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01 juillet 2018

Savoir improviser

Minuit.
Le titi de 6 ans descend. Il a peur des zombies et du loup et aussi des fantômes dans sa chambre.
Et moi, fatiguée, me voilà en train de lui dire que ce n’est pas possible qu’il y ait des fantômes et des loups chez nous.
Pourquoi ?
Bah parce qu’on a un chat. Et les fantômes et les zombies ont peur des chats. Les loups aussi d’ailleurs. Ils ne rentrent jamais dans les maisons ou il y a des chats.
Pourquoi tu crois qu’on a un chat? Pour protéger la maison la nuit!

Il en faut de l’imagination... 

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25 juin 2018

Elisa. Bilan après un an de collège.

Elisa m’a demandé de lui acheter des sous vêtements sans tissus. Ou presque. Ce qu’elle appelle un tanga.

Pour éviter « qu’on voit les élastiques de la culotte « . Elle n’a pas douze ans. Ma réponse l’a déçue.

Elisa est inventive et très autonome. Elle a trouvé la parade toute seule, comme une grande.
Elle a juste oublié que c’était moi la préposée au linge.

Ainsi en étendant les vêtements fraîchement lavés, j’ai trouvé des culottes découpées en « tanga ».

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09 juin 2018

Le cadeau empoisonné

Manu a quarante quatre ans 

Depuis quelques jours.

Son anniversaire est le même que celui du débarquement. 

Manu n’aime pas fêter son anniversaire. En revanche on lui offre quand même des cadeaux.

Ses parent lui ont offert une table de jardin. Tout le monde va en profiter cet ete, c’est chouette.

Je lui ai offert des chaussures. De travail. Il en avait besoin.

Comme ce n’est pas réellement un cadeau ( ni la table d’ailleurs d’ailleurs, qui est pour toute la famIlle), avec Elisa nous avons voulu lui offrir un vrai cadeau. Rien que pour lui. 

Alors nous avons trouvé une jument. Nous avons déjà des chevaux. Enfin un cheval, et puis le poney de Elisa, et aussi un âne. 

Son rêve était d’avoir une jument. Ou plutôt un poulain. Enfin de faire naître un poulain. Bref vous aurez compris. 

Elle est belle. De petite taille. Elle  est jeune. Et elle etait à donner. 

Trop beau pour être vrai?

Evidemment il y a un hic. On ne peut pas l’attrapper. 

Aussi, Manu, depuis le jour de son anniversaire, passe une à deux heures par jour, usant de multiples stratégies, chez son propriétaire actuel, pour simplement tenter de la toucher.

On dit merci qui??? 

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27 mai 2018

La fête des mères

Évidemment mes enfants m’ont offert des cadeaux. Avec un raté pour Gabriel, qui était tout malheureux ce matin. Il a commandé son cadeau sur internet et il n’est pas arrivé à temps. 

Evidemment, c’est lui mon plus beau cadeau. Peu importe le reste. 

Charles avait fabriqué en classe un pendentif en coeur en pâte fimo. 

Mon petit brun aussi. Il voulait me l’offrir. J’ai négocié longuement afin qu’il l’offre à sa vraie maman. 

Et puis mon grand africain qui passait le week-end chez sa copine m’a envoyé un gentil sms. 

Ça fait vraiment plaisir. Tellement que j’ai eu envie de le partager avec vous.

Ne regardez pas les fautes. Il n’ecrivait pas le français il y a 18 mois... 

Je suis une maman comblée. 

 

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27 avril 2018

Je suis en vacances

Et ce n’est pas rien. Je prends en moyenne 21 jours de congés sur 365. Pas un week-end, pas un jour ferié en dehors de ces trois semaines de congés. 

Il m’aura fallu l’après-midi entier pour aller déposer mes trois garçons chez trois collègues, les familles relais. Non pas qu’elles sont éloignées geographiquement, mais plutôt que j’avais des recommandions et moult détails et précisions pour le bien-etre de mes protégés.  J’ai beau connaître les collègues, j’ai du mal à laisser les garçons. 

J’ai pris une semaine. Pour mon mari et mes enfants. Parce que mes enfants en ont besoin. Ce n’est pas tous les jours facile de partager sa maman. Nous irons au zoo, à la piscine, à la cite des sciences. 

Enfin! Une semaine ! En fait je récupère le petit brun mercredi. La séparation est dure pour lui, est dure pour moi. 

Je reprendrai mon grand africain samedi prochain. Et le petit nouveau dimanche. Petit nouveau à qui je vais devoir trouver un surnom, car cela fait plus de deux mois qu’il est là à présent. 

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12 avril 2018

Le plus grand du monde

Mon grand guinéen a trouvé le moyen d’être exclu trois jours du lycée. Bref. 

 

Du coup il est à la maison. Alors hier matin, il est venu avec moi accompagner les petits à la maternelle. 

Charles et mon petit brun sont dans la même classe cette année 

Arrivés devant la porte de leur classe, mon petit brun tirait mon grand guinéen par le bras afin qu’il entre avec lui en classe. Il insistait. « Mais si! Viens voir ma maîtresse ! Mais viens! ». 

Alors nous sommes tous entrés . 

Petit brun, Charles, mon grand guinéen et moi. 

Le petit brun a tiré le grand guinéen jusqu’à sa maîtresse. 

Et la maîtresse a pu constater qu’effectivement, le grand guinéen était, selon les dires de son petit élève « le plus grand du monde ». Elle les a pris en photo tous les deux, pour prouver à Odile, l’avs de mon petit brun -absente le mercredi-que , comme il le leur avait dit, son grand frère de coeur était bien le plus grand du monde. 

 

J’ai trouvé cela adorable. 

La maîtresse m’a dit en douce qu’il ne parlait jamais de ses « vrais » frères et sœur. Mais toujours de ceux de la maison. De sa maison.

 

En bonus : 

 

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01 avril 2018

Cocasse

Il y a peu, je devais conduire mon jeune guinéen pour une pré inscription au CFA, à une heure de route de la maison.

Comme il avait rendez-vous à treize heures, j’ai décidé de partir en fin de matinée et de déjeuner sur place avec lui avant son rendez-vous.

Nous arrivons donc à l’entrée du Flunch, et avant d’entrer, je décide de fumer une cigarette. 

Je fumais donc tranquillement tout en discutant avec mon africain -qui mesure un mètre quatre-vingt deux - quand un sdf - Je l’ai supposé à des détails divers - vient lui demander une cigarette. Évidemment, il ne fume pas. Il me jette un regard et je sors une cigarette pour ce monsieur. 

L’homme allume la cigarette, et entame une conversation cordiale avec mon jeune - embarrassé et n’ayant pas très envie de lui faire la conversation - sur la pluie qui ne cesse pas. 

Et puis, au fil de la conversation, il demande à mon jeune si je suis sa compagne. 

Mon jeune lui répond du tac au tac: « Mais non! C’est ma mère ! »

 

Je ne sais pas si le plus cocasse de le situation était que cet homme puisse penser que j’ai pu conquérir un africain -mineur - de vingt ans de moins que moi, ou si c’était sa tête en entendant la réponse. 

 

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29 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (fin)

Cet été là fut le plus doux de ma vie. Du dimanche au vendredi, je restais dans mon appartement, assis au pied de mon lit, à penser à ma fleur et à compter les jours qui me séparaient de ma prochaine visite. J’en oubliais de me nourrir, de prendre des douches et d’ouvrir mes volets. 

Et le samedi, c’était le bonheur à l’état pur. Peu à peu, ma fleur devenait de plus en plus exigeante. Elle manquait de place, elle manquait d’eau. Elle se plaignait énormément et je me sentais coupable de son mal-être. Peu m’importait. Elle était là. Elle m’attendait. Et malgré son mauvais caractère, elle m’aimait. Elle était pour moi unique au monde. J’étais pour elle unique au monde. 

Bien sûr, les autres visiteurs ainsi que le propriétaire me regardaient de travers. J’étais le seul à entendre ma fleur parler. Je lui répondais évidemment. Et les gens me portaient des regards soit moqueurs, soit étonnés, ou encore réprobateurs. 

Je pense que le jardinier s’irritait de ma présence. D’ailleurs, le dernier samedi de l’été, à dix-huit heures précises, il est venu me chercher avec, pour la première fois, un grand sourire aux lèvres. J’aurais dû me méfier. 

 

Il m’a pris par l’épaule avec une familiarité qui lui était inhabituelle, en me disant qu’il allait falloir que je me trouve un autre passe temps le samedi pour les six mois à venir. Je n’osais comprendre. 

La tête me tournait. Son sourire mesquin m’agaçait. C’est ce soir là que j’ai lu les petits lignes en dessous de : « visites le samedi de 10h à 18h ». Maman disait qu’il fallait toujours bien lire les petits lignes en bas. J’avais oublié cela. 

Il y avait écrit en petit «  de mars à septembre ». Nous étions le dernier samedi de septembre.

 

Qui allait s’occuper de ma fleur? Le jardinier ne la comprenait pas. D’ailleurs il ne savait pas qu’elle savait parler. Pour lui, elle n’était qu’une fleur parmi des centaines de fleurs. Ils ne s’étaient pas apprivoisés.

La terre se fissurait sous mes pieds.

J’ai essayé de lui expliquer mais il n’a rien voulu entendre. Je n’ai eu pour seule réponse qu’un gros rire gras. 

 

Ce n’est pas vraiment ma faute, tout ça. Je ne sais même pas comment ça a pu arriver. En temps normal je ne suis pas violent. Maman disait même que j’étais trop faiblard. 

 

J’ai passé l’hiver ici, dans une maison de repos comme on dit. Le psychiatre m’a fait comprendre que je n’en sortirai pas. Pour aller où, de toutes façons ? 

J’ai écrit une lettre d’excuses au jardinier. Non pas que je regrettais totalement ce que j’ai fait, mais je voulais surtout qu’il prenne soin de ma fleur. L’idée de ne jamais la revoir me brisait le cœur. Ma vie était terminée. Je vivais au rythme des prises de calmants et des repas en commun. Avec des fous. Moi, je ne suis pas fou mais les médecins n’ont pas voulu me croire. 

 

Et puis, à la toute fin de l’hiver, une infirmière m’a apporté un colis. J’ai cru qu’il s’agissait d’une erreur. Je n’ai jamais reçu de colis de ma vie. Je n’ai ni famille ni amis. Maman est morte. Je n’ai jamais connu mon père. Je suis fils unique et j’ai toujours évité de parler aux inconnus. 

 

J’ai ouvert le carton et elle était là, dans un pot de terre. Elle m’a fait mille reproches évidemment. Qu’importe... 

Depuis, nous vivons heureux. Nous partageons la même chambre. Je prends soin d’elle, et elle me fait de reproches pour me remercier. Le matin je lui donne à boire. A midi, je la dépose au soleil, près de la fenêtre. Quand elle est dérangée par un coup de vent elle se fâche, et je la change de place. 

Nous passons nos journées à discuter de tout et de rien. Elle est très interessant comme fleur. Et elle a de la conversation.

 

Et je suis heureux. Tant pis si nous sommes enfermés, au moins, ma fleur et moi, on va vivre comme si l’on était seuls sur Terre. Jusqu’à la fin de nos jours. 

 

Fin

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26 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (4)

Je me suis réveillé aux urgences d’un hôpital. L’interne m’a dit que j’étais dénutri, qu’il fallait que je me nourrisse un peu mieux, et que je prenne soin de mon hygiène. J’ai regardé ma montre. Il était dix-neuf heures passées. J’avais raté le rendez-vous. Ma fleur allait m’en vouloir. D’ailleurs je ne l’avais même pas reconnue. Le monde s’écroulait. J’ai tenté d’expliquer tout cela au médecin. Il n’a rien voulu comprendre. Il m’a prescrit des calmants. C’est bête, un médecin. 

J’ai pleuré toute une semaine. Sans manger ni boire. 

 

Le samedi suivant, j’étais devant la porte du jardin dès six heures. J’étais inquiet. Je faisais les cents pas désir le trottoir. Il faisait bon. C’était l’été à présent. Le jardinier est sorti à un moment. Il m’a regardé d’un sale œil. Cela m’importait peu. Rien ni personne n’aurait pu me séparer de ma fleur. 

 

A dix heures il a ouvert. J’étais le seul à cette heure. Les gens venaient plutôt l’après-midi en général. 

Je me suis dirigé tout droit vers le parterre de ma bien aimée. Je tremblais. J’étais mort d’inquiétude. Et si je ne parvenais pas à la reconnaître ? Et si elle n’était plus qu’une fleur parmi tant d’autres à présent? 

 

C’est elle qui m’a aidé. Je ne l’en remercierai jamais assez. Je me suis planté devant toutes ces fleurs, je les scrutais toutes avec angoisse, lorsqu’elle m’a parlé. Pour la première fois. Bien sûr, ce sont des mots durs qu’elle m’a adressés. Mais peu m’importait. Je ne l’avais pas perdue. Elle était l’unique. On s’était apprivoisés. Elle ne m’a fait que des reproches. J’avais manqué le rendez-vous de la semaine dernière. On ne doit jamais changer les rituels. Je lui avais manqué. Elle s’était ennuyée, et même inquiétée pour moi. J’étais un mauvais ami.

J’ai essayé de me justifier mollement, sans insister. Elle avait raison. Je l’avais abandonnée. Bien malgré moi, mais comment aurait-elle pu le deviner? 

J’étais le plus heureux des hommes, ce jour-là. Elle m’en voulait, mais elle était à moi, et j’étais à elle. Et c’était beau.

A dix-huit précises, ce n’est pas le jardinier seul qui est venu me déloger mais un groupe de quatre hommes. 

Je me souviens que l’un d’eux, en me raccompagnant vers la sortie, m’a demandé si je n’avais pas mieux à faire le samedi que de parler tout seul devant un parterre de fleurs. Je n’ai pas répondu. Qui aurait pu comprendre ?

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25 mars 2018

On va vivre comme si l’on était seuls au monde (3)

Lorsque le propriétaire des lieux m’a extirpé de ma torpeur, j’ai eu le cœur serré de devoir la quitter. Et puis, comme il me reconduisait vers la sortie, j’ai relu le panneau indiquant : Visites chaque samedi de 10h à 18h. Et mon cœur s’est allégé. J’allais la revoir! Chaque semaine. 

J’avais lu dans un livre, lorsque j’étais petit, qu’il fallait des rituels pour s’apprivoiser. J’étais fermement décidé à mettre en place des rituels avec ma fleur. Pour l’apprivoiser.  

Le samedi suivant, j’étais devant la porte du jardin dès neuf heures. Et les autres samedis aussi. Et je passais ma journée à contempler ma nouvelle raison de vivre. Et à l’humer aussi parfois. Sans jamais me lasser. Et, chaque semaine, le jardinier, de plus en plus agacé par la présence régulière, venait pour me pousser vers la sortie dès dix-huit heures. 

Bientôt, le printemps s’installant, ma fleur s’est trouvée entourée de ses semblables. D’abord quelques unes et puis de plus en plus , jusqu’à ce qu’elles soient peut-être des centaines, les unes à côtés des autres. J’avais redouté ce moment où toutes ces fleurs semblables auraient éclos. J’avais peur de ne pas la reconnaître, fleur rouge parmi des centaines de fleurs rouges, toutes identiques. La première fois que j’ai vu son parterre rempli de petites fleurs comme elle, j’ai été pris de panique. Quand elles n’étaient encore que dix, ou même trente, je la reconnaissais encore, ma fleur parmi les fleurs. Mais comment allais-je pouvoir la distinguer au milieu de centaines de fleurs identiques ? 

J’ai été saisi d’une grande angoisse, ma vue s’est troublée, et puis ce fut le trou noir.

 

A suivre...

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