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27 avril 2018

Je suis en vacances

Et ce n’est pas rien. Je prends en moyenne 21 jours de congés sur 365. Pas un week-end, pas un jour ferié en dehors de ces trois semaines de congés. 

Il m’aura fallu l’après-midi entier pour aller déposer mes trois garçons chez trois collègues, les familles relais. Non pas qu’elles sont éloignées geographiquement, mais plutôt que j’avais des recommandions et moult détails et précisions pour le bien-etre de mes protégés.  J’ai beau connaître les collègues, j’ai du mal à laisser les garçons. 

J’ai pris une semaine. Pour mon mari et mes enfants. Parce que mes enfants en ont besoin. Ce n’est pas tous les jours facile de partager sa maman. Nous irons au zoo, à la piscine, à la cite des sciences. 

Enfin! Une semaine ! En fait je récupère le petit brun mercredi. La séparation est dure pour lui, est dure pour moi. 

Je reprendrai mon grand africain samedi prochain. Et le petit nouveau dimanche. Petit nouveau à qui je vais devoir trouver un surnom, car cela fait plus de deux mois qu’il est là à présent. 

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12 avril 2018

Le plus grand du monde

Mon grand guinéen a trouvé le moyen d’être exclu trois jours du lycée. Bref. 

 

Du coup il est à la maison. Alors hier matin, il est venu avec moi accompagner les petits à la maternelle. 

Charles et mon petit brun sont dans la même classe cette année 

Arrivés devant la porte de leur classe, mon petit brun tirait mon grand guinéen par le bras afin qu’il entre avec lui en classe. Il insistait. « Mais si! Viens voir ma maîtresse ! Mais viens! ». 

Alors nous sommes tous entrés . 

Petit brun, Charles, mon grand guinéen et moi. 

Le petit brun a tiré le grand guinéen jusqu’à sa maîtresse. 

Et la maîtresse a pu constater qu’effectivement, le grand guinéen était, selon les dires de son petit élève « le plus grand du monde ». Elle les a pris en photo tous les deux, pour prouver à Odile, l’avs de mon petit brun -absente le mercredi-que , comme il le leur avait dit, son grand frère de coeur était bien le plus grand du monde. 

 

J’ai trouvé cela adorable. 

La maîtresse m’a dit en douce qu’il ne parlait jamais de ses « vrais » frères et sœur. Mais toujours de ceux de la maison. De sa maison.

 

En bonus : 

 

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01 avril 2018

Cocasse

Il y a peu, je devais conduire mon jeune guinéen pour une pré inscription au CFA, à une heure de route de la maison.

Comme il avait rendez-vous à treize heures, j’ai décidé de partir en fin de matinée et de déjeuner sur place avec lui avant son rendez-vous.

Nous arrivons donc à l’entrée du Flunch, et avant d’entrer, je décide de fumer une cigarette. 

Je fumais donc tranquillement tout en discutant avec mon africain -qui mesure un mètre quatre-vingt deux - quand un sdf - Je l’ai supposé à des détails divers - vient lui demander une cigarette. Évidemment, il ne fume pas. Il me jette un regard et je sors une cigarette pour ce monsieur. 

L’homme allume la cigarette, et entame une conversation cordiale avec mon jeune - embarrassé et n’ayant pas très envie de lui faire la conversation - sur la pluie qui ne cesse pas. 

Et puis, au fil de la conversation, il demande à mon jeune si je suis sa compagne. 

Mon jeune lui répond du tac au tac: « Mais non! C’est ma mère ! »

 

Je ne sais pas si le plus cocasse de le situation était que cet homme puisse penser que j’ai pu conquérir un africain -mineur - de vingt ans de moins que moi, ou si c’était sa tête en entendant la réponse. 

 

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29 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (fin)

Cet été là fut le plus doux de ma vie. Du dimanche au vendredi, je restais dans mon appartement, assis au pied de mon lit, à penser à ma fleur et à compter les jours qui me séparaient de ma prochaine visite. J’en oubliais de me nourrir, de prendre des douches et d’ouvrir mes volets. 

Et le samedi, c’était le bonheur à l’état pur. Peu à peu, ma fleur devenait de plus en plus exigeante. Elle manquait de place, elle manquait d’eau. Elle se plaignait énormément et je me sentais coupable de son mal-être. Peu m’importait. Elle était là. Elle m’attendait. Et malgré son mauvais caractère, elle m’aimait. Elle était pour moi unique au monde. J’étais pour elle unique au monde. 

Bien sûr, les autres visiteurs ainsi que le propriétaire me regardaient de travers. J’étais le seul à entendre ma fleur parler. Je lui répondais évidemment. Et les gens me portaient des regards soit moqueurs, soit étonnés, ou encore réprobateurs. 

Je pense que le jardinier s’irritait de ma présence. D’ailleurs, le dernier samedi de l’été, à dix-huit heures précises, il est venu me chercher avec, pour la première fois, un grand sourire aux lèvres. J’aurais dû me méfier. 

 

Il m’a pris par l’épaule avec une familiarité qui lui était inhabituelle, en me disant qu’il allait falloir que je me trouve un autre passe temps le samedi pour les six mois à venir. Je n’osais comprendre. 

La tête me tournait. Son sourire mesquin m’agaçait. C’est ce soir là que j’ai lu les petits lignes en dessous de : « visites le samedi de 10h à 18h ». Maman disait qu’il fallait toujours bien lire les petits lignes en bas. J’avais oublié cela. 

Il y avait écrit en petit «  de mars à septembre ». Nous étions le dernier samedi de septembre.

 

Qui allait s’occuper de ma fleur? Le jardinier ne la comprenait pas. D’ailleurs il ne savait pas qu’elle savait parler. Pour lui, elle n’était qu’une fleur parmi des centaines de fleurs. Ils ne s’étaient pas apprivoisés.

La terre se fissurait sous mes pieds.

J’ai essayé de lui expliquer mais il n’a rien voulu entendre. Je n’ai eu pour seule réponse qu’un gros rire gras. 

 

Ce n’est pas vraiment ma faute, tout ça. Je ne sais même pas comment ça a pu arriver. En temps normal je ne suis pas violent. Maman disait même que j’étais trop faiblard. 

 

J’ai passé l’hiver ici, dans une maison de repos comme on dit. Le psychiatre m’a fait comprendre que je n’en sortirai pas. Pour aller où, de toutes façons ? 

J’ai écrit une lettre d’excuses au jardinier. Non pas que je regrettais totalement ce que j’ai fait, mais je voulais surtout qu’il prenne soin de ma fleur. L’idée de ne jamais la revoir me brisait le cœur. Ma vie était terminée. Je vivais au rythme des prises de calmants et des repas en commun. Avec des fous. Moi, je ne suis pas fou mais les médecins n’ont pas voulu me croire. 

 

Et puis, à la toute fin de l’hiver, une infirmière m’a apporté un colis. J’ai cru qu’il s’agissait d’une erreur. Je n’ai jamais reçu de colis de ma vie. Je n’ai ni famille ni amis. Maman est morte. Je n’ai jamais connu mon père. Je suis fils unique et j’ai toujours évité de parler aux inconnus. 

 

J’ai ouvert le carton et elle était là, dans un pot de terre. Elle m’a fait mille reproches évidemment. Qu’importe... 

Depuis, nous vivons heureux. Nous partageons la même chambre. Je prends soin d’elle, et elle me fait de reproches pour me remercier. Le matin je lui donne à boire. A midi, je la dépose au soleil, près de la fenêtre. Quand elle est dérangée par un coup de vent elle se fâche, et je la change de place. 

Nous passons nos journées à discuter de tout et de rien. Elle est très interessant comme fleur. Et elle a de la conversation.

 

Et je suis heureux. Tant pis si nous sommes enfermés, au moins, ma fleur et moi, on va vivre comme si l’on était seuls sur Terre. Jusqu’à la fin de nos jours. 

 

Fin

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26 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (4)

Je me suis réveillé aux urgences d’un hôpital. L’interne m’a dit que j’étais dénutri, qu’il fallait que je me nourrisse un peu mieux, et que je prenne soin de mon hygiène. J’ai regardé ma montre. Il était dix-neuf heures passées. J’avais raté le rendez-vous. Ma fleur allait m’en vouloir. D’ailleurs je ne l’avais même pas reconnue. Le monde s’écroulait. J’ai tenté d’expliquer tout cela au médecin. Il n’a rien voulu comprendre. Il m’a prescrit des calmants. C’est bête, un médecin. 

J’ai pleuré toute une semaine. Sans manger ni boire. 

 

Le samedi suivant, j’étais devant la porte du jardin dès six heures. J’étais inquiet. Je faisais les cents pas désir le trottoir. Il faisait bon. C’était l’été à présent. Le jardinier est sorti à un moment. Il m’a regardé d’un sale œil. Cela m’importait peu. Rien ni personne n’aurait pu me séparer de ma fleur. 

 

A dix heures il a ouvert. J’étais le seul à cette heure. Les gens venaient plutôt l’après-midi en général. 

Je me suis dirigé tout droit vers le parterre de ma bien aimée. Je tremblais. J’étais mort d’inquiétude. Et si je ne parvenais pas à la reconnaître ? Et si elle n’était plus qu’une fleur parmi tant d’autres à présent? 

 

C’est elle qui m’a aidé. Je ne l’en remercierai jamais assez. Je me suis planté devant toutes ces fleurs, je les scrutais toutes avec angoisse, lorsqu’elle m’a parlé. Pour la première fois. Bien sûr, ce sont des mots durs qu’elle m’a adressés. Mais peu m’importait. Je ne l’avais pas perdue. Elle était l’unique. On s’était apprivoisés. Elle ne m’a fait que des reproches. J’avais manqué le rendez-vous de la semaine dernière. On ne doit jamais changer les rituels. Je lui avais manqué. Elle s’était ennuyée, et même inquiétée pour moi. J’étais un mauvais ami.

J’ai essayé de me justifier mollement, sans insister. Elle avait raison. Je l’avais abandonnée. Bien malgré moi, mais comment aurait-elle pu le deviner? 

J’étais le plus heureux des hommes, ce jour-là. Elle m’en voulait, mais elle était à moi, et j’étais à elle. Et c’était beau.

A dix-huit précises, ce n’est pas le jardinier seul qui est venu me déloger mais un groupe de quatre hommes. 

Je me souviens que l’un d’eux, en me raccompagnant vers la sortie, m’a demandé si je n’avais pas mieux à faire le samedi que de parler tout seul devant un parterre de fleurs. Je n’ai pas répondu. Qui aurait pu comprendre ?

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25 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (3)

Lorsque le propriétaire des lieux m’a extirpé de ma torpeur, j’ai eu le cœur serré de devoir la quitter. Et puis, comme il me reconduisait vers la sortie, j’ai relu le panneau indiquant : Visites chaque samedi de 10h à 18h. Et mon cœur s’est allégé. J’allais la revoir! Chaque semaine. 

J’avais lu dans un livre, lorsque j’étais petit, qu’il fallait des rituels pour s’apprivoiser. J’étais fermement décidé à mettre en place des rituels avec ma fleur. Pour l’apprivoiser.  

Le samedi suivant, j’étais devant la porte du jardin dès neuf heures. Et les autres samedis aussi. Et je passais ma journée à contempler ma nouvelle raison de vivre. Et à l’humer aussi parfois. Sans jamais me lasser. Et, chaque semaine, le jardinier, de plus en plus agacé par la présence régulière, venait pour me pousser vers la sortie dès dix-huit heures. 

Bientôt, le printemps s’installant, ma fleur s’est trouvée entourée de ses semblables. D’abord quelques unes et puis de plus en plus , jusqu’à ce qu’elles soient peut-être des centaines, les unes à côtés des autres. J’avais redouté ce moment où toutes ces fleurs semblables auraient éclos. J’avais peur de ne pas la reconnaître, fleur rouge parmi des centaines de fleurs rouges, toutes identiques. La première fois que j’ai vu son parterre rempli de petites fleurs comme elle, j’ai été pris de panique. Quand elles n’étaient encore que dix, ou même trente, je la reconnaissais encore, ma fleur parmi les fleurs. Mais comment allais-je pouvoir la distinguer au milieu de centaines de fleurs identiques ? 

J’ai été saisi d’une grande angoisse, ma vue s’est troublée, et puis ce fut le trou noir.

 

A suivre...

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23 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (2)

Si le jardin était plutôt joli et pas trop mal fait, il n’avait pourtant rien d’exceptionnel, en tous cas en ce début de saison. Les bourgeons se montraient de ci de là. Les allées étaient trop nettes, ai-je pensé. Le jardin ressemblait à un damier. Moi, j’ai toujours préféré les jardins d’inspiration japonaise, et la visite se montrait plutôt décevante. C’est avec cette impression que, quelques dizaines de minutes après être arrivé, je m’apprêtais à repartir par une allée un peu plus large que les autres, l’allée centrale sans doute, qui menait à une porte en bois peinte avec le mot « sortie » écrit dessus. 

 

Et puis, au bout de cette allée je l’ai vue. Elle était là, seule, au milieu de toute cette verdure. Elle était d’un rouge vif. J’ai envie de dire qu’elle était rouge sang. 

Elle se trouvait au milieu d’un parterre de fleurs, mais on ne voyait qu’elle. Les autres n’avaient pas terminé leur hibernation. Elle était seule et précoce. 

Je n’ai pas pu détacher mon regard de cette fleur durant les huit heures qui ont suivi. Elle m’a tout de suite captivé. Elle semblait si pure, si parfaite, et à la fois sa couleur rouge la rendait très provocatrice. Elle avait la couleur des rouges à lèvres si rouges qu’ils rendent les lèvres de celles qui le portent vulgaires. Je me suis penché vers elle pour voir si elle sentait bon, et son parfum m’a fait tourner la tête. 

Je suis resté là, à la regarder. Je n’ai à aucun moment songé à partir, à manger, à boire. Je suis tombé sous son charme comme on tombe malade. J’étais paralysé de curiosité d’abord, et puis d’extase. Je n’ai à aucun moment détourné mon regard de ma fleur. J’étais heureux.

 

A suivre...

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22 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde

Tout a commencé au printemps dernier, alors que je me promenais dans ce jardin, que l’on m’avait recommandé pour ses couleurs éclatantes et sa grande variété de fleurs. 

Nous étions au tout début du printemps. Je me souviens aussi que c’était un samedi, parce que le jour de visite de ce jardin, entretenu par un particulier amateur, était le samedi. Je dirais de mémoire que c’était le dernier samedi du mois de mars. 

J’étais seul à cette époque. D’ailleurs, à quelle époque n’ai-je pas été seul? J’ai pensé que la visite de ce jardin extraordinaire me détendrait et qu’un bon bol d’air me ferait le plus grand bien. 

 

Il faisait froid ce jour-là. Le printemps se réveillait si timidement que l’hiver faisait de la résistance. Le vent me piquait le visage, mais heureusement il ne pleuvait pas. C’est probablement cet air frais qui a , ce jour-là, découragé les autres amateurs de jardins fleuris, car j’ai été le seul visiteur de la journée. 

Je le sais parce que je n’ai croisé personne en huit heures. Enfin! Presque personne. Seul le propriétaire est venu me trouver à dix-huit heures, pour me demander de quitter son jardin à présent. Un panneau à l’entrée indiquait: Visites chaque samedi de 10h à 18h. Et cette règle devait être respectée à la lettre. Je l’ai appris plusieurs fois à mes dépens par la suite. 

 

Comment, en ce samedi de printemps, ai-je pu rester huit heures d’affilée, avec un vent glacial, sans boire ni manger, dans un jardin qui n’arborait pas encore ses couleurs de printemps? Je suis sûr que vous vous posez la question. Je vais de ce pas tout vous raconter.

(A suivre) . 

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17 mars 2018

Ah... ok!

Lorsque tu demandes à ton fils pourquoi ses notes ont légèrement baissé et qu’il te répond qu’il est en train de créer un jeu vidéo. 

 

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01 mars 2018

J’ai eu ma réponse six ans plus tard

2012 . 

Un jour, alors que Elisa était en grande section de maternelle, la maîtresse m’a écrit un mot dans son cahier. 

Elisa avait volé un instrument de musique de la classe. Prise en quasi flagrant délit. L’instrument en question avait été retrouvé dans son petit cartable.

Je l’ai interrogée à l’époque. Pourquoi voler? Tu voulais cet objet? Tu avais envie d’avoir le même à la maison? 

Mutisme total. 

On a oublié l’affaire. 

 

2018

Charles est dans cette classe à présent. Meme maîtresse, mêmes instruments de musique rangés sur une étagère. Elisa est venue avec moi pour rencontrer la maîtresse de son frère.

Au retour, dans la voiture, elle me raconte:

« Tu ne dois pas t’en rappeler Maman mais moi si. Un souvenir m’a marquée dans cette classe quand j’avais cinq ans. Un jour on jouait de la musique. Le petit instrument m’a échappé et il est tombé dans mon cartable. Je n’ai rien osé dire, je l’ai laissé dedans. Je ne savais pas comment faire. Un enfant l’a vu dans mon sac et m’a dénoncée à la maîtresse. Je n’ai jamais dit comment il y était arrivé. C’était si improbable, elle m’aurait prise pour une menteuse ».

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