Dictature... oppression !!!
J’écris. J’écris sur mon blog et j’aime ça. Je me crois libre d’écrire ce que je veux. Pas tout à fait, en réalité. Censure morale ? Tout à fait ! Pudeur ? un peu. Peur de choquer ? Aussi. Raisons multiples, variées… mais morales ? Pas seulement !
J’écris, et même lorsque mes écrits sont moralement corrects, je suis sous le coup de bâton d’un vrai tyran, qui me censure au quotidien.
Ce despote, il est plus sournois. Il est plus discret, plus délicat, plus mesuré. N’empêche, il me bat, il me domine, c’est lui le maître. J’ai déjà tenté d’écrire sans lui, de l’ignorer, de remettre en cause sa suprématie. Je n’y arrive pas tout à fait. Oh, bien sur, sur le coup, ça me libère. Sans lui, je me sens comme un petit poisson créatif, qui peut créer à l’infini.. de l’infiniment fertile. Si je me sauve de son autorité, je gagne du temps, un temps fou. J’écris au gré de mes idées, sans réfléchir à autre chose qu’au fil de ma pensée. Je me crois toute puissante. Je ne dépend plus d’aucune force éminente.
Cette légèreté ne dure qu’un temps. La réalité me rattrape. De moi même, à la fin de mon récit, je me soumet. Inconsciemment, je me fait docile à mon bourreau. Je reprend le texte du début, et je l’assujetti aux exigences du monarque. Bien sur, mon texte et moi, on garde une certaine arrogance, et un semblant de dignité. Nous arrivons tous deux, main dans la main, à résister et a laisser passer certains mots en zone libre. Les mots s’échappent ainsi de l’emprise de l’empereur et fuient, libres, heureux, mais vite rattrapés.
Ils sont rattrapés, non pas par l’oppresseur, mais par ses partisans. Et croyez moi, ils sont nombreux. Ils sont partout, et même on ou ne soupçonnerait même pas leur présence. Ils collaborent et s’efforcent de faire régner l’ordre voulu par leur maître absolu. Mon texte et moi, on a peur. On est terrorisés par les éventuelles attaques des sectateurs. On se sens oppressés, tous les deux. Une fois le texte libre en ligne, on craint les représailles. Surtout moi. Mon texte, c’est pas vraiment sa faute, il s’en fiche. Moi, je risque à tous moment d’être montrée du doigt, avec un texte qui transgresse la loi incontestable. Au mieux, le lecteur adepte se taira par politesse. Le zélateur, lui me fera une remarque. Le petit soldat reprendra mes erreurs pour mettre mon texte dans le droit chemin. Le religieux m’ouvrira la porte de la sagesse, en me rappelant la règle affectueusement. Le fanatique passera son chemin, et me fuira comme la peste. Censurée, à cause de ma soif de libertés!
Pour éviter le massacre, je devrai moi aussi me soumettre complètement, et sans concession. J’y pense. Bien sur, j’aimerai, moi aussi, entrer dans cette secte d’initiés. J’aimerai me soumettre à toutes les règles partiales imposées. Il faudrait que je les apprennent. Toutes. Comme tout tyran, ces règles à lui sont arbitraires. J’ai du mal à m’y résoudre, sûrement un peu pour ça, d’ailleurs… peut être aussi parce que je suis une rebelle.. un peu. Surtout parce que je suis étourdie. Je suis imprudente, je ne sens pas le danger venir, quand j’écris. Un jour, ça me coûtera cher…Si ça se trouve, mon écriture finira au bagne, ou sera condamnée à la peine capitale, si je ne m’efforce pas d’obéir !!!
Je dois devenir un bon petit soldat, docile et obéissant. Je dois m’efforcer de lécher les bottes de mon Roi, d’être une gentille courtisane (c’est comme ça qu’on réussi, dans la vie… en flattant, n’est ce pas ?). Je dois lui faire honneur, et chanter sa gloire, et lui faire les révérences qu’il mérite. Il faut que je m’efforce de le considérer comme une instance supérieure, une ligne de conduite à suivre à la lettre, un maître tout puissant, un référent indéniable… il faut que j’arrête mes fantaisies stupides, qui me coûterons la vie !!!
Ce tyran est d’autant plus redoutable qu’il est de sexe féminin !
Si votre Excellence daignait me dicter l'orthographe des mots lettre à lettre, les envieux ne sauraient plus que dire. ( Stendhal, Chartreuse)