dehors, en train de grogner à sa vue, il disait qu’un jour c’est lui même qui lui donnerait un coup de fusil, à cette sale chienne. Comment aurait-il pu entendre qu’elle passait ses journées auprès de sa fille ? C’était notre secret à toutes les trois.

Christelle venait d’avoir deux ans quand c’est arrivé. Je me souviens qu’elle jouait à quatre pattes dans la salle à manger, à imiter Roxane. Le facteur a klaxonné. J’ai ouvert la fenêtre pour lui dire que j’arrivais. J’ai failli sortir aussitôt, mais ma conscience m’a ordonné  une consigne de sécurité. J’ai pris Christelle et je l’ai déposée dans son parc en bois. Je suis sortie en demandant à Roxane de me suivre. Et elle m’a suivie.

Combien de temps ai-je discuté avec le facteur ? Trois, quatre minutes ? Peut-être un peu plus ? Je ne m’inquiétais pas. Je savais que Christelle pouvait rester un long moment dans son parc, à jouer sans pleurer. Et puis, Roxane était sortie en même temps que moi…

La voiture du facteur est partie, je me suis retournée et j’ai réalisé que Roxane n’était plus derrière moi. Mon sang n’a fait qu’un tour quand je me suis rendue compte que je n’avais pas refermé la porte d’entrée de la maison. Tremblante, j’ai couru jusqu’à la maison, en hurlant pour appeler ma chienne. Je suis entrée dans la salle ou était disposé le petit parc de bois.

C’était trop tard. J’ai vu et j’ai hurlé.

On m’a emmenée, moi aussi . J’ai juste entendu un coup de feu. Il me semble que c’est notre voisin qui a tué Roxane. Je ne sais plus. Je ne sais plus qui a prévenu Marc.

Je n’ai pas voulu retourner dans la maison, après cela. Ce sont mes parents qui sont venus me chercher à l’hôpital. Je leur ai demandé ou était mon mari. Ils ne m’ont pas répondu.

Je ne l’ai revu que quelques jours plus tard, à l’enterrement de notre fille. Il était avec sa famille. Moi, j’étais entourée de mes parents. Il ne m’a pas adressé un regard. Pas même mes hurlements de douleur ne l’ont fait réagir. Nous sommes repartis chacun de notre coté.

Peu de temps après, j’ai reçu le courrier d’un avocat. Il avait demandé le divorce. Je lui ai écrit plusieurs lettres dans lesquelles je lui expliquais combien j’étais désolée, et combien notre fille me manquait. Elles me sont toutes revenues sans avoir été décachetées.

Le divorce a été prononcé et notre maison a été vendue. J’ai appris que Marc avait quitté la région pour oublier. J’ai essayé d’avoir sa nouvelle adresse, pour lui parler au moins une fois, mais ses parents m’ont claqué la porte au nez le jour ou je suis allée la leur demander. J’aurais tellement eu besoin de son soutiens, ou de son pardon…

Je suis restée seule avec mon chagrin et ma culpabilité. J’ai pleuré nuit et jour. Je suis allée chaque jour me recueillir sur la petite tombe. L’amour de mes parents n’a jamais réussi à me ramener à la vie. J’étais dans mon monde. Celui de l’autopunition incessante. Un monde à part, que je ne partageais avec personne. J’ai refusé toute aide extérieure. Ne jamais aller mieux, ne plus parler à personne, consacrer ma vie à mon repenti et à la petite pierre tombale.  C’était ma pénitence.

Je vivais comme cela depuis plusieurs années déjà quand, un 1er novembre, je suis entrée au cimetière comme chaque matin. Un couple était recueilli devant la tombe de ma petite fille. Je n’ai pas pensé à lui une seconde. Je me suis approchée. Il s’est retourné, et son visage s’est durci à ma vue. Il est devenu fou de rage, et il m’a chassée des lieux comme une moins que rien.

Il avait vraisemblablement refait sa vie, mais ni les années ni sa nouvelle vie n’avaient réussi à atténuer la haine et la colère que ma seule personne lui inspirait.

Ne voulant aucunement l’affronter, je me suis enfuie en larmes.

Et c’est ce jour là, il me semble, que j’ai bouclé mes valises, bien décidée à partir très loin, là ou personne ne me connaissait, et à tout recommencer.

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13 juin 2008

Tais-toi...

Doutes apparus il y a quelques temps
De plus en plus grands
Ce n’est plus comme avant.

Tendres messages, billets marrants

Les lecteurs demandent et attendent
Portes clauses « Qu’est ce qu’il lui prend ? »


Billet après billet, mon autre vie

Questions en suspens
N'est-ce pas vain ? Plus envie ?

Ne leur dis pas
Que ça fait un moment que tu ne t'y retrouves plus

Qu'il ne sentent pas, qu’ils n’ont rien vu

L’envie, je la perds
Alors, que faire ?


S’ils n’étaient pas devenus des amis

Je serais déjà partie.



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09 juin 2008

Plus participatif, y’a pas !

« A bientôt, Grand-Mère », lui avaient dit les deux enfants en montant dans la longue voiture allemande de leur père. « A bientôt, Maman », lui avait susurré à l’oreille son fils, qui la dépassait de deux têtes, en l’embrassant longuement. « A bientôt », avait cru bon ajouter , vaguement , sa belle-fille, en la fuyant du regard.

Une fois toutes les portières claquées et les ceintures ceinturées, Jean-Marc fit ronronner le moteur et mit le cap vers le foyer familial. Foyer familial ? Il lui semblait que ce mot, qui évoquait chez lui un univers doux et moelleux, définissait fort mal la maison et la soirée vers laquelle il se dirigeait. D'ailleurs, le confirmant dans ses pensées, sa femme fixant la route d'un air concentré laissa tomber :
- Je pense que ta mère à essayé de nous empoisonner.

- Tsss, t'as pas d'autres bêtises comme ça à dire devant les enfants ?? Oui, MA MERE cuisine moins bien que TA MERE, mais faut pas exagérer non plus...

- Pourquoi Mamie veut-elle nous empoisonner, dis maman, murmura affolée la petite Laure?

- je n'ai pas aimé son lapin aux girolles .... elles ne ressemblaient pas à des girolles !
- tu es ridicule, répondit Jean-Marc, en essayant vainement de cacher une grimace ... et à ce moment là, le plus jeune des enfants se mit à gémir :
-papa ! vite arrête toi ! je vais vomir !
Jean-Marc stoppe la voiture et se précipite pour ouvrir la portière ... trop tard ! une odeur nauséabonde envahit l'habitacle ..
-tu vois ! je te l'ai dit ! hurle sa femme... ses champignons sont vénéneux et moi aussi je commence à avoir des crampes !
Jean-Marc s'arrête net :
- je ne suis pas bien moi aussi !
et le petit dernier, dormait profondemment, son doudou prés de lui ...
- lui n'en a pas mangé
!

- Tu es sûr qu'il dort ??? Il bouge pas...

Valérie, tordue de douleur, suant à grosses gouttes, n'écoutait plus. Elle lançait des regards affolés et haineux à son époux, en l'invectivant :
- La salope. J'ai bien vu comme elle en bouffait pas de ces putains de champignons ! Je suis sûre que c'est à cause de Carla qu'elle a fait ça... Ta salope de mère !
Malgré les crampes, jean-Marc essayait de rester maître de lui :
- S'il te plait, ne parle pas comme ça devant les enfants !

- Les enfants? Mais y'en a un qui ne bouge plus et l'autre qui vient de vomir ses tripes. Tu crois qu'ils font attention à ça tes enfants? Ta salope de mère veut nous tuer.
- Mais pourquoi ferait-elle une chose pareille?

- On l'a battue au scrabble hier... Tu sais bien qu'elle n'aime VRAIMENT PAS perdre !!! Oh mon Dieu, MAIS POURQUOI on n'a pas triché comme d'habitude pour la faire gagner ?

- Tu le savais, Val, pourtant! Je t'ai toujours supplié de ne pas contrarier Maman. Tu n'en fais qu'à ta tête!

- De toute façon, elle me déteste elle ne m'a jamais donnée ma chance. Elle n'a jamais accepté que tu quittes Carla pour moi. Et maintenant que Carla est avec Nicolas, elle sait bien qu'il n'y a plus d'espoir pour que vous retourniez ensemble.

-Val, il faut que je t'avoue, puisque la fin approche, des fois le week-end, Carla...

Alors que le couple continue de s'engueuler sur le bas-côté de la route et que Valérie arrose copieusement de vomi les chaussures de Jean-Marc, une voiture de police s'arrête derrière eux.

Un spasme violent secoue Jean-Marc. Il se plie de douleur, pousse un gémissement:
- Val, Val, supplie-t-il
- Carla des fois le week-end?
- Val, j'ai mal
- Va demander à Carla de te soigner
!

- Eh bien, Carla et moi, des fois, le week-end, on chante ensemble...

Valérie s'apprete à hurler tout son mépris quand un policier vient à sa rencontre.

Derriere le policier ce tient aussi Carla , magnifique. Val, regarde ses chaussures couvertes de vomi, la sueur perle sur son front. Et l'autre là, si parfaite. Carla avance vers Jean-Marc:
- Tu avais promis de venir chanter avec moi aujourd'hui. Pourquoi n'es-tu pas venu?

Carla  se met a chanter. C'est le chant du cygne! Ils cassent tous leur pipe en meme temps.

Et là, Mathieu tape un grand coup sur le bureau : "Non de Dieu, Jean-Marc, encore en train de dormir !!!"

Jean-Marc, encore à moitié dans son rêve, balbutie :
- Carla ? C'est toi, ma belle ?
Mathieu :
- 3 ans de pacs avec toi, mais je ne m'habituerai jamais à ce tu fasses toujours des rêves d'hétéro... Pfff... Allez, viens minou, j'ai préparé un lapin aux girolles ! La même recette que ta mère!

- Mais non Mathieu, tu as mal entendu, j'ai dit "Carlos", te vexe pas!

-Jean-Marc, tu me gâches tout le plaisir à hurler Carla ou Carlos quand tu es dans mes bras.

-Ton plaisir, ton plaisir... C'est bien le problème, tu ne penses toujours qu'à ton plaisir !! Et moi dans tout ça ? Je suis quoi ? Un mec gonflable ? Ta chose ???
Ce ne sont que des rêves. Je ne suis pas responsable de mes rêves.

-J'en ai marre que tu rêves de Carlos ton prof de chant. Je n'en peux plus de ton Carlos. C'est comme le week-end dernier. Tu crois vraiment que je peux gober que vous avez été ramasser des champignons ensemble?

-Et moi j'en ai plus qu'assez de tes sous-entendus et ta jalousie... Tu sais bien que le seul Carlos pour lequel j'ai jamais éprouvé des sentiments c'est le fils à Dolto... Ses chansons si spirituelles et son joli bidon.... Ahhhhh

- C'est ça, fait ta moqueuse.... Tu vas voir ce que tu vas prendre !!!

- Oh oui une fessée!

- Je sais pas si tu mérites ? Est-ce que tu as été pas sage ???

- J'ai été très vilaine...

Echangeant des oeuillades délicieusement perverses, les deux garçons se dirigent vers la chambre. Mais Jean-Marc se prit le pied dans le tapis et commença un vol plané, son amant ne parvint pas à le rattraper...

FIN






La suite ? Vous attendez la suite ? Moi aussi ! La suite sera publiée… dans les commentaires. Vous avez saisi ?

A vous !

Une phrase, deux, trois, un paragraphe… Ne soyez pas timides !

Je suis pressée de pouvoir lire la suite, moi !

Posté par pitchval à 17:45 - Une simulatrice - Commentaires [80] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mai 2008

Choisissez l’excuse qui vous convient…

Je n’ai pas encore écrit mon billet, parce que voyez-vous, cet après midi, je suis sortie fumer une cigarette (que malheureusement j’ai allumée) dans mon jardin. Il y avait une chaise et un soleil agréable. J’y suis restée parce que je m’y sentais bien.

Je n’ai pas encore écrit mon billet, parce que j’ai vu, hier, que mon orchidée, un peu desséchée depuis plusieurs mois, était en train de renaitre. Depuis, j’attend son retour à la vie en l’encourageant vivement, par des mots affectueux.

Je n’ai pas encore écrit de billet, parce que ce matin le billet de Papistache m’a émue. Depuis que je l’ai lu, je guette l’apparition d’un poil solitaire et improbable sur la peau douce et sucrée de mon Gaby adoré.

Je n’ai pas encore écrit de billet parce que j’ai passé ma journée à me dire qu’il serait temps de faire ma déclaration. Ni d’amour, ni de guerre ! Ma déclaration d’impôts !

Je n’ai pas encore écrit de billet, parce que j’ai profité de l’absence de Manu pour admirer nos alliance tout l’après midi. L’autre jour, je lui ai passé la sienne au doigt, pour rire. Il m’a suggéré de ne pas recommencer de peur que ça nous porte malheur. Moi, qui ne suis pas superstitieuse, je lui ai demandé d’imaginer, pour rire, ce qui se passerait dans sa petite tête si je mourais la veille du mariage. Il n’a pas aimé. Ben quoi ? C’était drôle ? Non ?

Je n’ai pas encore écrit de billet, parce qu’avec le temps qu’il a fait, j’ai lavé beaucoup de linge pour qu’il sèche dehors. J’aurais très bien pu l’étendre et rentrer écrire, mais j’ai voulu tester le savon de Marseille parfumé à la lavande, pour laver mon linge. J’ai fermé les yeux, et, au soleil, avec l’odeur de lavande, de savon, et le bruit du linge qui danse au gré du vent, je me suis crue ailleurs, et c’était agréable.

Je n’ai pas encore écrit de billet, parce que moi voisin a tondu sa pelouse. Tant pis pour le bruit, fenêtre ouverte, j’ai invité le parfum de l’herbe fraichement tondue à partager mon thé de seize heures. Et puis, ça m’a aussi divertie de le regarder suer et souffrir, sous cette chaleur, on a pas idée !

Je n’ai pas encore écrit de billet parce qu’une amie m’a rapporté du thé et de la menthe fraiche, et qu’en plus, elle m’a prêté sa théière. J’aime bien ce thé là, très sucré, plutôt fort, désaltérant et aromatisé au souvenir de ma nounou marocaine, de quand j’étais petite.

Je n’avais pas encore écrit de billet, pour la raison que vous aurez choisi, mais finalement, ça n’a aucune importance puisque le voici.

Posté par pitchval à 17:06 - Une simulatrice - Commentaires [83] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mai 2008

Le plus objectivement possible…

Oui, je le sais qu’elle a pleuré, l’autre nuit. En fait, je ne l’ai pas entendue. Je dormais profondément. J’suis fatigué, en ce moment. Mais, je sais qu’elle s’est levée en pleine nuit. Il y avait une tasse vide dans l’évier. Et puis, la porte d’entrée n’était pas refermée à clefs. Elle est sortie. Elle ne referme jamais à clefs ! Elle fait trop confiance à notre chienne . Je lui dit souvent, elle dit « oui »pour faire plaisir, mais elle recommence !

Elle a certainement pleuré, l’autre nuit. Pour qu’elle se relève en pleine nuit, il faut qu’elle ait mal à la tête, ou bien qu’elle ait envie de pleurer. Elle a pas eu de migraine ! Sûr ! Elle me l’aurait dit, au matin ! Là, elle n’a pas évoqué sa nuit. Elle a pleuré !

Pourquoi ? Ben… je n’en sais rien. Souvent elle pleure, et je ne sais pas pourquoi… C’est désarmant ! Peut-être parce que la fête des mères approchait. Elle aime pas la fête des mères. Ou alors, elle avait passé une dure journée. Parfois, Gaby la fait tourner en bourrique. Oui, je sais, c’est pas un motif pour pleurer… Pour elle, si ! Un coup de fatigue, une petite vexation, un petit rien, et elle pleure.

Et quand elle pleure, je ne sais pas toujours quoi faire. Si je suis responsable de ses larmes, je m’excuse, mas sinon ? Sans me vanter, il me semble quand même que je ne suis pas souvent le coupable ! Ça peut arriver, mais ça reste très exceptionnel.

Non ! Elle pleure parce qu’elle est comme ça. Nerveuse et sensible ! Et quand elle pleure, suite à la toute petite goute d’eau qui fait déborder ses yeux, on a pas toujours idée de toutes les pensées qui peuvent nourrir son chagrin.

J’vais même pas lui dire que je sais qu’elle a pleuré. Je pense qu’elle préfère croire que je ne sais pas. Autrement, elle me l’aurait dit. Là, au matin, elle était souriante et au mieux de sa forme. Elle veut garder ça pour elle. Je pense que ça l’ennuie de me le dire. Elle a peur que je pense qu’elle s’écoute trop. Et puis, elle ne veut pas que je me fasse du soucis. Et puis moi je suis pareil. Je me replis, quand ça va pas, alors je la comprends. Et aussi… elle fait toujours ça.

Il y a quelques mois, elle était pas bien. Là, j’ai flippé ! Je ne savais plus quoi faire, tellement elle était mal. Elle a dû se faire aider. Et moi, ben moi… j’ai essayé de faire mon possible pour que ça passe, mais par contre, j’ai du me faire violence pour ne le dire à personne. Elle m’a supplié de ne pas en parler. Elle aime pas que les gens sachent qu’elle a ce genre de failles. Ça a été un peu lourd, de gérer ça tout seul, de ne pas pouvoir demander de conseils, de ne pas en parler avec ma mère… Mais, elle n’a voulu mettre personne au courant, surtout pas ma mère ! C’était sa décision, j’ai obtempéré.

Evidement, je me suis parfois demandé si c’était de ma faute, tout ça… C’est vrai que je ne suis pas à la maison aussi souvent que je le voudrais, mais… je bosse ! Je ne sais pas faire autrement. J’ai été élevé comme ça. Petit, je n’ai jamais vu mon père à la maison avant vingt heures. J’ai pas d’autre modèle. Je fais tout ça pour eux trois comme mon père l’a fait pour nous. Je travaille pour leur faciliter la vie. Et puis, peut-être aussi que j’aime ça… Chacun son truc, non ?

Moi, je ne joue pas au foot. D’ailleurs, j’comprends même pas les règles de tous ces sports… Je sors pas avec les copains. Je ne bois pas. J’ai tiré un trait sur les pétards depuis plusieurs années. Moi, je ne suis pas à la maison autant qu’ils le voudraient, mais c’est parce que je travaille. Je pourrais travailler moins, je le sais, mais pff… ça m’embête ! Faut penser à plein de trucs, dans la vie ! La maison, les vacances, les aléas, les frais en tous genre … Faut prévoir ! Et pour pouvoir prévoir, il faut bosser !

J’ai pas envie qu’elle reprenne le travail à contre cœur, en confiant les petits… J’veux qu’elle fasse comme elle a envie. Mais, pour ça, ben il faut que moi je travaille ! Non, je ne me sacrifie pas ! Travailler, de toute façon, j’aime ça !

C’est sûr, que le soir, c’est vite passé ! C’est clair, je suis fatigué, je joue un peu avec les lutins, j’prends ma douche, je mange, j’vais me coucher, et le matin je pars sans les avoir embrassés, mais j’essaye de me rattraper en fin de semaine. J’aime bien profiter d’eux, le weekend… Et puis, dés que je le peux, j’aide à la maison. Chaque dimanche, je passe l’aspiro dans toutes les chambres. Bon, j’me sens un peu obligé… ça me fatigue de la voir courir dans tous les sens et stresser parce que c’est pas fait. Soit je l’aide, soit je m’abstiens et elle va le faire elle-même, et du coup, on pourra pas se poser un moment tous les deux !

Le blog ? Non, j’aime pas venir lire ce qu’elle y écrit ! C’est son blog ! En plus, j’ai pas le temps… Elle me fait un résumé le soir, parfois. Parfois non. Parfois, elle me lit certains commentaires qu’elle reçoit. J’aime bien. Mais, j’vais pas aller lire son blog de moi-même. J’le fait quand elle me le propose.

Les blogs des autres ? Pareil ! Je lis ce qu’elle me montre. J’écoute ce qu’elle me lit. Je n’aime pas commenter. En fait, je n’aime pas écrire. J’sais jamais quoi mettre, et puis je suis déjà pas bavard dans la vie, alors communiquer par écrit…

Non, j’suis pas jaloux ! Au fond, ses lecteurs, ils ne la connaissent pas comme moi je la connais. Ils sont sympas, ses lecteurs ! Même qu’une fois y’en a une qu’est venue à la maison. Elle était super sympa ! Et même qu’il paraît que d’autres viendront ! Oh, j’aime bien ! ça me fait plaisir pour elle, quand il y a du monde à la maison. Même si je travaille, je sais qu’elle est pas toute seule. J’aime bien ce qui lui fait plaisir.

Non, je ne parle pas beaucoup. Je n’ai jamais rien à dire, en général. Je ne lui parle de mon travail que si elle m’interroge. Mais, ça c’est rien ! Elle est habituée. Elle parle pour nous deux. Ça me dérange pas, j’aime bien l’écouter. Elle me fait rire. J’aime bien quand elle a des projets, quand elle pense à mille choses pour la maison, pour les prochaines vacances… Moi, je suis toujours d’accord, en général. J’suis pas difficile à vivre.

Si elle est chiante ? Ouais !  Super chiante, même ! Tellement chiante que c’est un sujet de plaisanterie, ici. Mais ça, ça fera peut-être l’objet d’un autre billet. Un jour…

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14 mai 2008

Tanka d'une nuit d'ete

Une soiree d'ete
Dans mon hamac celeste
Je repose mon ame

Bercee par le chant des fees
Et les rires des etoiles.

A midsummer night's tanka

A summer evening
In my celestial hammock
I rest my soul

Lulled by the song of the fairies
And the laughters of the stars.

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12 mai 2008

Pour les jours où - y’a pas - on a envie de lire les autres et pas d’écrire

Edit du soir:

En fait... je n'ai pas écrit ce billet. Je l'ai reçu ce matin. Une blogamie me l'a offert. Et j'avoue qu'avec mon mal de tête c'est très bien tombé!

Personne n'a eu le moindre soupçon. Parfait, M'dame!

Dis, tu pourrais pas m'en envoyé une petite dizaine, par hasard? On sait jamais, si je tombe malade...

Parfois, même au boulot, il me faut une petite ligne. J’en ai pourtant déjà consommé quelques unes. Sachez que j’en prends– au moins – dès le matin, au saut du lit. Je m’occupe du matos, parfois au radar, parfois les sens déjà en éveil. Histoire de griser mes neurones, de les agiter un peu. Je hume la saveur du contenu et, s’il est un peu tard,  je sais qu’un de mes fournisseurs m’en envoient une livraison quotidienne.

Vous devinez bien que, de toutes façons,  j’ai toujours quelques réserves.

Après je sens son effet. Oh pas tout de suite, rien de brutal. Ca monte lentement, par petits coups. Un sourire se pose sur mes lèvres. Les pensées qui s’emmêlaient dans mon ciboulot s’apaisent, s’ordonnent en ordre de bataille, gonflées à bloc. Et je m’active le cœur léger.

Mais le pied le plus total, là-haut où je sais que, sans cela, je ne pourrai pas vaincre les monstres qui se cachent dans les recoins de la journée, c’est quand je prends ma bagnole. Je respire à bloc. Je branche la musique et soudain je vois, je vois un monde en couleurs. Pas un paysage plat ou s’alignent trois peupliers et deux voitures poussiéreuses. Non. La  lumière qui se perd dans les brumes des marais. Le vert chatoyant du printemps. Le héron qui squatte le macadam de la départementale. Je sens mon cœur se dilater sous l’afflux de cette vie généreuse qui s’offre à moi. Et je sais qu’elle m’est indispensable, comme ce sang, ce souffle sans qui avancer n’est plus possible.

La voiture est sur le parking, il me faudra d’autres doses, ne pas les oublier, et ne pas me perdre avant de plonger dans le jour hostile qui s’annonce.

Vous voyez, j'ai toujours pensé qu'un petit poème était ma dose quotidienne pour vivre. Une addiction, en apparence, assez inoffensive. Un petite ligne de mots, au coin d’une feuille de papier, ou d’un neurone.

Caro Carito

Posté par pitchval à 16:24 - Une simulatrice - Commentaires [76] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mai 2008

D'amour et d'eau tiède (suite et fin)

Acte IV scène 1

Tous les deux assis dans le canapé

Lise- (en larmes) Presse ce bouton, Jean. Je t’en supplie… Je n’y tiens plus ! Si seulement j’avais une idée du temps qu’il nous reste à tenir… Mais là, je ne peux plus !

Jean- Ce serait trop bête de tout bousiller sur un coup de tête , Lise.

Lise- Ecoute… Et si l’un de nous appuyait sur le bouton, et, une fois dehors, envoyait la moitié de ses gains à l’autre ?

Jean- Tu connais la règle, Lise !

Lise- (sûre d’elle) Je la connais ! IL n’est écrit nulle part que nous ne pouvons pas partager.

Jean- Et après ? Qu’est ce qu’on fait, chacun de notre côté, pendant dix ans ?

Lise- On s’attend !

Jean- Ici, tu ne supportes même plus l’attente. Et tu me dis que tu m’attendras dix ans ? Tu sais qu’on ne peut avoir aucun contact, sous peine de devoir tout rembourser ?

Lise- Je le sais. Je le sais mais j’en peux plus, Jean ! C’est pas humain, de rester ici. Je ne tiendrai pas un jour de plus.

Jean- Tu te souviens de ce qu’on s’était dit ? Que notre amour serait plus fort…On s’était dit qu’ils se trompaient, Lise, que nous tiendrions sans problème, qu’un an c’était vite passé, qu’ils se mettaient le doigt dans l’œil, avec leur stupide théorie. Tu as oublié ?

Lise- Non, Jean. Je n’ai pas oublié. Mais c’est nous qui nous sommes trompés. Ils ont raison, Jean ! L’amour, même fort, ne suffit pas. Et tu le sais comme moi. On ne peut pas vivre sans autre plaisir que celui d’être ensemble. C’est tout à fait impossible. On a été trop naïfs, Jean ! On s’est crus plus forts que les autres, plus amoureux. On a surestimé notre amour, j’en ai bien peur.

Jean- Dois-je comprendre que tu abdiques ? Tu renonces à notre couple ? Il ne vaut pas un an de sacrifice ?

Lise- Je ne renonce à rien, Jean. Appuie sur le bouton. Une fois dehors, tu me feras parvenir de quoi vivre. Dans dix ans, l’interdiction sera levée, et nous reprendrons tout à zéro.

Jean- Tu es folle…

Lise- Je voudrais juste que tu y réfléchisses…

Acte IV scène 2

Lui est allongé sur le canapé lit, elle est debout, le front collé à la fausse fenêtre.

Jean- Tu n’as pas dit un mot depuis des lustres.

Lise- Je croyais que tu voulais la paix ?

Jean- Arrête tes sarcasmes !

Lise- (agitée) Ah ! Tu vois ? Quand je dis un mot tu me demandes d’arrêter !

Jean- Je te demande d’arrêter cette mauvaise foi, pas de ne pas parler !

Lise- Ma mauvaise foi ? Et la tienne, alors ? (plisse les yeux) As-tu réfléchi, Jean ?

Jean- (soupir) Ne recommence pas …

Lise- Qu’a- t’on fait, ces dernières vingt quatre heures ? Hein ? Et celles d’avant ? Je t’écoute ! Qu’a-ton fait ? Et la semaine dernière ? Et le mois dernier ? Que ferons-nous demain ? Et après demain ? J’étouffe, Jean !

Jean- (se lève, marche en sa direction et lui caresse les épaules). Si ça se trouve, il ne nous reste que quelques semaines. Tu imagines ? Tout gâcher pour quelques semaines ?

Lise- (se dégage de l’ étreinte) Mais ça fait des jours que tu me dis ça, Jean ! Voire peut-être des mois ! Si ça se trouve on se plante, et il nous reste encore plusieurs mois à tenir, Jean. Et cette idée m’est insupportable. (chuchote, le regard hagard) Insupportable…

Jean- Soit ! (lui prend la main et la conduit brutalement jusqu’au mur opposé). Vas-y, alors ! A toi l’honneur ! Appuie ! Vas-y ! Puisque tu n’en peux plus ! Puisque tu ne peux plus me supporter ! (hurle) Presse-le, ce putain de bouton, Lise !

Lise- (en pleurs)Non… Pas comme ça, Jean.

Ils s’enlacent calmement.

Acte IV scène 3

Etendus sur le lit, dans les bras l’un de l’autre.

Lise- Crois-tu qu’on prend la bonne décision ?

Jean- Mais c’est toi qui…

Lise- Je sais ! Je n’y tiens plus, ici, Jean ! Je pense que nous faisons le bon choix…

Jean- Si tu le dis…

Lise- Tu n’en est pas certain ?

Jean- J’ai le sentiment que nous aurions pu tenir encore.

Lise- Pas moi !

Jean- Mais tu vas mieux, depuis quelques repas…

Lise- Je vais mieux parce que je sais que la fin est proche.

Jean- Tu vas mieux à l’idée de ne plus devoir me supporter ?

Lise- Ne soit pas bête…

Jean- Avoue quand-même que tu es soulagée à l’idée que nous sortions d'ici l'un sans l'autre ?

Lise- Je suis soulagée à l’idée de sortir d’ici tout court. J’aurais préféré que l’on sorte ensemble, main dans la main, mais je n’en peux plus . Si nous restons, je vais devenir folle.

Jean- C’est ta décision. Tu es prête ?

Lise- Non, attends ! Je veux encore profiter de toi un peu. Promets-moi d’abord de ne pas m’oublier…

Jean- Je te ferai passer de l’argent liquide par ma sœur. Elle te contactera pour te verser une pension chaque semaine.

Lise- Je ne te parlais pas d’argent…

Jean- Je patienterai, Lise. Je penserai à toi chaque jour. Tu auras de mes nouvelles par ma sœur. Elle sera notre messager.

Lise- On ne pourra même pas s’appeler, ou s’écrire ?

Jean- J’ai bien peur que non ! Tu sais bien qu’ils ne sont pas nés de la dernière pluie. Il y a trop d’argent en jeu. Ils nous surveilleront.

Lise- Dix ans, c’est…interminable !

Jean- Tu as le droit de changer d’avis, Lise. Dis-le si tu ne veux plus ! C’est maintenant ou jamais !

Lise- Non ! Je suis prête… Allons-y…

Ils se lèvent, se prennent par la main et marchent en direction du mur.

Ils s’arrêtent face au mur et se tournent l’un vers l’autre.

Lise- A dans dix ans, Jean.

Jean- A bientôt, Lise…

FIN DE L’ACTE IV

EPILOGUE

Même pièce, mais à la décoration différente. Meubles rouges, lumières tamisées, fond de musique classique. Sur la table en forme de cœur, une énorme coupe de fruits et un luxueux sceau à champagne.

Lise est assise sur un canapé rouge, entre deux coussins rouges en forme de cœur. Ses cheveux sont montés en chignon. Elle porte une robe de soirée rouge vif et très décolletée.

Un homme est debout, face à la fausse fenêtre rouge en forme de cœur. Chacun d’eux tient une coupe de champagne.

Lui- Avez-vous la moindre idée du temps qui s’est écoulé depuis notre entrée ici ?

Lise- Je vous conseille de ne pas y penser…

Lui- Nous aurions du compter le nombre de vaporisations de parfum d’ambiance. 

Lise- C’est inutile, vous savez ! Il n’y a aucune régularité entre chaque vaporisation.

Lui- Quel ennui !

Lise- Je ne vous le fait pas dire, mais je préfère que vous gardiez vos réflexions pour vous. Vous allez me faire déprimer. Racontez-moi plutôt quels circonstance vous ont conduit ici, ça nous fera passer le temps.

Lui- Je suis célibataire, et j’ai besoin d’argent. Je suis poète à mes heures, et le fait de pouvoir écrire sans être obligé d’aller travailler pour gagner ma vie me tente. Qu’est ce que c’est, une année, si toutes les autres ne sont que plaisir ?

Lise- Vous êtes poète ? C’est merveilleux… Vous me ferez lire vos poèmes ?

Lui- Je m’en ferais une joie. Et vous ? Quelles sont vos motivations ?

Lise- Moi ? (abattue) L’homme que j’aimais m’a trahie. Nous nous aimions, et puis l’argent lui a monté à la tête. Il m’a oubliée, me laissant sans le sou… J’ai un crédit immobilier à payer, et des dettes à rembourser.

Lui- Je vois… Je suis désolé de vous avoir posé cette question.

Lise- ça ne fait rien…

Lui- Ils jettent quand même sacrément leur argent par les fenêtres, dans ce labo (sourire).

Lise- Que voulez-vous dire ?

Lui- Qui peut être assez stupide pour penser qu’un homme et une femme qui ne se connaissent pas puissent tomber amoureux simplement en étant immobilisés dans un milieu propice ? (rire)

Lise- Et si leurs théories étaient fiables à cent pour cent ?

Lui- Vous plaisantez ? (Sourire) Avec tout le respect que je vous dois, et malgré le fait que je vous trouve tout à fait charmante, je doute que nous quittions cet endroit ensemble !

Lise- (comme pour elle même) Nous en reparlerons dans un an.

F I N

Posté par pitchval à 21:37 - Une simulatrice - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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