Renaître
(Cinquième et dernier texte de mon marathon d'écriture).
Je me souviens de la façon dont j’ai, un jour, laissé mon blog à l’abandon. Sans un regret, ni le moindre doute. C’est même avec un certain écœurement que j’ai tourné cette page. Mon regard sévère sur celle que j’étais devenue m’a poussée à tout renier, tout balayer, tirant un trait que je pensais, à l’époque, ferme et définitif.
Je ne m’aimais plus.
Je n’aimais plus ce que le blog avait fait de moi, ce que le jeu des popularités avait rendu de superficiel en moi.
Je me trompais. Le blog n’était pas en cause. C’est moi toute seule qui...
N’importe ! C’est ainsi que l’on apprend.
Après plusieurs années d’absence, je suis revenue, et de manière très régulière, mais riche de mes erreurs passées et des conclusions que j’en ai tirées.
Plus jamais. Ne plus jamais servir du digeste, de l’agréable, de l’agrément. Ne plus plaire à dessein. Ne plus jamais aller commenter trente blogs par soucis de mondanités ou de politesse, par gratitude parce qu’on a eu l’obligeance de me lire et de me commenter.
C’est harassant, ça mange un temps infini et précieux, et ça ne fait pas progresser. On tombe dans l’engrenage des complaisances, qui ne sert à rien sinon à s’enorgueillir pour les raisons les plus superficielles et illusoires qui soient. On s’imagine une valeur parce qu’on est beaucoup lue, sans vouloir admettre que l’on reçoit beaucoup uniquement parce que l’on donne au delà du tolérable.
À présent, je lis et commente ailleurs uniquement si j’en ai l’envie et le temps. Je n’écris plus rien qui ne soit pas moi, au risque de perdre mes derniers lecteurs. Rien n’y a plus d’importance, sinon l’estime que j’ai pour moi.
Je renais dans mon blog. Changée, élevée, grandie, intègre et cohérente. Sans complaisance. Et j’en serai fière encore, même lorsque je ne serai plus lue du tout.