Je suis dans ces moments que je nomme mes « entre-deux ». Je me sens en suspens. 

Je n’ai rien à décider. Je vis plutôt des incertitudes, que je laisse s’installer. Tranquillement. 

Le sort, la fin de ce temps particulier m’est inconnu. Aussi, je m’efforce de ne pas trop y songer. 

Tout ce qui compte pour moi me paraît en ce moment être de l’inachevé et du provisoirement interrompu. Et je laisse faire. 

Je ne compte sur rien, pourtant. C’est une attente sans espoir ni désir autre que le dénouement s’impose de lui-même, dans ma totale inaction. 

Et pourtant, je vis. J’éprouve, j’agis, je travaille, j’œuvre. Je poursuis ma route sur tous les autres plans de ma vie qui ne sont pas concernés par l’attente. 

Et j’exploite même, en quelque sorte, cette dépossession de ces parcelles de moi pour tirer un plus grand bénéfice de celles où je garde tout mon arbitrage. 

Qu’importe cette transition de confusion : que ma vie continue, éclate, brille, me sois productive et m’élève!