J’adore
J’adore quand la maîtresse, lorsque je m’apprête à quitter la classe en lui souhaitant une bonne journée - avec ses vingt cinq diablotins- me répond, en regardant Elisa hurler parce qu’elle fait un caprice parce qu’elle voulait pas partir de la classe et qu’elle a pas fait un bisou à Gaby et pis que Maman est très très méchante : « Oui, bonne journée à vous aussi Madame. Et bon courage ! ».
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J’adore quand Gaby est le roi de la météo. Chaque soir il
demande quel temps il fera demain. Chaque matin il regarde le ciel : « Maman,
ce matin il fait déjà très ensoleillé , il va faire chaud aujourd’hui».
« Ah, Maman, il y a du vent et c’est nuageux. Si ça se trouve on aura de
la pluie ? ».
Il ne doit pas le faire qu’avec nous. Plusieurs fois, alors qu’il disait bonjour à sa maîtresse, elle lui a posé la question : « Alors, Gabriel, quelle sont tes prévisions météo pour aujourd’hui ? ».
Et il se démonte pas ! Il donne son avis sur la question ! Et elle se marre.
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J’adore quand Papa
le fâche, et qu’il me dit, en douce « Maman ? Tu crois que Papa il
est encore mon copain ? ». Ou qu’il lui demande : « Papa ?
T’es fâché mais t’es encore mon copain, hein ? »
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J’adore quand on dit un gros mot, (il les repère, maintenant). Un petit « oh merde » lâché, et il nous dit : « Tu as dit un vilain mot alors tu vas au coin. Je suis désolé mais c’est le règlement. La prochaine fois tu le sauras. ».
J’ai lu en effet, sur un panneau d’affichage de la classe, le règlement en trois point :
Ne pas dire de gros mots.
Ne pas taper les autres.
Ne pas jeter des pierres ou du sable.
Sinon, on est puni.
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J’adore quand Elisa vient avec moi trier le linge sale, et qu’à chaque vetement que je balance sur une pile, elle le décrive avec précision :
« ‘antalon Gaby »
« ‘aussettes Elisa »
« à Maman ça ! »
(pas de bol Val, c’était un torchon ! Les torchons ça ne peut être qu’à Maman, voyons ! Super l’image qu’elle a de moi, ma fille!)
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J’adore quand Gaby dit qu’il a grandi.
« Maman moi j’ai grandi, je suis un grand. Mais Elisa, non. Elle est encore petite comme Papa ».
Et Papa se demande s’il doit en rire ou pleurer.
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J’ai adoré quand un matin ou nous avions été très matinaux, et que nous sommes arrivés les premiers en classe.
- Bonjour maîtresse, t’as vu moi j’ai gagné !
- Qu’as-tu gagné ?
- Ben tu vois bien ? Y’a personne dans la classe,
je suis le premier.
Depuis, chaque matin il est pressé pour récidiver. « Elisa tu vas te dépêcher, un peu, oui ou non ? ». La pauvre, voilà qu’elle n’a même plus le temps qu’elle veut pour prendre son petit déjeuner. Mais elle s’en fiche, Elisa. Elle se contente de continuer à boire son lait doucement en le regardant de travers.
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