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30 octobre 2018

En paix

À l’heure fatidique où le médecin lui avait annoncé l’injuste et l’irrémédiable, il n’avait pas bronché.

Il n’avait nul eu besoin d’examens ni de comptes rendus en langage médical pour savoir, en son for intérieur, et ce depuis plusieurs semaines, que tout, à présent, deviendrait très désagréable.

Ainsi, comme on pourrait dire, il s’y attendait.
Ou même: il attendait. Le verdict. Presque comme une délivrance. Ne lutte-t-on pas plus efficacement lorsque l’on connaît l’ennemi ? S’il est question de lutter...

Si ennemi il y avait. La mort est-elle notre ennemie à tous? Sans doute, non. C’est une étape obligée. Le dernière, pour le non croyant qu’il était.

Quand d’autres pleurent, crient à l’injustice, perdent des forces en révoltes inutiles, lui restait serein. Il avait cette paix intérieure de ceux qui estiment avoir eu leur part, avoir tracé leur chemin et être arrivés à une étape où peu d’hommes estiment être parvenus: il lui semblait qu’il était juste, pour lui, d’avoir bientôt terminé de vivre. Et peu importait si ce fut plus tôt qu’un autre.

Il laissait les objections habituelles aux autres.
Qui n’a pas songé qu’il laisserait, au profit de la mort, derrière lui des enfants, une épouse, des êtres qui souffriraient?
Pas lui.
Ce sont des doléances de faibles, pensait-il. De ceux qui s’estiment indispensables et revendiquent, du fait, une immortalité impossible.
Il ne donnait pas tant d’importance à sa vie. La Terre tournerait bien sans sa maigre existence.

Il était prêt. Emprunt à une paix morale peu commune dans sa situation. Il n’appréhendait rien.
Qu’y aurait-il à redouter du sort que l’on partage avec des milliards d’individus ?

Il acceptait néanmoins très obligeamment de se défendre un peu . Ne serait-ce que pour faire avancer la médecine.
Toutefois, sans conviction.

Sa seule certitude était qu’il avait bientôt terminé sa course. Sans ressentiments et dans un apaisement qui n’était pas feint.

Et c’était admirable.

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12 octobre 2018

Après l’amour

Cet amour était source d’un grand enthousiasme. J’y étais éblouie par ce qui me paraissait être plus grand que moi. 

Des conversations passionnées et ses idées -hautement supérieures- faisaient écho en moi, et loi. 

 

Et puis arrive parfois une brèche malheureuse. De celles qui rendent un Dieu tristement et piètrement humain.

Après l’amour, vint la Réalité affreuse, sadique, cruelle. 

 

L’heure fut à la déception, puis à la haine. Coulèrent des larmes de désillusions et de chagrin. 

 

Du temps a passé. Je l’ai revu. 

Plus de haine, plus de peine. Plus d’amour évidemment.

 

Il ne reste que du mépris. Une sorte d’indifférence dédaigneuse. Que je réserve à ceux qui n’ont pas la grandeur d’âme que je réclame sans plier.

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07 septembre 2018

Presque adulte

On avait rendez-vous à midi devant chez son père. Elle était presque à l’heure. 

Elle est montée dans ma voiture. Elle s’est moquée. Une voiture neuve. mon iPhone.  Mes goûts de luxe. C’est de bonne guerre. 

Je l’ai emmenée dans un fast-food. On a pris place en terrasse. C’est elle qui a abordé le sujet de son poids. Je ne lui en aurais pas parlé. Oui, elle pris vingt kilos. C’est à cause de l’implant contraceptif. Je n’ai rien répondu. Peu importe. Mais j’ai repensé aux reproches de son père: voici trois ans, il m’accusait de faire grossir sa fille. J’espère qu’il mesure à présent que ce n’est pas si simple.

Elle a un son cap. Elle cherche du boulot. Depuis juin. Bon elle a quand même eu un contrat de cinq jours cet été. Elle n’a pas tenu le coup. Elle cherche autre chose. Elle m’explique les difficultés du marché de l’emploi. Comme si ce n’etait pas moi qui le lui rabachait par le passé. A l’epoque elle ne me croyait pas. Je ne lui en fais pas la remarque. Je ne suis pas venue la juger.

Elle a un copain stable. C’est déjà ça. Ils vivent chez les parents de l’un, de l’autre... 

Il est sans emploi également.

 

Son père menace de la virer si elle ne trouve pas un travail. Pas grave. Elle a une solution de repli. Tant mieux pour elle. 

 

Il il y a deux ans, elle écrivait à la juge pour lui demander un retour chez son père. Elle voulait « essayer », après onze ans de placement. 

Elle l’a parfois regretté. Pas pour tout, précise-t-elle. 

 

Aujourd’hui elle est majeure. Je n’en lui ai fait aucune leçon de morale, aucu reproche, aucun jugement. 

Elle n’habite plus chez moi depuis deux ans. 

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18 août 2018

Instant

Assise sur un banc, sous le soleil, au centre équestre, j’attends ma grande fille. Qui a sauté un mètre au moins. 

Enfin elle! Son cheval! Elle sur son cheval ! Son cheval avec elle dessus. Bref! 

À mes côtés, une maman attends ses deux fils. Partis en balade à poneys. Elle a son troisième fils sur elle et lui donne la tétée. Il fait si chaud. Il a plus soif que faim. 

Et je réalise, mi déçue mi soulagée, mais non sans une pointe de nostagie, que moi je ne vivrai plus jamais ça. 

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25 juillet 2018

Nuit tiède

Boire un dernier café très tard, dans le noir, seule à la table du jardin. 

Allumer une cigarette. La dernière de la journée. Ne voir que le point rouge de la cigarette à hauteur d’yeux. Et la Lune jaune  qui me surplombe.

Ne rien entendre d’humain. 

Apprecier la fraîcheur après une journée chaude. Et la solitude. Savourer l’instant. 

Sentir l’air frais. La pelouse. Les odeurs des nuits d’été. Et penser.  

Plaisir simple. Rituel des soirs d’été lorsque tout le monde est couché. 

De ceux qui ne sont pas faits pour être partagés. 

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01 juillet 2018

Savoir improviser

Minuit.
Le titi de 6 ans descend. Il a peur des zombies et du loup et aussi des fantômes dans sa chambre.
Et moi, fatiguée, me voilà en train de lui dire que ce n’est pas possible qu’il y ait des fantômes et des loups chez nous.
Pourquoi ?
Bah parce qu’on a un chat. Et les fantômes et les zombies ont peur des chats. Les loups aussi d’ailleurs. Ils ne rentrent jamais dans les maisons ou il y a des chats.
Pourquoi tu crois qu’on a un chat? Pour protéger la maison la nuit!

Il en faut de l’imagination... 

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25 juin 2018

Elisa. Bilan après un an de collège.

Elisa m’a demandé de lui acheter des sous vêtements sans tissus. Ou presque. Ce qu’elle appelle un tanga.

Pour éviter « qu’on voit les élastiques de la culotte « . Elle n’a pas douze ans. Ma réponse l’a déçue.

Elisa est inventive et très autonome. Elle a trouvé la parade toute seule, comme une grande.
Elle a juste oublié que c’était moi la préposée au linge.

Ainsi en étendant les vêtements fraîchement lavés, j’ai trouvé des culottes découpées en « tanga ».

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09 juin 2018

Le cadeau empoisonné

Manu a quarante quatre ans 

Depuis quelques jours.

Son anniversaire est le même que celui du débarquement. 

Manu n’aime pas fêter son anniversaire. En revanche on lui offre quand même des cadeaux.

Ses parent lui ont offert une table de jardin. Tout le monde va en profiter cet ete, c’est chouette.

Je lui ai offert des chaussures. De travail. Il en avait besoin.

Comme ce n’est pas réellement un cadeau ( ni la table d’ailleurs d’ailleurs, qui est pour toute la famIlle), avec Elisa nous avons voulu lui offrir un vrai cadeau. Rien que pour lui. 

Alors nous avons trouvé une jument. Nous avons déjà des chevaux. Enfin un cheval, et puis le poney de Elisa, et aussi un âne. 

Son rêve était d’avoir une jument. Ou plutôt un poulain. Enfin de faire naître un poulain. Bref vous aurez compris. 

Elle est belle. De petite taille. Elle  est jeune. Et elle etait à donner. 

Trop beau pour être vrai?

Evidemment il y a un hic. On ne peut pas l’attrapper. 

Aussi, Manu, depuis le jour de son anniversaire, passe une à deux heures par jour, usant de multiples stratégies, chez son propriétaire actuel, pour simplement tenter de la toucher.

On dit merci qui??? 

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27 mai 2018

La fête des mères

Évidemment mes enfants m’ont offert des cadeaux. Avec un raté pour Gabriel, qui était tout malheureux ce matin. Il a commandé son cadeau sur internet et il n’est pas arrivé à temps. 

Evidemment, c’est lui mon plus beau cadeau. Peu importe le reste. 

Charles avait fabriqué en classe un pendentif en coeur en pâte fimo. 

Mon petit brun aussi. Il voulait me l’offrir. J’ai négocié longuement afin qu’il l’offre à sa vraie maman. 

Et puis mon grand africain qui passait le week-end chez sa copine m’a envoyé un gentil sms. 

Ça fait vraiment plaisir. Tellement que j’ai eu envie de le partager avec vous.

Ne regardez pas les fautes. Il n’ecrivait pas le français il y a 18 mois... 

Je suis une maman comblée. 

 

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27 avril 2018

Je suis en vacances

Et ce n’est pas rien. Je prends en moyenne 21 jours de congés sur 365. Pas un week-end, pas un jour ferié en dehors de ces trois semaines de congés. 

Il m’aura fallu l’après-midi entier pour aller déposer mes trois garçons chez trois collègues, les familles relais. Non pas qu’elles sont éloignées geographiquement, mais plutôt que j’avais des recommandions et moult détails et précisions pour le bien-etre de mes protégés.  J’ai beau connaître les collègues, j’ai du mal à laisser les garçons. 

J’ai pris une semaine. Pour mon mari et mes enfants. Parce que mes enfants en ont besoin. Ce n’est pas tous les jours facile de partager sa maman. Nous irons au zoo, à la piscine, à la cite des sciences. 

Enfin! Une semaine ! En fait je récupère le petit brun mercredi. La séparation est dure pour lui, est dure pour moi. 

Je reprendrai mon grand africain samedi prochain. Et le petit nouveau dimanche. Petit nouveau à qui je vais devoir trouver un surnom, car cela fait plus de deux mois qu’il est là à présent. 

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