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6 janvier 2020

Overdose

Ces quinze derniers jours auront eu quelque chose de très éprouvant pour moi. Et c’est peut-être la première fois que j’ai considéré ces vacances et ces fêtes comme d’aussi grandes importunités. 

Parmi ce qui m’a été pénible, dans une certaine mesure et en moindre mal comparé à la suite, il y a eu les magasins. Acheter les cadeaux, faire les courses pour les repas de fêtes, et également accompagner les filles dans des boutiques de vêtements, parce qu’elles avaient « besoin » m’a causé de grandes irritations. 

Plus le temps passe, et plus les magasins m’insupportent. Et j’y vois peu de lien avec un dégoût d’une société de consommation ou des raisons relatives à des convictions. Non, c’est plus basique que cela. La promiscuité des lieux me dérange à un point élevé. Toute situation qui m’oblige à me mêler à une foule, à me retrouver à proximité de gens me devient fort désagréable. Pourtant, je ne souffre d’aucune phobie. Ces situations ne m’angoissent pas: elle les dégoûtent, voilà tout. Et m’exaspèrent. Le désagrément de sentir les odeurs corporelles ou artificielles des autres, de subir leurs bavardages s’accroît. Et les contacts physiques involontaires m’avancent vivement. 

Sans parler de l’énorme perte de temps que représentent ces sorties commerciales. 

Par ailleurs, j’ai beaucoup occupé les enfants. Nous sommes donc allés au cinéma, avons mangé au fast food et avons passé un temps non négligeable aux jeux de société. Ce qui n’est pas désagréable en soi. J’aime m’occuper des mes enfants et de ceux que j’accueille. Seulement, tout ce temps qui leur a été consacré - plus qu’à l’ordinaire - est tout de même un temps où je n’ai rien fait d’autre. La solitude m’a manqué, disons. Ainsi que la pratique d’activités plus cérébrales, plus égoïstes, plus personnelles. 

J’ai parcouru beaucoup de kilomètres au volant également. Pour des raisons professionnelles facilement imaginables: les enfants ont multiplié les visites à leurs familles durant ces fêtes. Je ne répugne pas à conduire d’ordinaire, les trajets me permettent même de réfléchir parfois. Seulement, à la longue, le fait de conduire seule me crée une grande lassitude - je suis souvent accompagnée d’un seul enfant  - parce que cela suppose une vigilance que j’avais du mal, à la longue, à garder intacte. 

Ce n’est pourtant pas encore le pire. Le pire fut sans doute toutes ces mondanités, même si je les réduis cruellement d’année en année. Supporter la « famille » chez soi au cours de repas qui durent des heures, qui n’en finissent pas, qui se prolongent par des discussions assez insipides qui ne terminent pas avant la fin d’après-midi (ou le milieu de la nuit), voilà ce qui m’a été le plus pénible. 

Je n’ai pourtant pas une famille plus bête, ou plus importune que la plupart des gens, il me semble. Seulement, moi, je n’arrive plus à supporter aisément l’inconsistance des pensées et la bêtise des conversations. 

Mais enfin, tout ceci est derrière moi. Ce matin je retrouve l’apaisement procuré par la solitude. Je vais à nouveau pouvoir lire, écrire... et penser.

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Commentaires
L
Pour les magasins, je te comprends très bien, j'ai du mal aussi !
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M
J'ai la chance d'avoir ni famille ni enfant, du coup la pression est moindre dans mon coin... Je ne m'éparpille pas à dialoguer avec des inconnus non plus... et pourtant je n'ai quand même pas assez de temps à moi...<br /> <br /> Quant au beau moqueur, il n'est que dans son rôle, piégé dans sa raillerie et se contredisant en venant nous lire...
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P
Oui, remonter à sa source.
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B
Habituée à une certaine tranquillité je fuis le monde tout comme toi ;)
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B
Est-ce que je peux me permettre de copier / coller (à quelques mots prés) ce billet afin de l'insérer sur Bleck Attitude ?<br /> <br /> <br /> <br /> Bleck
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