Val ...

Que c'est dur de trouver une description à la fois courte, attractive et de qualité. J'sais pas faire...

23 juin 2008

Souvenir

J’étais rentrée la première. C’est moi qui avais les clefs. Je ne sais plus qui me suivait. En fait, je ne  me souviens pas de qui m’avait accompagnée.

Rien n’avait bougé. Chaque meuble, chaque bibelot était à sa place. Un instant, j’ai cru, en entrant, que je rentrais chez moi après une journée de lycée.

J’ai ouvert toutes les portes et j’ai regardé chaque pièce attentivement. Les autres sont restés à l’entrée, ou quasi. Personne n’a osé circuler dans la maison. J’étais forte. Je ne pleurais pas. Je voulais que tout soit rapide. Je voulais être efficace. Je savais, à l’époque, réciter quelques formules pour que mon cœur se transforme en pierre.

Et puis, il a fallu faire l’inventaire… Le dilemme… Savoir prévoir en quelques instants si garder tel objet ou tel meuble me sera plus douloureux que de m’en séparer.

Les autres prenaient note de mes choix en silence.  Parfois un acquiescement de tête, parfois un air surpris… mais ils n’ont jamais rien objecté. Des choses des pièces communes, je n’ai gardé qu’une vieille armoire et quelques bricoles.

J’ai demandé à entrer seule dans ma chambre. J’ai fait le tri sans aide. J’ai tout mis en carton, les yeux embués. Je me maudissais de ne plus réussir à réciter la formule. J’ai vidé ma chambre, et j’ai enchainé seule avec la salle de bain pour laisser le temps à mes yeux de s’assécher. J’ai refermé les portes sur mes cartons posés au sol, que quelques bras musclés viendraient récupérer en fin de journée. Et je suis retournée vers eux.

Il me restait une dernière épreuve. Celle que par dessus tout je redoutais.

J’ai dû entrer dans cette chambre vide, ouvrir l’armoire, et en sortir un costume que je savais ne jamais devoir revoir après. J’ai arraché d’un cintre le premier vêtement que j’ai vu, en me forçant à ne rien regarder autour. J’avais la nausée.

Je suis sortie, et je leur ai tendu l’habit en leur faisant croire que je l’avais choisi.

Ils m’ont posé la question pour sa chambre : son lit, son armoire, ses vêtements, son réveil, ses objets…

Je leur ai demandé, avant de fondre en larme, de tout balancer.

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22 juin 2008

De la relation de couple…

J’ai lu un rapport récemment, qui s’intitule : Les étapes de la vie amoureuse.

Ça veut dire, Val, que ton couple à beau te paraître singulier et différent, eh ben non, raté! Il évolue de la même manière que les autres couples! C’est comme ça!

Après ce court instant d’indignation (Mais comment peut-il y avoir une théorie des différentes phases, aussi précise que l’explication d’un cycle menstruel ?), j’ai lu.

Je serai plutôt brève. Cinq phases.

La passion  (ben ça, on connaît tous !)

La lutte pour le pouvoir ( là on se rends compte qu’on est différents et que parfois nos intérêts divergent, alors on se dispute ou du moins il y a quelques tensions)

Le partage du pouvoir (tacitement, on sait qui fait quoi à la maison)

L’engagement (quand on réalise que l’on aime l’autre pour ce qu’il est, sans vouloir le changer et le faire à notre image)

L’ouverture sur autrui ( C’est gagné, alors chacun peut se consacrer à une activité de vie publique ou au bénévolat ou à une passion et l’autre comprends et accepte. Juste équilibre entre les besoins d’autonomie et de fusion des deux partenaires. L’extase, quoi ! ).

Alors, vous vous posez certainement les questions que je me pose ! Si, si !

Mais pourquoi les couples se séparent-ils, alors ? Si tout est déjà écrit comme dans le modèle ci dessus, le chemin devrait être le même pour tous, non ?

J’y viens !

En fait, les couples se séparent parce qu’ils ne franchissent pas l’une ou plusieurs de ces étapes avec brio.

Prenons la lutte du pouvoir, par exemple (car tout le monde franchit la passion avec allégresse et légèreté). Parfois les intérêts divergent tellement que ça casse. Ou alors, l’un des deux se soumet aux intérêts de l’autre, et donc ne vit pas cette étape en même temps que l’autre, mais bien plus tard, quand l’autre est déjà passé à une autre phase. Ça casse.

Certains encore ont été tellement en extase en phase de passion qu’ils n’en feront pas le deuil et rechercherons toujours à en vivre une autre…

Vous comprenez ?

Admettons !

Et puis, l’autre grande question (si ce n’est la première) que je me pose :

A quelle phase en est-on, nous ?

Ah ah ah !

Pas à la passion, ça c’est clair ! Dommage… c’est passé !

Pas à la lutte pour le pouvoir ! Elle est derrière nous aussi (et c’était pas une sinécure !).

En fait, j’hésite entre la phase du partage du pouvoir et celle de l’engagement.

On a encore parfois du mal à se repartir les tâches sans heurt , je dois bien l’avouer. Nous ne sommes qu’en partie complémentaires, pour le moment (Non ! En instance de complémentarité totale, soyons positifs !) . Si pour les tâches quotidiennes c’est acquis, ça ne l’est pas encore en ce qui concerne nos relations sociales (je l’ai évoqué il n’y a pas longtemps) entre autre.

Mais, en même temps, la phase de l’engagement pointe peu à peu le bout de son nez. Je me souviens qu’avant nous nous reprochions certains aspects de nos caractères respectifs. Maintenant, il me semble que nous plaisantons de nos défauts. C’est bon signe, non ?

Et la phase de l’ouverture sur autrui ?

NON ! Hey ! Faut pas trop en demander quand même ! C’est la phase ultime ! Comme un non-retour… celle ou tout est acquis ou quasi… C’est la phase ou l’on ne craint plus du tout de vivre l’un à coté de l’autre jusqu’à la mort ! C’est celle ou chacun des deux est épanouis dans son couple, mais aussi dans les activités qui lui sont propres sans que a ne remette en cause l’équilibre (certain !) du duo.

Pour le moment, on se contente d’envier les chanceux qui ont atteint ce stade !

Vous allez peut-être me dire que c’est bidon, comme théorie, et que les rapports humains sont tellement complexes et singuliers qu’aucune théorie n’est valable.

Vous allez certainement penser que je cherche à me rassurer … moi qui me marie dans un mois.

Vous allez probablement trouver que mon billet est tiré par les cheveux…

Alors, je vais vous dire :

Moi qui ait plusieurs fois comparé la relation que j’entretiens avec mon blog à une relation amoureuse, figurez vous que la phase de passion est dorénavant terminée. Nous sommes, lui et moi, entrés dans la seconde phase (critique !) dite de lutte pour le pouvoir. Ça passera, ou ça cassera, mais je compte bien ne pas me soumettre à sa volonté et faire en fonction de mes envies pour le choix des billets. C’est pour notre bien à tous les deux…

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21 juin 2008

C'est déjà samedi!!!

Chouette, c'est défi!

Je sais bien, qu'il n'y a pas eu de billet hier déjà... En fait, cet aprés midi, il a fait très chaud et j'ai emmené les enfants à la piscine... ça vaut tous les billets du monde, non?

Mais... c'est la fête de la musque, alors je vous offre un de mes coups de coeur du moment...

Oh, et puis une autre... et aprés je file... à la fête de la musique, justement!

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19 juin 2008

Raconte-moi une histoire

Quand Gaby s’ennuie, ou bien juste quand il en a envie, il me dit : « Hé, Maman, tu me racontes une histoire » ? En général, faute d’en inventer une, je lui en lis une. Pourtant, je me dis souvent qu’il serait amusant que je lui en écrive une, rien que pour lui.

Et moi, et bien, quand moi aussi je m’ennuie, ou quand j’ai envie de constater ses progrès, autant en langage qu’en matière d’inventivité, je lui demande : « Hé, Gaby ? Tu me racontes une histoire ? ».

Très fier et ravi de ma demande, il acquiesce d’un sourire. Il prends une grande inspiration et puis il entame son récit. Il invente des rebondissements nouveaux au fur et à mesure qu’il raconte. Improvisation. 

Sa maman, subjective, le trouve très doué. C’est un plaisir que de me laisser, sans effort, entrainer par son délire du moment.

Histoires de loups, de foret, de fusée, de lune, de monstre et de fantômes, d’araignées et de la maitresse. C’est délicieux.

Je m’évade grâce à ses récits enfantins. Je me laisser bercer par ses histoires improbables, à base de contes revus et corrigés, de dessins animés vus et puis aussi d’ingrédients personnels qu’il pioche je ne sais ou.

Une histoire improvisée par mon fils vaut toutes les émissions de télé.

Dis, lecteur, tu me racontes une histoire ?

Rajout du lendemain:

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18 juin 2008

Le temps des cerises

Est-ce que vous me croyez, si je vous dis que je croule sous les cerises ? Et pourtant, nul cerisier dans notre terrain.

Mais nous croulons sous les cerises.

Tant mieux ! Les enfants adorent ça. Mais il y en a bien trop !

Mais d’ou viennent-elles, toutes ces cerises ?

En fait, Manu, en ce moment, travaille chez un couple de retraités très gentils. Leur cerisier est énorme. Mais des cerises, ils n’en mangent pas. Je ne me souviens plus bien pourquoi, mais il me semble que les raisons sont médicales. Les oiseaux en mangent beaucoup, mais il en reste encore des tonnes, dans l’arbre.

Un jour de la semaine dernière, le monsieur, très aimable me dit Manu, lui a demandé s’il en voulait quelques unes pour rapporter aux enfants. Manu a accepté. Le Monsieur lui a rempli un sceau.

Gêné, Manu lui a dit qu’il aurait été les cueillir lui-même. Le monsieur, très agréable que dit Manu, a dit que ça ne l’avait pas dérangé d’en cueillir. Il aime bien.

Bon ! Les enfants ont étés ravis et moi aussi. Le lendemain, Manu transmet nos merci au couple.

Le lendemain soir, le Monsieur lui tendait à nouveau un gros sceau de cerises.

Les enfants s’en sont gavés tout le week end.

L’histoire ne s’arrête pas là. Cette semaine encore, chaque soir, à 17h précises, le monsieur tend un sceau rempli de cerises à Manu.

Elles sont très bonnes mais on croule sous les cerises. Manu a bien essayé de le dire… mais l’épouse du monsieur lui a répondu que si c’était trop pour tout manger, l’épouse de Manu pourrait toujours en faire des confitures ou bien un clafouti ou bien les offrir à ses voisines. Eux n’en veulent pas, et ils trouvent dommage qu’elles se perdent.

Ils pourraient eux aussi en offrir à leurs voisins mais ceux-ci ont déjà un cerisier.

Ce soir, un autre sceau. Le frigo est rempli de saladiers de cerises. Manu n’ose pas refuser pour ne pas vexer les gens, car ils sont vraiment adorables, ces petits retraités.

J’ai ai donné à des mamans à l’école. J’en offre aux gamins quand ils font tomber leur ballon dans mon jardin. J’en donne aux enfant midi et soir (et au gouter aussi), mais plus les jours passent et plus il y en a.

Et Manu n’ose toujours rien dire…

Ça leur fait tellement plaisir de les donner… Et puis, le monsieur, Manu l’a vu faire, il se met à la cueillette dés 16h15. Chaque jour, comme un rituel…

Ils sont tellement contents d’avoir quelqu’un en permanence chez eux…

Bon, Val, tu vas vraiment les faire , ces confitures ! Le chantier ne sera pas terminé avant la fin de la semaine prochaine !

Posté par pitchval à 20:56 - une Laura Ingalls - Commentaires [40] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2008

Amie

Ton image, ton visage, tes messages, ta web page

Ta boite mail, , ton phone-tel, ton courriel

L’amitié, entre nous, c’est toujours entre deux fils,

L’amitié, entre nous, ne tient pourtant pas qu’à un fil.



Pas de café, pas de baisers, jamais croisées

On sauvegarde notre amitié dans des fichiers rangés

On s’échange des baisers téléchargés, copiés collés.

Virtuel, artificiel ?

Un clic pour te visiter, une croix pour te quitter,

Pas de virus dans notre entente, pas d’erreur d’url

On s’écrit, on se lit, on se mail,

On se commente, on se fréquente

Et un jour, pourvu qu’un jour…




Bon anniversaire sœurette !

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16 juin 2008

A quatre mains...

Ma chère mignonne,

    Donc, tu pleures du matin au soir et du soir au matin parce que ton mari t'abandonne ; tu ne sais que faire, et tu implores un conseil de ta vieille tante que tu supposes apparemment bien experte. Je n'en sais pas si long que tu crois, et cependant je ne suis point sans doute tout à fait ignorante dans cet art d'aimer ou plutôt de se faire aimer, qui te manque un peu. Je puis bien, à mon âge, avouer cela.
    Tu n'as pour lui, me dis-tu que des attentions, que des douceurs, que des caresses, que des baisers. Le mal vient peut-être de là ; je crois que tu l'embrasses trop.

Tu lembrasses trop, et tu lembarrasses !!! 

Sans doute aimerais-tu quil soit pour toi aussi attentionné que tu les pour lui et, tu en fais trop !!!

Car vois-tu, les hommes ont besoin de nous reconquérir chaque jour. Il nous faut garder un peu de mystère. Les intriguer, les inquiéter un peu aussi. 

Un homme, chère nièce, crois-en mon expérience, est un animal prédateur, un guerrier conquérant ! Si sa proie est déjà étendue, offerte, docile, et se laisse manger sans résistance, il ira en chasser une autre ! Les vrais prédateurs ne se nourrissent pas de charognes !

Si le territoire occupé ne montre aucune résistance et se laisse coloniser, il y enfoncera son étendard dans un sourire suffisant et sarcastique, et partira en quête dautres contrées à envahir.  Cest ainsi ! 

Penses-y, Mignonne, et raconte-moi de quelle façon tu vas te battre. 

Jattends de tes nouvelles avec impatience, certaine que ta prochaine lettre sera celle dune jeune femme heureuse et comblée 

Affectueusement. 

Tante Clotilde

******

Bien chère Tante Clotilde,

Ce matin, en lisant votre lettre, je dois bien avouer que jétais un peu déçue et fâchée contre vous. 

« Comment ? Non seulement elle ne me plaint pas, mais en plus elle ne maide pas ! »

Et puis je me suis souvenue de cette maxime « Aide-toi, le ciel t’aidera » et me suis dit que vous aviez raison. Je vais me battre. Je vais faire en sorte qu’il ait envie de me poursuivre comme un lion chasserait une antilope habile et récalcitrante.

J’ai imaginé divers scénarios  pour cela, des plus sages aux plus imprudents. J’ai pensé, par exemple, à l’instituteur d’Antoine, qui me voue une attention toute particulière qui,  je dois vous l’avouer, ne me laisse pas indifférente. Peut-être que si je rendais mon mari jaloux, il tenterait de me reconquérir. Qui ne tente rien n’a rien, dit-on ! Alors, j’ai tenté. J’ai glissé un mot ce matin dans le cahier d’Antoine. Je ne vous en dis pas plus pour le moment.

Je vous embrasse, ma tante.

Votre Clothilde

A suivre...

A quatre mains, mais avec qui?

Qui saura deviner?

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15 juin 2008

Roxane

Je me suis mariée en 1972. J’avais tout juste vingt ans. Nous avions, mon mari et moi, trouvé une petite maison en location non loin de chez nos parents. Nous nous aimions et la vie nous souriait. Oh, nous nous disputions souvent, notamment à propos de Roxane, notre chienne, mais nous ne restions jamais fâchés bien longtemps.

Roxane avait presque le même âge que moi. Mes parents me l’avaient offerte quand j’étais toute petite. Quand j’ai quitté la maison, je l’ai emmenée avec moi. Je ne me voyais pas vivre sans elle. Mon mari n’avait jamais été pour. Il disait que cette chienne était méchante et qu’elle ne l’aimait pas. Bien sûr, elle grognait un peu sur lui de temps à autre, mais de là à mordre …

Moi, je la comprenais, ma chienne. Nous avions grandit toutes les deux, sans que personne ne se mette jamais entre nous, et voilà qu’un inconnu me prenait dans ses bras et lui refusait l’accès à mon lit. Elle était un peu jalouse. Et moi, je me disais que ça lui passerait, à condition que Marc fasse lui aussi des efforts pour l’apprivoiser.

Un an après notre mariage naissait notre petit fille, Christelle. Je n’ai pas repris le travail, après sa naissance. J’avais envie de m’en occuper. Et ce choix convenait très bien à Marc. Christelle était un beau bébé, très sage. Une belle petite fille souriante. Un bonheur ! Son père était fou d’elle.

Quand elle est née, il n’a plus du tout toléré Roxane à la maison. Elle a dormi dehors à partir du moment ou Christelle est entrée dans notre vie. Elle était déjà très âgée, et ses nouvelles conditions de vie n’arrangeaient pas sa santé. Parfois, ma vieille chienne semblait ne plus voir clair. Elle ne se nourrissait plus régulièrement non plus. Parfois même, elle avait du mal à marcher. Elle me faisait beaucoup de peine, mais je ne voulais pas me résoudre à la faire piquer, comme le suggérait Marc.

Il ne l’avait jamais aimée. Enfin, il avait de bonnes raisons de s’en débarrasser. Moi, je ne pouvais pas ! Cette chienne avait été ma plus fidele camarade de jeu. Je me suis entêtée, et pour lui rendre l’existence un peu plus douce, je la rentrais à la maison pendant la journée, contre l’avis de Marc.

Oh, je sais que ça l’aurait mis hors de lui, de voir cette sale chienne jouer avec notre fille dans le salon. Lui, il la pensait méchante et traitre. Moi, je la savais adorable. Pauvre chienne ! Pourquoi l’avait-il toujours détestée ? Roxane et Christelle s’entendaient très bien. Elle jouaient toutes les deux sur le sols de la cuisine pendant que Marc était au travail. Jamais Roxanne n’avait eu de comportement douteux envers notre petite fille. Elle était douce avec elle, même lorsque Christelle tentait de lui tirer la queue ou de lui faire quelques misères. Elles étaient heureuses, toutes les deux, à jouer ensemble… Et puis, le contact avec Christelle semblait faire du bien à ma vieille chienne, qui reprenait du poil de la bête, et ne se laissait plus mourir.

J’aurais tant aimé en parler à Marc… lui dire à quel points elles s’amusaient bien toutes les deux… mais il n’aurait rien voulu entendre. Je le sais. Il m’aurait ordonné, fou de rage, de ne plus faire entrer ma chienne à la maison. Parfois, lorsqu’il rentrait le soir et qu’il la voyait dehors, en train de grogner à sa vue, il disait qu’un jour c’est lui même qui lui donnerait un coup de fusil, à cette sale chienne. Comment aurait-il pu entendre qu’elle passait ses journées auprès de sa fille ? C’était notre secret à toutes les trois.

Christelle venait d’avoir deux ans quand c’est arrivé. Je me souviens qu’elle jouait à quatre pattes dans la salle à manger, à imiter Roxane. Le facteur a klaxonné. J’ai ouvert la fenêtre pour lui dire que j’arrivais. J’ai failli sortir aussitôt, mais ma conscience m’a ordonné  une consigne de sécurité. J’ai pris Christelle et je l’ai déposée dans son parc en bois. Je suis sortie en demandant à Roxane de me suivre. Et elle m’a suivie.

Combien de temps ai-je discuté avec le facteur ? Trois, quatre minutes ? Peut-être un peu plus ? Je ne m’inquiétais pas. Je savais que Christelle pouvait rester un long moment dans son parc, à jouer sans pleurer. Et puis, Roxane était sortie en même temps que moi…

La voiture du facteur est partie, je me suis retournée et j’ai réalisé que Roxane n’était plus derrière moi. Mon sang n’a fait qu’un tour quand je me suis rendue compte que je n’avais pas refermé la porte d’entrée de la maison. Tremblante, j’ai couru jusqu’à la maison, en hurlant pour appeler ma chienne. Je suis entrée dans la salle ou était disposé le petit parc de bois.

C’était trop tard. J’ai vu et j’ai hurlé.

On m’a emmenée, moi aussi . J’ai juste entendu un coup de feu. Il me semble que c’est notre voisin qui a tué Roxane. Je ne sais plus. Je ne sais plus qui a prévenu Marc.

Je n’ai pas voulu retourner dans la maison, après cela. Ce sont mes parents qui sont venus me chercher à l’hôpital. Je leur ai demandé ou était mon mari. Ils ne m’ont pas répondu.

Je ne l’ai revu que quelques jours plus tard, à l’enterrement de notre fille. Il était avec sa famille. Moi, j’étais entourée de mes parents. Il ne m’a pas adressé un regard. Pas même mes hurlements de douleur ne l’ont fait réagir. Nous sommes repartis chacun de notre coté.

Peu de temps après, j’ai reçu le courrier d’un avocat. Il avait demandé le divorce. Je lui ai écrit plusieurs lettres dans lesquelles je lui expliquais combien j’étais désolée, et combien notre fille me manquait. Elles me sont toutes revenues sans avoir été décachetées.

Le divorce a été prononcé et notre maison a été vendue. J’ai appris que Marc avait quitté la région pour oublier. J’ai essayé d’avoir sa nouvelle adresse, pour lui parler au moins une fois, mais ses parents m’ont claqué la porte au nez le jour ou je suis allée la leur demander. J’aurais tellement eu besoin de son soutiens, ou de son pardon…

Je suis restée seule avec mon chagrin et ma culpabilité. J’ai pleuré nuit et jour. Je suis allée chaque jour me recueillir sur la petite tombe. L’amour de mes parents n’a jamais réussi à me ramener à la vie. J’étais dans mon monde. Celui de l’autopunition incessante. Un monde à part, que je ne partageais avec personne. J’ai refusé toute aide extérieure. Ne jamais aller mieux, ne plus parler à personne, consacrer ma vie à mon repenti et à la petite pierre tombale.  C’était ma pénitence.

Je vivais comme cela depuis plusieurs années déjà quand, un 1er novembre, je suis entrée au cimetière comme chaque matin. Un couple était recueilli devant la tombe de ma petite fille. Je n’ai pas pensé à lui une seconde. Je me suis approchée. Il s’est retourné, et son visage s’est durci à ma vue. Il est devenu fou de rage, et il m’a chassée des lieux comme une moins que rien.

Il avait vraisemblablement refait sa vie, mais ni les années ni sa nouvelle vie n’avaient réussi à atténuer la haine et la colère que ma seule personne lui inspirait.

Ne voulant aucunement l’affronter, je me suis enfuie en larmes.

Et c’est ce jour là, il me semble, que j’ai bouclé mes valises, bien décidée à partir très loin, là ou personne ne me connaissait, et à tout recommencer.

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14 juin 2008

Madeleine olfactive

Il travaillait la nuit. Je venais de m’installer dans cette maison qui m’était encore étrangère. Je ne m’y sentais chez moi que lorsqu’il y était aussi. Alors, aussi bien pour conquérir et apprivoiser les lieux que pour tromper ma solitude, je dormais avec l’un de ses t-shirts.

Six ans après, c’est collée contre lui, le nez enfouis dans son vêtement, que j’y ai repensé.

Je lui ai dit, et je crois qu’il a été flatté.

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13 juin 2008

Tais-toi...

Doutes apparus il y a quelques temps
De plus en plus grands
Ce n’est plus comme avant.

Tendres messages, billets marrants

Les lecteurs demandent et attendent
Portes clauses « Qu’est ce qu’il lui prend ? »


Billet après billet, mon autre vie

Questions en suspens
N'est-ce pas vain ? Plus envie ?

Ne leur dis pas
Que ça fait un moment que tu ne t'y retrouves plus

Qu'il ne sentent pas, qu’ils n’ont rien vu

L’envie, je la perds
Alors, que faire ?


S’ils n’étaient pas devenus des amis

Je serais déjà partie.



Posté par pitchval à 17:04 - Une simulatrice - Commentaires [35] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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