Qu'est-ce que j'ai fait?
Quelques fois, je me suis demandé: « Mais qu'est-ce que j'ai fait (de mal) pour que ça m'arrive? ».
Et puis, j'ai réalisé que c'était une question complètement hors de propos.
Si ça devait fonctionner comme ça, alors il faudrait s'en poser une autre: « Mais qu'est-ce que j'ai fait (de bien) pour mériter tout ça? ».
Cela fait plus de onze ans que je suis avec Manu. Je ne voudrais pour rien au monde un autre mari que lui. Je suis heureuse de ce qui nous lie, de notre parcours et de notre quotidien.
Et j'ai trois enfants formidables.
Mon Gaby grandit. Je suis très fière de lui. Il a sauté une classe et il est très bon élève. C'est un enfant intelligent, sensible et gentil.
Elisa aussi, elle grandit. Elle a été longtemps mon bébé. Très longtemps. Mon petit bébé. Et puis, à six ans, elle m'a dit « Maman! Je ne suis plus du tout un bébé maintenant... ». Alors j'ai arrêté de l'appeler « mon bébé ». Mais je le pense toujours. Elle est « mon bébé ». De six ans. Et je la trouve très très belle.
Et mon Charles... cette petite cerise toute ronde sur un gâteau déjà bien garni. Mon Charles... quand il me sourit, chaque matin, quand je me penche au dessus de son lit pour venir le chercher...
Alors, qu'ai-je fait? Pour mériter tout cela?
Rien de particulier. La vie m'a tout offert.
Et je ne parle pas du reste, des amis, de ma famille, de...
Je n'ai rien fait de particulier. Rien du tout.
Alors, sans doute, il faut accepter aussi que la vie, parfois, me joue quelques tours. Pas méchants.
C'est vrai quoi.
Je souffre beaucoup, en ce moment. Mais à quelle échelle?
On peut tout relativiser.
Quand d'autres ont des maladies qui mettent en jeu leur capital vie.
Quand des gens divorcent, se séparent, se déchirent, perdent un être cher, ne peuvent pas avoir d'enfants, ont un enfant malade...
Je n'ai rien fait. Ni en mal ni en bien.
C'est juste une épreuve. Dans une vie qui me gate quand même énormément.
J'espère que penser comme cela m'aidera... au moins à relativiser. Au moins.