Est-ce qu’elle lit, au moins ?
Mais oui ! Mais oui ! Je lis !
Je ne sais pas faire sans, je me sentirais dépouillée si je ne lisais pas. Mais, je ferais mieux de moins lire (la dernière fois que j’ai pensé cela, je révisais le bac) pour consacrer mon précieux temps libre (= sans les enfants) à quelques chose que je dois faire.
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Ben oui, je vous ai promis fin décembre, me semble-t-il,
pour vous offrir mon recueil de textes (ce n’est pas un roman !), alors que je sais que j’ai du travail. Je me trouve toujours une
bonne excuse pour ne pas m’y mettre. Franchement ! …
et à ce rythme je ne suis pas près de pouvoir tenir mes engagements. Dés que
j’ai un moment, je lis, les blogs ou les livres (surtout les livres en ce
moment).
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Bon, et elle lit quoi ?
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En Octobre, j’ai lu deux Zola, et une bonne moitié d’un troisième : Nana.
Bon, un petit mot rapide ? Très rapide, c’est pas Val qui va faire une critique des œuvres de Zola, faut pas pousser !
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Le prêtre chaste qui découvre l’amour, de la même façon qu’Adam a commis la faute originelle. J’ai aimé. Je me suis juste parfois « perdue » dans les descriptions, que j’ai trouvé un poil longues. Mais le reste est fort, vivant, puissant. Tellement qu’à la fin du livre, j’ai ressenti comme une forte envie de révolte.
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Sombre à souhait. J’ai été absorbée, captivée, fascinée. J’ai été triste de le refermer.
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Et puis, la gentille Tilleul m’a envoyé L’enfant à l’endroit, l’enfant à l’envers, de Nicole Versailles. Merci, Tilleul. J’ai été très touchée par ce cadeau.
Bon, je me doute bien (bien que j’en ai pas vraiment lu) que ma blogobulle regorge de notes concernant ce livre. Mais j’y vais de la mienne malgré tout. C’est que, moi aussi, j’ai des choses à en dire.
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C’était pas le bon moment, ou bien alors c’était
justement le bon moment pour moi de lire ce livre.
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Tout au long du livre, Nicole Versailles parle à sa
grand-mère qu’elle n’a pas connue.
Je dois dire que j’ai trouvé la première partie du livre
captivante. J’ai aimé qu’elle me conte l’histoire de cette femme qui est partie
trop vite, trop jeune, bien avant d’être grand-mère.
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J’ai compris de toutes mes forces le besoin pour cette
petite-fille de retracer la vie de sa grand-mère, de poser sur papier son
histoire. J’ai toujours cru qu’on pouvait lire une partie de ce que nous sommes
dans les comportements de nos aïeuls. L’héritage qu’ils nous laissent a une
valeur énorme. Il est riche de mille petites choses, qui je pense renseignent
beaucoup sur ce que nous sommes. J’ai aimé particulièrement cette partie, et
surtout je m’y suis retrouvée. Qui n’a pas, à un moment ou à un autre, cherché
à glaner des informations, à les réunir, à les juxtaposer, à les confronter,
pour retracer la vie de l’un de ses aïeuls ? Je l’ai fait. Je le fais. Et
j’ai l’impression étrange de mieux me connaître, de mieux me comprendre, chaque
fois que mon travail d’investigation porte ses fruits, et qu’il fait la lumière
sur une partie d’ombre de leur vie.
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La suite a été plus éprouvante pour moi. C’est fou comme
parfois une histoire singulière, un vécu qui n’est pas nôtre, peut résonner
fort en soi, comme on peut y retrouver des bribes de sa propre histoire, de son
propre vécu, de sa propre souffrance.
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Je suppose (je dis je suppose car je ne lui ai pas
demandé) que ce livre a été comme un exutoire pour l’auteur. Je le pense parce
que si j’avais entrepris la même démarche, ça aurait été le cas pour moi.
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Ce livre m’a tourmentée. Je m’égare, mais j’ai repensé à
mon arrière-grand-mère, qui, veuve de guerre, et remariée vite pour survivre, à
laisser ses filles en proie à un beau-père violent. J’ai repensé à ma
grand-mère, sa fille, qui, ayant grandi sans la protection de sa maman, n’a pas
su aimer sa fille à son tour. J’ai repensé à ma mère qui, lourde de tout
cela, n’a même pas su vivre.
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Cette histoire de générations de femmes m’a troublée,
mais j’en suis sortie apaisée. Il m’a semblé que ce témoignage fort et vrai
passait outre la rancœurs, les rancunes. Je n’en tire que des conclusions
positives. Chercher à comprendre, à expliquer, c’est commencer déjà la démarche
du pardon.
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Et puis Nicole Versailles, maman dévouée et épanouie
d’une belle fratrie, est la preuve vivante que nous ne sommes pas prédestinés à
reproduire sur nos enfants ce que nous avons subi enfants.
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Un beau témoignage, fort et sincère, vraiment.
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Et maintenant, qu’est ce qu’elle lit ?
Et puis là, j’ai mis Nana de coté. Je vais le
terminer, mais je ne sais pas encore quand. Je ne suis pas pressée. Hier, j’ai
ouvert Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig. Très
court, j’en ai lu les trois quarts déjà. Ce livre m’emporte, il m’emmène, il me
dévore. Mais j’en parlerai mieux quand je l’aurai terminé.
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