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Val ...
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27 février 2008

Un autre regard

Chouette, un nouveau jeu, me suis-je dit ! J’adore jouer. J’adore jouer à écrire. J’ai bien voulu jouer, mais seule dans mon coin, ou presque. J’ai eu envie de jouer, mais bien cachée…

Ce que j’ai pris pour un jeu, pour une fantaisie, ne l’est pas tout à fait. Pour cette nouvelle année, j’avais décidé (en plus de faire des économies) dans revisiter mes souvenirs (le maximum de mes souvenirs) avec un autre regard. Val revoit Valérie, pour l’instant encore petite (elle grandira au fil des semaines). Val écrit sur Valérie. C’est se regarder le nombril, en effet ! C’est aussi pour cette raison que je le fais en toute intimité.

J’écris sur Valérie, et je la regarde agir, être, grandir, évoluer, pleurer, rire, jouer, apprendre. Je creuse profond en moi pour y puiser intact le passé. Je racle tous les bords de chaque souvenir. J’essaye de me rappeler le plus précisément possible, le plus vrai, le plus juste, le plus objectif. J’essaye de me rappeler quels étaient mes sentiments, mes désirs, mes espoirs, mes chagrins, mes doutes, mes peurs, mes angoisses, mes bonheurs. Je fais des fouilles ! A l’intérieur de mon âme.

Je fais revivre mes parents, ma mamie, des proches décédés, des amis oubliés, des lieux ou je ne suis jamais retournée. Je pensais que ça serait « intéressant » pour moi, voire amusant, voire profitable. Un exercice d’écriture différent, une futilité de plus, parce que j’aime écrire, et que là, il y avait matière à noircir des pages (pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois) pour le plaisir. Avant tout !

En fait, c’est très troublant. En vrai, j’ai l’impression d’être partie en exploration dans des fin fonds jamais revisités. Ma vie, je la connais par cœur, et pourtant…

Cette fois, en écrivant, j’ai un autre regard. Un neuf. Un plus adulte. J’ai changé, certainement. J’essaye d’être objective au possible. J’essaye d’écrire impartial. C’est important, pour moi. Je ne me mens pas, et ça c’est une petite torture ! Et ça, c’est parfois déchirant, de se faire violence, pour écrire vrai. Mais autrement à quoi bon ? Dans le cas contraire, on laisse tomber et on s’invente un autre jeu, plus imaginatif.

Ecrire les choses telles qu’elles se sont passées, telles que je m’en souviens. Ecrire, ça va ! On écrit tout d’un bloc. Mais relire ? Relire ce que Val a écrit sur Valérie, c’est dur ! J’ai l’impression de lire la vie de quelqu’un d’autre (pourtant, c’est bien la mienne, et en plus, c’est moi qui écris !) , de quelqu’un qui a souffert. Quand je relis, je suis comme spectatrice, comme si je n’avais jamais vécu tout ça. C’est perturbant, mais pas tant que ça. Rien ne me fait de la peine, j’ai l’impression . Je me relis avec une froideur presque inquiétante. Rien ne me touche, comme si tous ces textes n’avaient plus rien à voir avec moi.

Etrange, et pénible parfois… et pourtant, je n’ai pas envie d’arrêter. J’ai l’impression de faire quelque chose d’important. J’ai l’impression que je dois aller au bout.

Maso, Val ?

Certainement.

Parfois je remets certains passages à plus tard. Je recule des échéances. J’ai la trouille. Pourtant, c’est fini, c’est passé. Je ne risque plus rien. J’suis plus une petite fille. J’ai plus rien à craindre.

J’ai la frousse quand même. De découvrir des choses ? Que pourrais-je découvrir ? Tout est en moi, déjà. Y’a plus qu’a retranscrire par écrit. Pourtant, j’ai l’impression de fouiner, de chercher, de creuser… et j’ai le sentiment que je vais y trouver des tas de choses qui m’ont jusqu’à présent échappées. Déjà, j’en ai trouvé…

C’était un petit jeu. Un paris avec moi-même. Ça aurait dû être un passe temps sympa. Je me rends compte, au fil des textes, que ça a une importance tout autre. Je réalise, à chaque passage achevé que c’est une étape franchie. Il fallait peut être ça ? Peut être, ou peut être pas…

Je me crois souvent faible et sensible. Je me lis forte comme un roc.

Je me suis crue coupable, fautive, responsable. Je me lis victime.

Je me suis pensée aveuglée, je me sens plus lucide que jamais .

Ça fait un bien fou.

Depuis janvier, j’a l’impression d’y voir clair. Depuis que j’ai commencé, j’ai le sentiment d’être apte à comprendre, et l’impression d’être prête à accepter de  faire le deuil de ce que je ne comprendrai jamais.

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Commentaires
V
Merci, Vincianne :D .
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V
C'est un travail très important sur toi-même que tu fais là Val...c'est courageux !<br /> Bisous
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V
Vanina, quand j'écris ici sur mon "présent", y mettre la forme, pour moi, c'est surtout (quand c'est possible) me servir de l'humour pour creer une certaine distance :D . <br /> Là, pour ça, je ne peux pas. Ou je n'y arrive pas. C'est certainement pour ça aussi que ça me chahute un petit peu.<br /> Je peux reprendre ta phrase, pour dire le contraire: j'ai eu une enfance tellement chaotique (malheureuse, je deteste ce mot!) qu'elle me permet de savourer le confort d'une vie paisible aujourd'huis ;) !
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V
Je comprends bien ce que tu as écrit, dans la mesure où tous mes textes ont une base ou sont autobiographiques. Il est important de savoir mettre une distance, ce qui se fait assez facilement pour le passé mais peut être plus difficile lorsqu'on écrit sur son présent.<br /> Mais j'avoue que pour moi, écrire, c'est aussi y mettre la forme (ce que tu fais très bien sur ton blog!).<br /> J'ai très peu de souvenirs de ma petite enfance, en même temps, j'ai eu une enfance tellement heureuse!; une base solide pour tout ce que j'ai vécu après!!!<br /> Bref, le tout c'est que cela te fasse du bien!!! (et pas le contraire...)<br /> Sourire<br /> Vanina
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V
Pivoine, ce sont tes écrits à toi qui m'en ont donné l'envie. <br /> <br /> Que de grands mots, Tilu! Il s'agit juste de récits. Mon regard d'aujourd'huis est certainement pas si objectifs que ça, mais différent de ce qu'il était avant.
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