Après plusieurs jours de tourments plutôt infondés, j’exulte à nouveau. 

Rien n’est vraiment sérieux, après tout. 

Je garde en tête que les « épreuves » de mon enfance et de mon adolescence m’ont faite telle que je suis. Et j’en suis bien heureuse. D’être ce que je suis. 

Ainsi, rien ne m’atteint vraiment en profondeur, je dirais. Rien n’est tout à fait sérieux. J’ai appris. Ou je suis conditionnée. Peut-être. 

Et mes amies me moquent gentiment. Je serais froide, et peu apte à consoler surtout, ni à réconforter. Je ne sers que « des mots durs ». 

C’est que je sais par expérience que l’on ne puise son apaisement qu’en soi-même. Attendre cela d’autrui est une sorte de dépendance. 

Je les aide mieux, au fond, en ne leur servant pas un discours gentillet comme on le fait avec un enfant qui est tombé de vélo. 

Il me semble que je les considère en adultes, en ne me prêtant pas à ces usages. C’est ainsi que je vois les choses. 

Froide! Admettons. 

C’est que, moi, je n’ai pas besoin que l’on me console. Pas dans le sens universel du terme. Les gens qui tentent de le faire m’irritent plutôt. 

J’aime que l’on m’écoute, à la rigueur. Et, ce que je voudrais -mais qui n’arrive presque jamais- c’est que quelqu’un m’aide avec une « froideur » semblable à la mienne. Personne ne fait jamais ça. Ce n’est pas dans les coutumes, apparemment. On préfère servir des « ma pauvre », « ça va aller », « ce n’est pas ta faute », strictement inutiles, plutôt qu’un discours constructif, juste et sain. 

N’importe, j’ai appris à me le construire en moi-même. Et tout me profite, d’une certaine manière. Les extases comme les chagrins. J’utilise tout. Absolument tout. 

Chaque sentiment, chaque épreuve est utile à l’amélioration de moi-même. La moindre peine me permet d’évoluer, de changer une chose en moi, même insignifiante. De me remettre en question. 

Et je songe, pour finir, à Anais Nin, qui aimait étonnamment les peines et les complications, car elles alimentaient son journal et ses écrits bien mieux que ses joies et réussites.