Voilà l’été
L’été, ici comme ailleurs, commence par la fête de la musique. Ce soir, si j’étais courageuse, que dis je, téméraire, je me serais aventurée dans le cœur de La Rochelle, la ou la fête doit battre son plein. J’y renonce. Je me dis que je passerai autant de temps à y entrer, puis à trouver une place de parking qu’à faire profiter mes oreilles de jolis sons devant un décor de vieux port. L’année dernière, nous avons fêté l’évènement dans notre commune. Malheureusement, ça manquait un peu de tonus et de participants. Ce soir, si le temps le permet (l’été commence chez nous par un matin pluvieux) nous ferons la part des deux : nous iront à Rochefort.
L’été, ici à la différence de tout autre lieu, c’est la saison des sempiternelles Franco folies. Une semaine entière de festivités, d’artistes, de concerts en plein air, c’est sympa en effet. La ville s’anime comme jamais. Les Francos, c’est tout beau tout rose ? Je suis partagée. La semaine des Francos, c’est aussi pour les habitants une semaine ou il faudra se passer d’avoir besoin de se rendre à La Rochelle. Les parking sont bondés, les rues encombrées, les issus bouchées… Les Franco folies, ça sous entend aussi que les salariés travaillant à La belle Rochelle, mais vivant aux périphérie galéreront plus qu’à l’accoutumée pour aller bosser. On a rien sans rien, me direz vous. Je vous l’accorde volontiers.
L’été, pour les percherons expatriés que nous sommes, c’est aussi une maison qui ne cesse de se remplir d’amis et de famille au gré des disponibilités de chacun. Imaginez entre deux et cinq personnes conviés qui se font une place dans le foyer. La chambre d’Elisa est réquisitionnée. Le jardin fait office de camping. L’accès à l’unique salle de bain est compliqué. Les repas sont servis pour de grandes tablées. La télévision est boudée. Oh, n’ayez pas pitié de nous ! Nous invitons parce que nous aimons ça ! Une maison et des journées remplies, c’est bien plus agréable qu’on ne le croit. Les ôtes n’ont pas plus de corvées pour autant. Les vacanciers aident (linge, courses, cuisine, enfants..). C’est convivial et animé. Les cousins cousines s’amusent et veillent. Les dîners se prolongent jusque tard dans la nuit. Les jeux de cartes, de boules, les apéros, les sorties s’accélèrent à un rythme effréné.
La principale corvée, malgré tout, pour Val et sa disponibilité, c’est de faire office de guide aux vacanciers. L’été, le zoo de la Palmyre sera parcouru à deux reprises. L’aquarium, les musées, le Fort Vauban, l’Hermione, la corderie seront parcourus sans compter. Les ponts de Ré et Oléron seront franchis un nombre incalculable de fois. Le fort boyard sera (encore) montré. Les vacanciers ne s’en lassent pas. Valérie, si, un peu…Cette année, je vais tenter d’imposer d’autres visites à mes invités…Il y a tellement de belles choses à voir…
Et puis, cette année ce sera peut être un peu différent. Je ne serai pas surprise d’une baisse de fréquentation. La rénovation de notre maison calmera le jeu un petit peu. Les plus respectueux n’oseront pas venir par peur de déranger. Les plus paresseux auront peur d’être mis à contribution pour les travaux de la maison.
L’Eté, c’est aussi et surtout la saison des sorties agréables. Il faut dire que dans la région, on ne lésine pas sur les fête et animations. Les marchés sont plus étendus et animés que le reste de l’année. Les vides greniers et fête communales redoublent. Les marchés de nuit battent leur plein chaque samedi.
L’été, c’est aussi la plage. Bronzage, siestes et jeux prés des dunes, bains d’eau salée, beach volley, odeur de moules frites seront appréciés. Quelques célébrités seront aperçues. Les habitués viennent profiter de leur villa à l’Ile de Ré. Certains sont invités à l’enregistrement d’une émission sur un Fort télévisé.
Tout n’est pas tout rose, pourtant, l’été. Il vous faudra réserver une table très en avance si un resto vous tente. Les terrasses, les cafés, les brasseries, restaurants, crêperies, casinos sont pris d’assaut par les vacanciers.
De même, un grand nombre de salariés s’en passerait bien, de cette petit popularité. Chéri, qui atteint chaque matin La Rochelle en vingt cinq minutes, passera une heure dans son véhicule certains jours d’été. Heureusement, son entreprise a pensé aux horaires décalés. Dés juillet, il commencera sa journée à l’heure ou les touristes couche tard ne seront pas réveillés, et la terminera très tôt, à l’heure de l’apéro.
Si Valérie a des courses à faire, elle devra s’armer de patience et se laisser engloutir, elle et son auto, dans une chaîne sans fin d’escargots polluants climatisés. Heureusement, je me suis inventé un petit jeu pour passer le temps perdu dans les embouteillages. Je m’amuse à consulter les deux derniers chiffres de chaque plaque d’immatriculation des véhicules derrière et devant et à rechercher le lieu d’habitation de tous ces gens. Quand ça dure vraiment longtemps, j’ai même le temps de faire quelques statistiques sur les provenances des touristes. Pas de doutes, les chiffres sont unanimes, la région parisienne arrive en tête. J’esquisse aussi quelques sourires les (pas si rares) fois ou j’aperçois une plaque très connue, 28 ou 61. C’est un peu idiot, mais je me sent un peu chez moi.
L’été dernier, un évènement particulier m’avait en partie empêché de profiter à fond de mon été. Juillet et août avaient été deux mois de petits tortures, petits tracas, et petite invalidité pour cause de stade de grossesse avancé. La canicule de juillet n’avait fait qu’amplifier. Cette année, malgré un bébé à protéger de toute exposition prolongée, je vais quand même mieux apprécier, et ne moins m’agacer quand dans le capharnaüm des autos je serai engouffrée, ne pouvant plus reculer…
Ah, les joies de l’été…