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photo de Nicola Ranaldi

Excuse moi, c’est une erreur de croire que par amour, on peut tout sacrifier.

Durant toutes ces années, tu t’es bien amusé. Maudit soit le jour ou j’ai commencé à t’aimer. Je t’ai offert mon corps à chaque instant volé. Tu m’as utilisée pour satisfaire tes besoins les plus primaires. Tu m’as exploitée, faute de m’aimer. Tu m’as longtemps fait espérer. Tu ne m’as jamais offert que des moitiés de nuits étoilées.

Ah ça, tu me l’as pourtant juré, de quitter ta femme, les nombreux soirs ou je pleurais. Les mois, les années ont passé. Tu ne l’a jamais fait. « C’est pas simple, avec les enfants », que tu disais !

Avoir des enfants ? Moi aussi j’en ai rêvé. Pas amour pour toi, j’y ai un temps renoncé. Par peur de te perdre, ce désir intense a longtemps été refoulé. Puis, je me suis lassée. Effrayée certainement de regarder passivement mon horloge biologique tourner. Je n’ai plus supporté non plus de devoir, en silence, te partager. Fidèle à toi même, ce changement, tu ne l’as même pas remarqué!

J’avais pourtant cessé de te parler mariage et enfants. Tu ne t’es alors plus méfié…

Je te laisse sur ce lit étendu, endormi, repus de chair et de jouissance. Notre moment d’intimité, tu l’as apprécié ? Je te le souhaite, car c’était le dernier.

Pas de remords. Aucun regret. J’ai pris de droit ce que tu m’as toujours refusé. Depuis hier, c’est confirmé. J’ai enfin obtenu ce que j’attendais. Ce grand bonheur, je ne te laisserai pas me le voler

Des années durant je t’ai cru mon âme sœur. Ces derniers temps, tu n’as été pour moi qu’un géniteur…

Je t’en prie, ne cherche pas à nous retrouver.