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19 février 2010

Douce chaleur

J’allai à la boulangerie du chef-lieu de canton. Je me suis garée presque devant, en créneau, le long du trottoir d’en face. J’étais seule. Je suis descendue de ma voiture, l’ai fermée, ai tourné la tête une fois à gauche, une fois à droite pour traverser. Et, à droite, je l’ai vu.

Non, je ne l’ai pas exactement vu. J’ai surtout vu sa silhouette, sa démarche, sa carrure. J’ai reconnu son paletot vert et son béret noir. Je l’ai vu de dos. Il marchait sur le trottoir de la même rue, mais à l’opposé.

Je suis restée là, longtemps, à le regarder marcher, à regarder son dos s’éloigner. Que faire d’autre ? L’appeler ? Il était à trois cent mètres, bien trop loin, et puis il entend mal, et il y avait des gens, dans la rue. Je n’aime pas me faire remarquer…
Courir ? Le rattraper ? Ou remonter en voiture pour aller le rejoindre ?
Pas le temps. Après le tournant qu’il entamait, un croisement de quatre rues. Bien sûr, il rentrait probablement chez lui, mais j’étais attendue ailleurs.
Je l’ai vu de dos. Il marchait. Il ne m’a va vue. Je l’ai regardé jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le tournant, et j’ai souri.

Je vis à six kilomètres de chez lui. Je peux aller le voir quand je veux, mais nos rencontres ne me donnent pas cette petite chaleur douce,  furtive,  qui me prend au hasard d’une rue, et qui me dit simplement : « Sois tranquille. Il est là, il se promène, il va bien ».

C’est la même chaleur qui me berce chaque soir à la même heure. La nuit est tombée, je rentre, je sais que je suis attendue à la maison pour le dîner. Pas le temps de m’arrêter, je passe juste en voiture. Chaque soir. A la même heure. Devant chez lui. Les volets sont fermés, mais je peux voir que sa cuisine est éclairée.  Et c’est doux. Je veille sur lui.

Mon grand-père…

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Commentaires
V
Umbre, ce que je trouve formidable, c'est qu'il y ait toujours des gens pour venir me lire. Certains jours, ça me fait un bien fou. J'en ai besoin. Comme un souffle. Je vous suis très reconnaissante à tous de venir encore. <br /> <br /> Oh, Tilleul, "noir" c'était pas voulu. J'ai juste joué au hasard entre majuscules et minuscule, je ne m'étais même pas aperçue que ça formait "noir". Je vais bien, mais je vais mieux quand je vous parle, quand on s'échange quelques mots. Comment vas-tu, toi?<br /> <br /> Oh, Aurélie, à mon avis il ne montre rien à personne, mais il est comem il est, comem on dit. <br /> <br /> Merci, Phil. Je suis contente de votre passage!
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P
Bel et doux hommage à lui.
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A
Ton grand-père n'exprime pas ses sentiments, mais ça n'empèche que quelque part, ta présence doit lui réchauffer le coeur... Mais comme beaucoup de grand-pères, il préfèrera le montrer à quelqu'un d'autre qu'à la principale intéressée!<br /> <br /> Bises!
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T
BoNsOIR... Pourquoi écrire NOIR? Parce que tu aimes cette couleur (voir défi du samedi)?<br /> Tu as remarqué, à l'envers ça fait RIOsNob...<br /> J'espère que tu vas bien!<br /> Bisous!
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U
Merci à toi pour le post ;)<br /> <br /> ***c'est ce que peuvent faire les grand parents, ils sont plein de surprise ;)***
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