« Arrêter la clope, avant qu’elle n’arrête ma vie… »
Quel poison délicieux, quelle drogue exquise ! Un moment de solitude apprécié, une saveur tant aimée…
J’essaye de me souvenir de la première. Ah oui, une pour tester, juste pour voir, une seule pour braver le danger…Elle fut mauvaise. Mauvaise odeur, mauvais goût, le goût de l’haleine d’un phoque (fumeur).
Faire comme si elle n’avait jamais existé, et l’oublier. C’est pas pour moi, cette saloperie la…
La deuxième, je l’ai réclamé à un initié un jour de désespoir. Une clope pour se calmer, pour s’étourdir un peu, pour décompresser. Elle eut l’effet escompté… et fut adoptée !
Pourtant, toutes les cigarettes n’ont pas le goût du désarroi !
Il y a la première au goût de café
Il y a celle qui fait digérer
La dernière avant le coucher
Celle des soirs remplis de sensualité
La douce qui accompagne un bouquin ouvert
Celle des apéros qu’on consomme avec un p’tit verre
Celle qui donne de l’inspiration
Celle qui invite à la réflexion
La cigarette qui console, celle qui calme
Celle qu’on aspire vivement pour faire disparaître les larmes
La clope qui aide a contrôler son stress
La blonde qu’on réclame en pleine détresse
Il y a aussi la clope fumée en toute stupidité
Celle du dégoût, celle du manque de volonté
Celle a cause de laquelle j’imagine l’état de mes bronches
Celle qui chaque matin me donne une sale tronche
Il y a la vilaine aussi qui revient
Après l’effort de l’abstinence … elle fait un mal de chien !
Il y a aussi celle que l’on a pas fumé
Parce que l’on est enceinte, on le sait
On sait aussi qu’après
On sera heureuse de la retrouver
Comment font ils, ceux qui n’ont jamais fumé ? Ils sont pas plus gros, ils ne sont pas malheureux ? Ils sont pas dépendant, tout simplement ! Bon sang, que je les envie, tous ceux qui n’ont jamais eu besoin d’un poison boueux !
Et ceux qui ont arrêté ? Depuis plusieurs années, sinon, ça compte pas !Ils ont réussi a s’en passer, et paraît même qu’ils sont en meilleures santé ! Ils sentent mieux le goût des aliment, à ce qu’il paraît. Ils ont repris le sport, et n’ont pas pris un gramme (enfin, pas tous).
Alors pourquoi ? Pourquoi moi je peux (veux) pas ?
Dans de rares moments de lucidité, je me dit que c’est maintenant ou jamais… mais le jamais l’emporte après quelques bouffées… Quand j’étais enceinte ? C’était différent ! On doit tout simplement mener à bien un projet que nous a confié le destin. Une volonté divine que j’ai du mal à m’expliquer. Toujours est il que je le savais, qu’après grossesse et allaitement, je reprendrai. La clope d’après, je l’attendait fermement !
Inconscience ? Certainement, mais en toute connaissance de cause et lucidité.
Abstinence ? Combien de temps, deux jours à tout casser ?
Bonne conscience ? Se dire qu’on arrêtera après avoir perdu ce kilo, et l’autre aussi.
L’échéance ? Inconnue…
Et alors quoi ? L’intérêt du billet ? Dire que t’as décidé d’arrêter ?
Même pas ! Billet absurde, sans aucune utilité.
Billet des jours de dégoût, billet des jours de répugnance, billet sot !
Billet qui dit « je te l’avais dit, faudra pas venir pleurer »