Val ...

26 avril 2015

À donner

Vide-grenier pluvieux. Début d'après-midi.  

Facile d'imaginer les bâches,  les parapluies,  les parasoles parfois. Les capuches.  Les livres trempés. Le bruit des gouttes d'eau qui tombent sur les plastiques transparents, sensés protéger des choses à vendre que l'on ne voit même plus. D'ailleurs il n'y a personne.  Quasiment personne. 

Les vendeurs remballent. Les rares promeneurs pressent le pas.

Pas nous.  Nous avons des parapluies. Et puis c'est agréable,  un vide-grenier sous la pluie.  Si, si!

Des gens sont regroupés autour d'une table,  protégée d'un grand parasol.  Sur cette table,  devant des cartons ee bric à brac, une pancarte : "TOUT EST À DONNER ". 

Je jette un oeil comme tout le monde.  Je ne prends ni plat, ni cendrier,  ni bibelot. Je m'apprête à partir quand je le vois, seul, pas choisi, abandonné dans un carton entre une biographie de De Gaulle et un dictionnaire français - anglais.  Je n'ai pas voulu le laisser là. Il risquait de terminer à la poubelle.  

Je l'ai adopté. 

Les allumettes suédoise.  

 

Posté par valecrit à 20:27 - Commentaires [3] - Permalien [#]

05 avril 2015

Semaine difficile

Le petit brun a été malade. 

Puis Charles a été malade.  Il l'est encore,  d'ailleurs. 

Je suis allée en formation. 

Je n'ai quasiment pas dormi de la semaine.  

Je me sens patraque. 

Gaby est malade.  Depuis quelques heures. 

Et demain midi... nous serons quinze à la maison.  

Joyeuses pâques. 

(VDM!). 

Posté par valecrit à 20:40 - Commentaires [4] - Permalien [#]
26 mars 2015

Ô féminin point conne

Je fais les courses pour sept. Je prépare les repas pour sept. Je lave le linge pour sept. Je fais le repassage pour sept. 

Malheureusement,  je ne peux pas lire ni écrire pour sept. J'ai déjà du mal à planifier ces deux activités, et à pouvoir les pratiquer comme une personne normalement constituée  ( enfin, j'aime lire et écrire peut-être un peu plus que la moyenne,  quand même). 

J'arrive à aller à la piscine le dimanche.  À aller voir mes chevaux une fois par semaine.  À consacrer mes mercredis au théatre. À regarder un ou deux films par mois. 

J'arrive un peu moins à me poser pour préparer mon diplôme.  Il le faut pourtant.  

Alors, lire et écrire... ça se complique.  Et pourtant,  qu'est ce que ça peut me manquer! 

Et les magazines féminins voudraient persuader les mères de famille comme moi qu'elles doivent également être performantes au lit, parfaitement epilees, ne sortir que coiffées et maquillées.  Tout en cuisinant bio et sain. 

Posté par valecrit à 19:40 - Commentaires [13] - Permalien [#]
24 mars 2015

Jean-Paul Alègre

- Textes? 

- Appris.

- Mise en scène?  

- En cours de ... finitions. 

- Costumes? 

- Trouvés!  

- Musique?

- Pensée. 

- Lumières?

- Ok! 

- Comédiens?

- Stressés. 

- Technicien son?

- Expérimenté. 

- Accessoires? 

- Achetés.

- Clin d'oeil au texte?  

- Ici fait. 

Posté par valecrit à 18:28 - Commentaires [2] - Permalien [#]
19 mars 2015

Conduire son grand père à un rendez vous médical

Et le voir diminué. Et diminuer. 

Il a quatre vingt six ans.  

Et il chute.

Souvent.

Point. 

Posté par valecrit à 20:01 - Commentaires [5] - Permalien [#]

13 mars 2015

Attendre

Une partie du ma job (ma job? Oui, c'est mon blog, j'écris ce que je veux. Et même pas français si je veux), et pas la plus agréable, consiste à attendre.
Attendre. Dans un café. Avec un café. Ou deux. Avec du lait froid. Toujours.
Commander un grand crème. Et puis attendre.
Lire les blog - heureusement aujourd'hui il y la 3g - ou prendre un livre.
Au pire - parce que je ne suis pas toujours très sérieuse - jouer à Candy Crush, ou échanger des SMS.

Et quand je le suis ( sérieuse!) je révise mes répliques pour le théâtre.

Et puis aujourd'hui, je poste sur mon blog. Ça change un peu. Vive la 3g et le Smartphone.

J'attends. Dans un café. Avec un café. Avec du lait. Froid. C'est vendredi 13. Les autres clients jouent au tiercé. Et moi j'attends.

Encore une heure.

Posté par valecrit à 14:29 - Commentaires [2] - Permalien [#]
11 mars 2015

La ballade des planches

Au départ,  c'était juste une idée.  Qui nous a, à tous, parue géniale. 

Nous nous sommes réunis une fois par semaine.  D'abord de façon un petit peu improvisée,  et puis de manière très régulière.  Le mercredi soir, dix-neuf heures trente. Tapantes.  

Et lorsque les mercredis soirs n'ont plus suffit,  nous avons ajouté le mercredi après midi.  

À présent - à moins de trois mois du grand soir- nous songeons sérieusement à travailler les dimanches. La pression sans doute.  Le stress. Une sorte de perfectionnisme.  La passion qui nous anime. L'envie de bien faire. 

Ne pas paraître ridicules. Ne pas décevoir.  Ne pas nous decevoir. Prouver et se prouver que l'on peut le faire. Et le faire Correctement.  Avec le coeur et toujours par plaisir. 

 

Créer une troupe de théâtre dans un village de mille habitants. Et puis...

Répéter.  Encore et encore.  Travailler,  changer, apprendre son texte, jouer et rejouer.  Et recommencer le mercredi suivant.  

Et dans deux mois et demi... il faudra faire le deuil de tout cet entraînement.  Et jouer -pour de vrai- comme des grands. Pour deux représentations.  

 

Posté par valecrit à 18:06 - Commentaires [8] - Permalien [#]
09 mars 2015

Faire de la place

En novembre 2013, j'ecrivais que le petit dont je n'avais pas accouché me prenait beaucoup de temps. Il a bien grandi.  Il aura trois ans dans une dizaine de jours. Il est toujours à la maison.  Il me prend toujours du temps.  Mais moins. Il va un peu à l’école, il grandit. Et il a sa place parmi nous.  Depuis un an et demi maintenant. 

Au printemps dernier, nous décidions - en famille - de faire de la place à un deuxième enfant.  

 

Faire de la place...

J'imaginais libérer une chambre. Vider le placard. La rendre neutre et nue. Et attendre le deuxième accueil. 

Faire de la place...

Ça me semblait facile: mettre un couvert de plus à notre table,  vider un tiroir de la salle de bain,  libérer une étagère su placard à chaussures.

 

Mais tout cela,  c'est facile.  Trop facile.  Bien trop facile.  

 

Après un petit mois d'attente - tout en croyant lui faire de la place, donc- une grande fille est arrivée.  

Avec ses quinze ans,  son histoire familiale,  ses failles,  ses difficultés.  

 

Elle a posé ses affaires et rempli les espaces que nous avions vidés à son intention.  

Elle a posé son baluchon empli de détresses et de passé douloureux chez nous. Aussi. Surtout.  Et pour ce dernier,  nous n'avions pas prévu de place. 

Et il pèse lourd. 

 

Cela fait neuf mois maintenant qu'elle est arrivée avec tout cela à la maison.  Et je ne suis pas persuadée qu'elle ait pu trouver ici assez de place pour tout poser. 

Posté par valecrit à 18:10 - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,
19 novembre 2013

Désolée pour le manque de nouvelles

C'est honteux, je sais. Je lis vos commentaires...

Je suis débordée. Enfin, non. Occupée c'est plus juste.

Mon Charles. Mon petit accueilli. Mes grands. La maison. Et puis ces jours-ci la première phase de formation pour mon nouveau métier (lieu de formation à 50 km de chez moi, contrainte de gardes des enfants, etc.).

Bon. Occupée. Pas le temps d'écrire, de lire.

Mais je peux m'améliorer. Si, si.

Et d'ailleurs, je tiens à m'améliorer. Promis. Pas que pour vous. Pour moi également...

Besoin de lire et écrire. Aussi...

Bien à vous. Et à très vite... chez vous.

Posté par valecrit à 23:47 - Commentaires [8] - Permalien [#]
27 août 2013

Comme un accouchement

C'est comme un accouchement, a-t-elle dit.
Comme un accouchement !
Qu'est-ce qui ressemble donc tant à une mise au monde ?

Comme un accouchement.
Sans péridurale ni contractions.
Avec palpitations.

Vous aimeriez quelques indices ?
Faisons comme si.

La voiture familiale, une Ford, break, n'est plus en mesure de transporter toute la famille.
Le soleil de l'été l'aurait fait fondre ?
Non. Mais elle est trop petite, c'est avéré.

Une amie a sorti de la grange — si, si, de la paille résiduelle en atteste — la poussette double de ses jumeaux remisée avec les hochets et les jouets premier âge.

Comme un accouchement ? Sans en être un.
Une césarienne ?
Non, ni forceps, ni bistouri.

Des indices ?

Charles va souffler sa première bougie dans quatre jours.
La voiture est trop petite.
Une amie prête la poussette.

Impensable. En août 2012, Valérie donnait la vie à son bel enfant blond — c'est vrai qu'il est bel et blond, le rose poupon — et la maternité lui avait caché qu'elle avait eu des jumeaux ? on lui rendrait seulement aujourd'hui le symétrique enfant blond et beau ?
Non ! Qu'allez-vous penser ?

Et pourquoi, d'ailleurs, ce style ampoulé qui se substitue à la prose de votre amie ?
Est-elle souffrante ?
Recluse ?
Qu'on vous la rende ?
J'entends bien.
Elle n'est pas là.
Son ordinateur a cédé, elle n'en a plus. Ni pour vous lire, ni pour écrire.

Pas la priorité. Tant pis. Même si c'est difficile. Difficile au point que Valérie, me demande, à moi, le parrain de sa fille, de la suppléer.
Priorités : changer la voiture, trouver un lit et gérer une petite tribu de quatre enfants.

Quatre ? Nous n'en connaissons que trois !
Vous, oui, mais, la cigogne en a décidé autrement.
Dorénavant, et en attendant mieux, quatre petites brosses à dents s'érigent au-dessus du lavabo.

Famille d'accueil.
Un rêve. Le rêve de beaucoup ; celui de Valérie et Manu.
Charles grandissait, l'envie de quitter le congé parental également. Valérie a relancé sa demande d'agrément.
Mention très bien à chaque étape.
Vous connaissez Valérie. Elle a préparé au millimètre chaque entretien, chaque visite, chaque rendez-vous. Reçue.
Si elle a connu des doutes ? Le cœur lui a battu bien des fois, mais il a tenu bon.

Ensuite, l'attente. L'attente d'un placement. De fausses alertes, des contre-ordres, des plans qui échouent : ce métier touche aux viscères et modifie des destins. Et puis, un matin, un appel :

A tel endroit, un enfant attend que vous veniez le chercher.

Comme un accouchement, a-t-elle répété.

De l'enfant, je ne dirai rien, ni son nom, ni sa silhouette, ni son passé (que j'ignore d'ailleurs, le secret professionnel exige une chape de plomb), seulement qu'il est à peine plus âgé que Charles — d'où la poussette recouverte de paille — et qu'il est bel et brun.

Voilà, la voiture est trop petite, l'ordinateur cassé, il manque un lit (pour l'instant le modèle parapluie dépanne) mais un enfant dort du sommeil du juste sous un toit aimant. Et Valérie n'en revient pas de son bonheur. Bonheur qu'elle a tenu à partager avec les lecteurs de son blog : vous !

Elle lit les commentaires depuis son téléphone... quand ses joyeux canetons ne s'égaillent pas trop !

 

Posté par valecrit à 23:53 - - Commentaires [16] - Permalien [#]