En 2012...
Je commençais mal l'année. J'aurais dû me douter...
J'étais en tout début de grossesse. Et cette bonne nouvelle était mitigée parce qu'elle tombait pile poil au moment de la concrétisation d'un projet qui me tenait à cœur.
Mais bon! C'est un si beau cadeau, une grossesse...
Et puis j'ai été super malade. Tout le premier trimestre. J'ai vomi tous les jours.
Mais bon, c'est un si beau cadeau, une...
Ensuite, ça s'est compliqué. Le médecin m'a annoncé un « problème » avec le bébé. J'ai rencontré un médecin spécialiste des « grossesses à risques » (c'est peu engageant).
J'ai dû subir des examens encore et toujours.
Mais bon, c'est un si beau cadeau...
Au printemps j'avais très peur. Les doutes, le doute. Un bébé qui aurait un problème. Des échographies encore et toujours. Des analyses de sang. Un bébé pas viable.. ou aveugle... ou rien (normal, quoi).
Et je me sentais seule. Vraiment seule. Terriblement seule.
Manu refusait de parler du « problème ». Il dit que la peur n'évite pas le danger, mais aussi qu'il faut être confiant, ne pas parler d'un truc qui n'est pas sûr, qu'il n'y a aucune raison que « ça tombe » sur nous, etc...
En fait il se protège comme ça, Manu. Il nie, refuse d'y penser, de parler de ce qui pourrait être grave. Toujours.
Et moi, je fais l'inverse. J'ai besoin.
Et ce n'est pas aux gens qui montrent du doigt votre ventre en demandant: « Alors? Ça pousse? » que l'on exprime ce qui, d'ailleurs, ils ne voudraient pas entendre. Un bébé on-ne-sait-pas-encore-si-il-va-bien-ou-non.
Je me suis sentie si seule face à cela. Si seule. Horriblement seule.
Mais bon, c'est un si beau...
Lorsque le doute a été écarté, l'été, d'autres petits tracas sont apparus. Un bébé en siège. Et trop gros pour « sortir » comme ça.
J'ai subi une version. Qui a fonctionné, mais c'est barbare, une « version par manœuvres externes ».
Mais bon, c'est un si …
Et enfin, en aout, le terme est venu. Le bébé non.
Nouveau service spécial dans l'hôpital. Après les grossesses à risque j'atterrissais au service d'exploration fonctionnelle pour dépassement de terme. Avec menace de déclenchement, de césarienne, de...
Mais bon, c'est un …
Finalement Charles est né le 31 aout. Facilement. En quelques heures.
Et là, enfin, le cadeau (tant mérité!) arrivait pour de vrai.
Et depuis, je souffre d'anxiété. Je vais mieux mais le mal rode encore.
Mais bon, c'est...
Voilà en gros le bilan de mon année.
Grossesse hyper stressante, sur-médicalisée. Et ce sentiment de solitude immense, indescriptible. Tout au long.
Et puis ces choses ont laissé la place à des angoisses qui me rongent. Terriblement.
Mais bon...
Super bilan.
Mais!
C'est vrai que j'ai le plus beau des cadeaux en retour.
(mais j'aurais pu l'avoir et souffrir moins, c'est ça qui est … triste).