Touche de pingrerie
Elle se reprit vite. Après tout, sans doute attendait-elle tellement ses perles qu'elle avait dû rêver les avoir déjà reçues et portées.
Elle les sortit de l'écrin, les tourna dans tous les sens, sourit de contentement, et se dit qu'elle avait bien fait de les prendre en argent. L'or c'est plus cher, et pis comme le papillon est derrière, ça se voit pas.
Elle les mit aussitôt, et se regarda longtemps dans le miroir de la salle, au dessus de la cheminée.
C'est vrai que ça l'habillait. C'était classe, les perles.
La contemplation de son reflet fut interrompue par un autre coup de sonnette. Qui c'était, encore? A cette heure?
Cette fois, sûre de porter les boucles, elle ouvrit confiante.
Un homme en uniforme jaune et cris se présenta. Il voulait relever le compteur d'eau.
Encore? Il lui semblait que ce fameux compteur avait déjà été relevé hier. Mais l'employé lui jura que non.
Elle pensa qu'elle devait se tromper. C'est relevé tellement souvent... et les factures arrivent si fréquemment...
Elle le fit entrer, lui fit un vague signe de la main pour lui désigner la porte du garage, il trouverait lui-même. Il faisait trop froid au garage pour qu'elle l'accompagne.
Et puis, qu'il referme la porte derrière lui, hein. Le bois, c'est cher.
A propos de bois, elle pensa, en prenant congé du gars, qu'elle devrait bientôt aller en chercher au fond du jardin. Arg! Par ce froid! Elle n'était même pas habillée.