Voiture
La voiture a un petit bobo. Le blessure est vieille d’un mois. Je n’ai pas encore fait ce qu’il faut.
Un après-midi de septembre, alors que je suis occupée à la maison, j’entend un gros bruit. Un raffut de tôles qui s’entrechoquent. Je ne m’en occupe pas. Les accrochage, ici, sur l’avenue, ça arrive souvent.
Quelques minutes plus tard, on sonne à ma porte.
C’est le voisin.
« Voisine, j’ai reculé avec mon auto. En reculant, j’ai mal évalué la distance qui séparait mon pare-choc de votre voiture garée ».
J’ai le sourire. Pauvre voisin !
Ça arrive…et puis… il a pas fait exprès… et puis… il vient me prévenir ! C’est un voisin correct et honnête.
Bon, il faut quand même aller constater l’étendue des dégâts.
Ma voiture est blessée. La tôle est froissée.
La pare choc arrière de la Mercedes du voisin qui fait les marchés a terminé sa course contre la portière arrière gauche de ma voiture. Ça fait une grosse bosse.
« Voisine, je préférerai éviter le constat. Allez faire un devis chez un carrossier, et je vous payerai les frais de réparation ».
Les voisins sont gens de confiance. Ça marche !
Une semaine plus tard, le voisin s’étant un peu renseigné sur les prix pratiqués par les carrossiers (d’autant que chaque réparation, sur notre auto, coûte les yeux de la tête), s’est repris.
Cette fois, Manu était là lui aussi.
« Voisins, si ça ne vous dérange pas, je déciderai après avoir eu un devis entre les mains de si je fais marcher mon assurance ou non ».
Ok !
Les jours passaient et aucun devis n’a été demandé. J’ai eu la flemme d’y aller. J’ai voulu retarder le moment… et puis une bosse n’empêche pas de rouler !
Chéri amoureux de sa voiture n’est pas de cet avis. L’auto doit être impeccable ! Il y a urgence !
« J’irai »
Et puis on a du aller dans le Perche.
Et puis au retour je n’ai pas eu le temps.
Et puis, un matin, à l’école, la voisine m’interpelle.
« Voisine, avez vous demandé un devis pour l’auto cabossée ? Ah ! Vous n’avez pas eu le temps ! Non, non… c’est juste que je me disais que peut être vous l’aviez fait faire mais que vous n’osiez pas nous le présenter. On payera de toute façon… »
J’ai laissé passer encore quelques jours, mais là je ne peux plus reculer l’échéance. A force d’attendre, peut être que nos voisins seront moins volontaires pour payer. Non !
C’est surtout que Manu est un peu contrarié de partir dans le Perche en fin de semaine avec sa voiture à la portière voûtée.
Il est certainement trop tard, maintenant… le temps de faire établir un devis, de le montrer aux voisins, qu’ils nous payent, de prendre rendez vous au carrossier..
Il est trop tard ! Elle ne sera pas réparée avant mercredi ! Impossible !
Quand même, pour ne pas faire traîner plus les choses, j’ai cherché un carrossier dans les pages jaunes, et cet après midi, j’irai faire établir un devis… et ma conscience sera un peu moins boiteuse !
Chéri s’en remettra… et pis.. ça se voit à peine, qu’elle est blessée !