J’ai lu aussi..
Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes
Il est vrai que j’aurai pu donner mes impressions sur le billet de ce matin, mais ça brouille un peu la chose pour le centième billet qui approche …
Livre conseillé sur ma petite blogobulle aussi…
Pas trouvé sur ebay (Je n’ai pas pesté. Ça veut peut être dire que les gens qui le possèdent ne souhaitent pas s’en séparer… et donc qu’il est bon..).
Livre reçu.
Aie, en dessous du titre est écrit quelque chose qui ne me plait pas : Science-fiction.
Ce genre n’a jamais retenu mon attention dans les rayons de la Fnac. J’aime pas la science fiction.
Pas grave. Je l’ai, je le lirai.
Je n’aime pas la Série noire . Pourtant, j’ai été bluffée par un livre appartenant à ce registre : Oedipe roi, de Lamaison…J’ai eu la chance d’assister à une rencontre entre lui et ses jeunes lecteurs. L’homme ne m’a pas déçue. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences.
Malgré tout, j’ai un doute. J’ai fait ce que je ne fait jamais. J’ai lu le résumé de la quatrième de couverture avant d’entamer ma lecture.
Je n’aurai pas du.
1/ Mince, j’ai vu une adaptation cinéma (ou télé, je sais plus). Arf, j’ai horreur de lire un livre après avoir vu l’adaptation !
2/ Mince, il dévoile en partie la fin, le dénouement. C’est vraiment stupide, je trouve.
Bon, malgré tout, cette premier prise en main du livre qui sent encore le neuf fait tomber un énorme préjugé, qui avait la vie dure :
Non, Science fiction ne veut pas nécessairement dire voitures volantes, robots, télé-portation et voyages dans le temps ! Tant mieux pour moi, ça ne fera qu’augmenter le nombre phénoménal de livres qui me sont proposés dans les rayons de la Fnac.
L’histoire : Aller, juste un petit peu pour vous donner envie de le lire !
Imaginez une souris de laboratoire.
Imaginez un chercheur qui a trouvé une méthode pour la rendre intelligente.
Imaginez que sa méthode ait fonctionné, et que la souris réussisse à venir à bout de labyrinthes compliqués, de plus en plus compliqués.
Imaginez que l’équipe de chercheurs veulent mettre en pratique leur grande trouvaille sur un humain arriéré mental.
Imaginez qu’ils en trouve un.
Imaginez que cela fonctionne….
Imaginez que … STOP !
ASSEZ !
La forme :
Le livre est sous forme de journal intime, tenu par le cobaye humain.
Déjà, c’est très facile à lire, mais aussi et surtout, c’est le meilleur moyen pour que le lecteur plonge au fin fond de l’âme du narrateur.
Ce journal m’a tout d’abord fait constater le retard mental du jeune homme, puis ses progrès plus qu’impressionnants (au fil de la lecture le style change, le vocabulaire varie, les fautes d’orthographe et de syntaxe s’atténuent, jusqu’à disparaître complètement) , puis le niveau de rédaction augmente encore, et ainsi de suite, puis...
Ce journal m’a surtout, je l’ai déjà dit, fait entrer en plein dans les pensées les plus intimes du narrateur. Et là ça devient plus qu’intéressant. Outre le fait que l’on sent son QI augmenter au fil des jours, on le sent aussi évoluer socialement, sentimentalement, dans son rapport à l’amour, à l’amitié, à lui-même, aux autres. Là, c’est à la fois un régal, mais aussi une évidence troublante.
A mesure que son intelligence s’accroît , le narrateur se rend compte de beaucoup de choses qu’il ignorait, concernant sa famille, son entourage proche, concernant ce qu’il était avant… Plus il devient intelligent et plus il est seul. Les gens qu’il respectait avant lui apparaissent sous un autre angle.
L’intelligence ne lui apporte pas la paix intérieure ni la reconnaissance et l’amour. Au contraire, le narrateur se noie dans son ego, dans ses peurs, ses doutes, et adopte un comportement obsessionnel, des troubles mentaux proches de la paranoïa, de la schizophrénie…
Il y a tant à dire (mais je ne souhaite pas en dévoiler trop, quel dommage) !
Juste… que j’ai vraiment été troublée par ce livre. Je n’avais jamais fait un lien direct entre l’intelligence, le savoir, les capacités mentales et les sentiments, l’amitié, l’amour et toutes ces choses qui appartiennent à un autre domaine que le cerveau (le cœur, dit-on).
Ce livre, il m’a occupée et a aussi beaucoup occupé et dérangé mon esprit. Quand je le lisais, j’avais du mal a m’en détacher. Même entre deux moments de lecture, mon cerveau avait du mal à s’en détacher. Il y a laissé une belle empreinte.
Un comparaison alimentaire ? ok !
Alors, ce livre est aussi raffiné et précieux qu’un met très rare et très cher. Il est pour moi comme les plats les plus sophistiqués, mais que les gourmets n’ont que rarement l’occasion de goûter. Je ne trouve d’ailleurs aucun plat ni aliment qui lui aille comme un gant.
Prenez la chose que vous préférez manger mais que vous ne pouvez pas manger tous les jours. Le genre d’assiettes qui ne peuvent être préparées que par une élite de Chefs, de passionnés…
Oui, je l’ai aimé. Et bien plus encore. J’ai trouvé ce livre passionnant, déroutant, troublant, déconcertant.
J’aurai aimé mieux vous le raconter, m’appliquer plus pour en parler le mieux possible, mais c’est tout ce dont je suis capable de faire, à mon grand regret… Il est cent fois mieux que ce que j’ai essayé de vous faire imaginer…
Ps : merci Papistache !