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Val ...
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8 septembre 2007

Le fils perdu

Puisque je ne suis pas là… enfin, puisque je n’ai plus de connexion pendant un bonne semaine, ou un peu plus, j’vais pas parler de moi…

J’en profite pour parler un peu des autres (et aussi pour poster des textes, comme celui-ci, écrits il y a déjà un peu de temps, mais que j’avais boudé à l’époque…)

Faut bien que chaque texte ait sa petite chance, non ?

Le fils perdu, c’était l’aîné de trois enfants. Même lorsqu’il était petit, il était déjà le plus grand. Il devait faire moins de bêtises, être moins capricieux , exiger moins d’attention, et « comprendre », parce qu’il était le plus grand. 

Petit déjà, il se sentait le moins aimé. Sa maman rappelait souvent aux invités qu’il avait été le bébé le plus grincheux, qu’il était le plus dur des trois, et le moins doué à l’école, et aussi le plus têtu. Il ressemblait à son père, au grand regret de sa mère. Pas comme son frangin, qui était Maman-tout-craché, ni sa petite sœurette, qui était unique…

Le fils perdu a grandit dans son moule. Après la troisième, la logique voulut que son père, artisan, le prenne comme apprentis, puisqu’il n’était pas doué pour les études, et qu’il n’avait aucune idée concernant son avenir.

Alors que son frère était au lycée, et sa sœur dans les jupes de sa mère, le « grand » apprenait le métier de Papa sans conviction aucune !

Aucune envie ! Aucune conviction !

Après son CAP, il entra à l’usine. Et ça lui plaisait, l’usine ! Il s’y sentait bien et gagnait son pain.

« Tu vas pas faire ça toute ta vie ? »

Il préférait ne rien répondre…

A l’age des petites amies sérieuses, celle de son frère plaisait beaucoup à Maman. Elle était gentille et dynamique, et joviale, et souriante. Lui aussi, il en avait une, de petite amie, qui ne faisait pas l’unanimité. La sienne était réservée, et craintive, et effacée, et « elle avait du mal à dire bonjour ».

Il y eut des différents. Ils étaient nombreux !

Maman lâchait pas l’affaire !

Cette fille là était pas pour lui, et l’usine était pas pour lui…

Tout ça n’était pas pour elle, en réalité…

Le couple perdura et s’installa.

La mère y allait souvent, chez eux… elle y allait pour « voir ». Elle le visitait pour qu’il change de job (et éventuellement de compagne). Elle y allait bien trop souvent… elle y allait pour y vanter son autre belle-fille, et aussi son autre fils, qui était étudiant…

Trop tard pour elle !

La fiancée était enceinte.

Ma foi, elle était heureuse, malgré tout. Grand-mère pour la première fois, c’est pas rien…

Tant pis, elle s’y ferait, à la Maman du petit !

Elle n’avait plus le temps de se tracasser de tout ça, de toute manière… Elle aussi, elle avait des problèmes de couple, de son coté.

Papa du fils, qui était à présent séparé de la maman, se rapprocha du couple « mal –aimé ». Il fut aux premières loges pour voir le premier petit fils.

Au fil de la grossesse, la situation du couple des parents s’envenima, et le Papa rapporta aux futurs parents quelques propos blessant tenus pas son ennemie.

La Maman enceinte en fut blessée. Bien plus que blessée. Le fils aussi.

Les tentatives de discussions se terminaient en cris et pleurs à chaque fois.

Le bébé arriva.

La Mamie se confondait en explications.

La jeune maman la détestait à présent.

Le jeune Papa avait gardé souvenir de ses années d’enfance…et avait tous les honneurs de son père dorénavant.

Le choix fut rapide et radical.

La nouvelle grand-mère ne vit le rejeton qu’une seule et unique fois.

Le frère et la sœur s’insurgèrent. Leur sort fut le même.

Le Papy profite aujourd’hui seul du petit.. et de son petit frère…

Paraît qu’il y a un petit frère.

Paraît qu’ils se sont mariés.

Paraît même qu’ils ont fait construire.

Les cadeaux de Noël et d’anniversaires des petits reviennent par courrier, sans avoir été ouverts.

Le téléphone ne répond plus depuis quelques années.

Elle n’a vu qu’une fois le bébé, qui est certainement scolarisé…

Elle n’a jamais vu le bébé, qui est né depuis le printemps dernier…

Vous vous doutez bien que je n’ai ni chute en « happy-end » , et encore moins un morale à vous proposer… mais rien est statique, alors un jour, qui sait ?

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Commentaires
V
Kloelle, être maman, c'est jamais simpleen effet.<br /> <br /> Fabeli... je pense que les mères, en general donnent de l'amour à tous leurs enfants (j'ai la naiveté de le croire)... le reste, c'est une question de dosage, non?
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F
...Val, triste pour le fils et triste pour la mère. Combien de mères incapables de donner de l'amour à tous leurs enfants?Et souvent c'est l'ainé qui trinque, comme si le coeur de la mère ne pouvait s'ouvrir tout de suite pour l'accueillir. Combien d'enfants se construisant difficilement, bancals à jamais dans leur âme?
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K
Voilà une histoire qui me touche beaucoup.<br /> J'ai deux garçons moi aussi.<br /> Un très brillant à l'école, un enfant précoce comme on les appelle maintenant et un petit clown plein d'esprit qui refuse la "chose scolaire" .<br /> Pour une maman ce n'est pas simple....je raconterai un jour.
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