J’attends un retour au calme après une tempête de quinze jours. Je l’espère pour maintenant.
Gabriel a été malade une bonne semaine, et puis, la semaine qui a suivi, j’ai accusé un gros coup de fatigue. Nerveuse, surtout. Lassitude… du travail, du quotidien, du manque de sommeil, de la retombée de l’angoisse que me procure la maladie de mon fils.

Je dis que je ne rêve pas, mais c’est faux : parfois, si, je rêve. Et, en ce moment, je rêve de… renverser les priorités. De les alterner. De les permuter, surtout.

J’aimerais qu’écrire devienne–pour un temps- ma priorité. Moi, « j’écris donc je suis ».
Et puis ensuite lire, et regarder des films. J’aimerais que ces priorités « plaisir » remplacent les « vraies » priorités (le travail, les horaires, le quotidien qui assomme). Pour un temps.

J’aimerais que la priorité de chaque soir soit de regarder la Lune et les étoiles au télescope avec Gaby. J’aimerais que chaque week-end la priorité absolue soit … une ballade en forêt… apprendre à ma fille à faire du vélo sans les petites roues. 

Bouleversement des impératifs.
Je rêve. Je sais que l’on ne peut vivre ainsi. Ou alors, on choisit la vie de bohème, sans contraintes… et on devient un artiste incompris.

Moi, je ne peux pas. J’ai fait des enfants. Je ne sais pas (qui le sait ?) quels seront leurs choix d’adultes. Alors, je les prépare aussi à ce monde un peu hostile, qui va vite, qui respecte des horaires, des obligations.
Se fondre dans le moule. Se conformer. Je ne doute jamais de mon choix. Seulement, parfois, je rêve que j’en ferais un autre…