Le mystère Henry Pick
(Film tiré du roman du même titre de David Foenkinos, que je n’ai pas lu).
J’ai loué ce film car j’aime Luchini en tant qu’acteur. Il ne m’a jamais déçue. Et puis ce film parlait de roman et d’édition: cela m’a tapé dans l’œil évidemment.
Une jeune éditrice chez Gallimard trouve un manuscrit dans une bibliothèque atypique en Bretagne, bibliothèque qui regroupe des manuscrits jamais édités.
Le manuscrit qu’elle trouve est un trésor, signé Henry Pick, patron de la pizzeria du village et décédé deux ans auparavant.
Le roman devient vite un Best seller.
Pourtant, quelque chose cloche pour le critique littéraire Jean-Michel Rouche: ce breton simple qui n’a jamais écrit ni lu une ligne n’a pas pu écrire ce roman d’exception. Et c’est l’enquête qu’il mène qui constitue l’intrigue.
En parallèle, les prémisses d’une histoire d’amour entre lui et la fille de Henry Pick.
Alors? Décevant film. Qui ne me donne aucune envie de lire ce roman.
Si l’enquête du critique littéraire, qui le conduit en Bretagne et sur plusieurs fausses pistes, peut être à peu près vraisemblable (à la rigueur), la fin me fut plus que décevante. Ce roman doit avoir le goût des polars avec à la fin un assassin improbable, indécelable, pas devinable, et que les gens aiment parce qu’ils peuvent dire: « Je n’aurais pas pu deviner. Quelle surprise! C’est inattendu! ».
Moi, au contraire, j’ai songé: si je n’ai pas du tout soupçonné l’auteur du fabuleux roman, c’est que c’est peu crédible. La fin est gâchée, bâclée.
Malgré tout, Luchini est bon dans le rôle de critique littéraire (moins dans celui d’enquêteur, par comparaison), ça lui va comme un gant.
C’est sans importance, sans doute, cette critique. Premièrement parce que j’ai peu à en dire, à part du vide, mais le film m’a paru vide également.
Pour autant, elle m’amène à quelques remarques. Sur moi-même et ma façon de « consommer » des films (ou des livres) et surtout son évolution. J’ai loué ce film lundi soir, après un week-end de trois jours un peu « éprouvant ». En général, je ne regarde un film uniquement lorsque je me sens un peu trop fatiguée pour lire, le soir. Parce que cela me demande évidemment beaucoup moins d’efforts et de concentration. Donc pour me « détendre ». Et force est de constater que je ne parviens plus à me « détendre », disons à mettre mon cerveau en pause et à me laisser porter par une histoire. Je regarde un film avec un œil très critique, j’analyse le scénario, je m’interroge sur la plausibilité des faits et finalement... je ne me détends pas, surtout si je suis déçue. J’ai envie, presque, de refaire le film mentalement, de changer la fin. Et je me dis que je ne parviens plus à tirer du plaisir ou du délassement et à me laisser porter par une histoire mal construite (comme il en existe pourtant tant). Et c’est presque un peu inquiétant, finalement. (Jamais plus de repos bête).
N’importe. Mais je me demande bien, tout de même, comment des gens peuvent se laisser ainsi bercer des heures durant et quotidiennement par la télévision.
Une phrase choisie, quand même (de la directrice de Gallimard):
« C’est mon plus gros problème : La France compte plus d’écrivains que de lecteurs!
