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Val ...
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8 février 2019

Aboutissement

Je me souviens de ce jour où j’ai conduit pour la dernière fois, avec tous ses bagages, cette gamine de dix-sept ans, un peu effrayée à l’idée de partir de chez moi...

Départ après des années d’ASE. Onze ans, de mémoire. 

Pour ma part, je l’ai accompagnée deux années, de quinze à dix-sept ans. Pas toujours simple. Revêche un peu. Un fort caractère. Mais déterminée, et au fond, ses colères et même ses insultes me plaisaient assez. 

J’ai accueilli dix enfants tout rond à ce stade de ma carrière. Elle fut la numéro 3. Mais presque ma préférée. Ce n’est pas que j’organise une hiérarchie d’amour dans l’exercice de ma profession. Mais enfin les affinités, c’est si personnel... 

Coraline, je peux donner son prénom à présent. Elle est majeure et ne m’en voudrait pas. 

Coraline qui est partie définitivement sans jamais vraiment s’éloigner de moi....

Coraline que j’ai revue souvent depuis son départ. Qui m’appelle chaque mois. Comme on appelle une sorte de ... marraine. A l’occasion mais souvent quand même. 

Elle vit en Bretagne à présent. Avec un gars sympa et travailleur. Elle a un emploi. Ils ont un appartement. Une vie simple mais propre. Ils s’aiment. 

Je ne sais pas ma part de « responsabilité » dans ses choix ni dans la jeune adulte qu’elle est à présent. Deux ans c’est peu. Et, en même temps, dans ces délicates années de passage à l’âge adulte, c’est énorme.

Je ne sais pas et pourtant j’ai cette fierté de la savoir bien. Et surtout cet orgueil de ne m’être pas trompée: lorsqu’elle me disait d’aller cordialement me faire foutre lorsque je lui interdisait de sortir, je savais pertinemment qu’elle s’en sortirait plus tard. 

Et, tout en songeant à Coraline, je pense également à une petite de treize ans arrivée ici il y a quelques mois. Même profil un peu. En plus sage et moins ... disons... sanguine et colérique (plus jeune en même temps. Le démon se réveillera peut-être ?) . 

Mais tout de même, je l’aime assez pour elle-même. Et ai cet espoir d’obtenir le même résultat. 

Ne ferai jamais de miracles. Mais s’ils partent de chez moi avec assez de ressources pour s’assumer correctement, être indépendants financièrement et intègres, c’est à dire fidèle à eux-mêmes, j’ai quelque part un peu gagné.

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Commentaires
A
« C'est un travail comme un autre » réponds-tu à un commentaire.<br /> <br /> Eh bien non, il n'est pas comme un autre. Il est unique. Il est toi. Peut-être que monter des pièces à la chaîne sur une automobile c'est un travail « comme un autre » (hélas, d'une certaine manière…) parce que ce poste est interchangeable, on peut facilement remplacer un travailleur par un autre, d'une heure sur l'autre.<br /> <br /> <br /> <br /> Mais certains métiers qui touchent essentiellement « à l'humain » ce ne sont pas des professions comme les autres.<br /> <br /> Est-ce que ma compagne de vie, qui a une Toyota fabriquée pas bien loin de chez nous, téléphone parfois à l'usine pour demander à parler à l'ouvrier qui a monté le châssis ou à celui qui a posé le pare-brise, afin de lui dire tout le merci qu'elle pense devoir lui adresser ?… Non, évidemment. C'est peut-être regrettable dans la mesure où il y a une certaine dépersonnalisation. Mais c'est ainsi.<br /> <br /> <br /> <br /> Tu as accompagné Caroline dans deux années charnières de son développement. Et bien accompagné dans la ligne de sa personnalité que tu as intuitionée. Quel plus grand service peut-on rendre à quelqu'un que la vie n'a pas épargné ?<br /> <br /> Il y a des orgueils nobles et il faut en être fier.<br /> <br /> Probablement que j'en partage quelques-uns avec toi à propos de personnes que j'ai pu aider à sortir de marasmes qui semblaient les conduire vers l'abîme. Alors certes, notre aide et d'aller susciter la puissance de vie chez l'autre et lui donner toutes ses chances. Alors certes, c'est toujours l'autre qui prend son devenir en main. Mais si ce devenir est écrasé avant de pouvoir exister…<br /> <br /> Quand on regarde sa propre vie, on s'aperçoit que sans Z, W, Y et même K, qui nous en a bien fait baver, nous ne serions pas qui nous sommes.<br /> <br /> Je me réjouis grandement de qui tu fus et demeures pour Caroline.
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P
Bonjour Valérie,<br /> <br /> et cette idée d'un jour dans l'année, chaque année le même, où ces dix (un jour vingt, peut-être trente ou mille) auraient portes ouvertes, tous ensemble, avec leurs conjoints, leurs enfants, pour une communion anniversaire ?
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A
oui on n'est jamais sûr, on espère... c'est un beau cadeau s'ils se retrouvent sur les rails! et bravo, oh oui!
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B
J’imagine tout à fait le bonheur que tu peux ressentir d’avoir des bonnes nouvelles d’un jeune que tu as accompagné ! C’est vraiment une réussite pour toi et pour lui.
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W
Quel boulot quand même, je t'admire chère Val !<br /> <br /> Bises !
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